Hafsia Herzi
- Casting
- Réalisation
- Écriture
Détails
| Âge |
|
Nationalité |
|---|---|
| Filmographie | 5 films |
| Récompenses | 2 nominations et 2 victoires |
Biographie
Hafsia Herzi est née le 25 janvier 1987 à Manosque, dans le sud de la France. D’origine algérienne par sa mère et tunisienne par son père, elle incarne depuis le début des années 2000 un visage singulier du cinéma français, entre énergie brute, intensité émotionnelle et engagement artistique. Actrice révélée très tôt, Hafsia Herzi a su élargir son champ d’expression en passant également derrière la caméra, avec un regard affirmé et sans détour sur les réalités sociales et intimes.
Une révélation immédiate dans La Graine et le Mulet
C’est en 2007 que Hafsia Herzi surgit sur la scène cinématographique avec une force difficile à ignorer. Elle est alors choisie par Abdellatif Kechiche pour incarner Rym, une jeune femme vive et farouchement libre, dans le film La Graine et le Mulet. Le film, à la fois chronique familiale, portrait d’une communauté et hymne à la persévérance, lui permet de livrer une performance aussi naturelle que percutante.
Le rôle marque les esprits. Pour cette première apparition majeure, Hafsia Herzi reçoit le César du meilleur espoir féminin en 2008, ainsi que le Prix Marcello-Mastroianni à la Mostra de Venise. Difficile de faire une entrée plus remarquée. Elle impose une présence immédiate à l’écran, sans fard ni artifice, avec un jeu qui privilégie l’instinct à la technique.
Une actrice indépendante et instinctive
Dans les années qui suivent, Hafsia Herzi enchaîne les projets, mais sans jamais céder aux sirènes du cinéma formaté. Elle tourne dans L’Apollonide de Bertrand Bonello, Le Roi de l’évasion d’Alain Guiraudie, ou encore House of Tolerance, explorant des univers très différents mais toujours avec cette même capacité à incarner des personnages profonds, parfois contradictoires, souvent puissamment humains.
Elle alterne films d’auteur exigeants et apparitions plus discrètes, mais continue de creuser un sillon personnel dans le paysage du cinéma français. Hafsia Herzi se démarque par sa volonté de ne pas se laisser enfermer dans une image figée. Pas question pour elle de jouer éternellement la jeune fille de banlieue ou la figure méditerranéenne stéréotypée. Elle revendique, à travers ses choix de rôles, une identité plurielle, nuancée et en mouvement.
Derrière la caméra : un regard frontal et sans détour
En 2019, Hafsia Herzi passe à la réalisation avec Tu mérites un amour, présenté à la Semaine de la critique à Cannes. Le film, qu’elle écrit, réalise et interprète, dresse le portrait d’une femme en plein désarroi amoureux, entre lucidité crue et quête d’estime de soi. Tourné en toute indépendance, presque en autoproduction, le film séduit par son ton direct, son rythme nerveux et son absence de jugement moral. Là encore, l’authenticité prime.
Elle enchaîne ensuite avec Bonne mère, sélectionné au Festival de Cannes 2021 dans la section Un Certain Regard, et récompensé du Prix d’ensemble. Ce second long-métrage confirme sa capacité à saisir la complexité du quotidien, notamment dans les quartiers populaires, sans misérabilisme ni pathos. Elle y filme avec une grande pudeur les gestes de l’amour maternel, les luttes ordinaires, la dignité tranquille.
Une voix singulière dans le paysage cinématographique français
Hafsia Herzi occupe aujourd’hui une place à part. Ni figure consensuelle, ni provocatrice de façade, elle poursuit un parcours d’autrice, au sens large du terme, en refusant les raccourcis et les simplifications. Elle ne s’excuse pas d’être là où on ne l’attend pas, et ne revendique pas une posture militante, même si son existence dans le système cinématographique français reste, en soi, une forme d’affirmation.
Qu’elle soit devant ou derrière la caméra, Hafsia Herzi continue d’explorer les marges, les failles, les élans et les silences, avec une attention rare aux corps et aux mots. À 30 ans passés, elle a déjà marqué une génération, sans bruit excessif, mais avec une constance remarquable. On peut difficilement prédire où elle ira ensuite, ce qui, en soi, est plutôt bon signe.
Filmographie
5 sur 5 films