Guillaume Nicloux
- Réalisation
- Écriture
Détails
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| Filmographie | 4 films |
Biographie
Guillaume Nicloux, né le 3 août 1966 à Melun, en France, est un cinéaste, scénariste et romancier français dont le parcours atypique l’a installé dans une case à part du paysage audiovisuel hexagonal. Écrivain passé derrière la caméra, il aime brouiller les pistes entre les genres, tout en injectant une dose constante de questionnement existentiel dans ses récits. À mi-chemin entre polar noir, drame psychologique et quête spirituelle, son œuvre intrigue autant qu’elle interroge.
Issu d’une formation en théâtre, Guillaume Nicloux commence par fonder sa propre compagnie avant de s’orienter vers l’écriture de romans policiers dans les années 1990. Une décennie où il publie plusieurs titres dans la collection Série Noire de Gallimard. Cette approche narrative, dense et structurée, marquera profondément son style cinématographique, même une fois éloigné des codes stricts du polar. Chez lui, le mystère n’est jamais purement policier : il touche souvent à l’intime, à l’absurde ou au sacré.
Un réalisateur prolifique, entre télévision et cinéma d’auteur
Le cinéma de Guillaume Nicloux commence à prendre forme dans les années 90, avec une série de films confidentiels, souvent ancrés dans le genre policier. Il faut attendre Une affaire privée (2002) et Cette femme-là (2003), tous deux portés par Josiane Balasko, pour que son nom émerge davantage dans le paysage. Deux films sombres, stylisés, où l’enquête devient surtout prétexte à sonder les traumatismes des personnages. L’ambiance y est trouble, presque étouffante, avec des fulgurances visuelles qui témoignent d’une mise en scène déjà très affirmée.
Mais Guillaume Nicloux refuse de s’enfermer dans un format unique. Il alterne films de cinéma, téléfilms ambitieux et œuvres expérimentales, quitte à parfois désarçonner. Il se fait aussi remarquer à la télévision avec des projets comme La reine des connes ou L’affaire Gordji, tout en continuant à creuser des thématiques fortes : mémoire, culpabilité, pouvoir, foi.
La collaboration avec Gérard Depardieu : un tournant mystique
À partir de 2014, Guillaume Nicloux entame une collaboration marquante avec Gérard Depardieu, donnant naissance à une série de films singuliers, souvent contemplatifs, presque métaphysiques. Valley of Love, présenté au Festival de Cannes, met en scène l’acteur aux côtés d’Isabelle Huppert dans un désert américain baigné de lumière, où deux parents tentent de communiquer avec leur fils défunt. Un film étrange, sensible, à la croisée du drame familial et du récit fantastique.
Avec The End (2016), Guillaume Nicloux pousse plus loin encore l’abstraction : Gérard Depardieu s’y perd littéralement dans une forêt sans repères, dans un film sans dialogues explicites, presque hors du temps. Les confins du monde (2018), toujours avec le même acteur, revient à une forme plus narrative, mais sur fond de guerre d’Indochine, pour mieux aborder la folie et la quête de sens. Ici encore, l’histoire importe moins que l’errance intérieure du protagoniste.
Ces œuvres marquent un tournant spirituel chez Guillaume Nicloux, où la recherche du divin, du sens ou d’un au-delà (réel ou symbolique) prend le pas sur les schémas narratifs traditionnels. Le tout enveloppé dans une mise en scène sobre, souvent contemplative, parfois déroutante mais toujours habitée.
Une œuvre littéraire en parallèle, reflet d’un même regard
Avant de filmer, Guillaume Nicloux écrivait. Et il n’a jamais vraiment arrêté. Ses romans policiers, comme Le saint des seins ou Zoocity, sont empreints du même goût pour l’ambiguïté morale, les personnages abîmés et les situations absurdes. Plus récemment, ses textes s’écartent du genre noir pour explorer d’autres formes, toujours avec cette écriture directe, presque sèche, où l’ironie n’est jamais loin.
Ce double parcours, à la fois romancier et cinéaste, explique sans doute le soin qu’il accorde à la structure de ses récits et à la voix intérieure de ses personnages. Même lorsqu’il filme peu, Guillaume Nicloux continue d’écrire, comme si l’un nourrissait l’autre de manière circulaire. Ce regard d’auteur à part entière, loin des formats commerciaux, lui permet de conserver une vraie liberté de ton.
Filmographie
4 sur 4 films