Guillaume Gouix
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Détails
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| Filmographie | 5 films |
Biographie
Guillaume Gouix est né le 30 novembre 1983 à Aix-en-Provence, en France. Comédien, réalisateur et scénariste, Guillaume Gouix s’est imposé dans le paysage du cinéma et de la télévision française comme l’un des visages les plus puissamment incarnés de sa génération.
Avec sa silhouette compacte, son regard souvent en clair-obscur, et un jeu viscéral sans afféterie, il est devenu un acteur instinctif, engagé, souvent magnétique, que l’on retrouve aussi bien dans des drames sociaux que dans des récits plus étranges ou stylisés.
Formé au Conservatoire de Marseille puis au Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris, Guillaume Gouix a développé très tôt une approche du métier à la fois physique et intérieure, entre théâtre exigeant et cinéma d’auteur. Il ne cherche pas à plaire, encore moins à séduire, mais à habiter ses personnages jusqu’à l’os. Et c’est précisément ce qui fait toute sa force.
Des débuts précoces et une fidélité au théâtre
Avant d’être repéré par le grand public, Guillaume Gouix fait ses premières armes sur les planches. Il collabore notamment avec Didier Galas et Alain Françon, et se forme au contact d’une scène dramatique exigeante, où le corps, le souffle, le silence comptent autant que les mots. Cette formation théâtrale, très ancrée dans la tradition du jeu incarné, reste une boussole dans son travail à l’écran.
Même après s’être imposé au cinéma et à la télévision, il ne rompt jamais complètement avec la scène. Son attachement à un théâtre physique, parfois radical, parfois dépouillé, nourrit l’intensité de ses rôles. Chez Guillaume Gouix, le geste compte autant que le texte, et cela transparaît dans tous ses choix de jeu.
Cinéma : un visage du malaise, un corps en tension
Dès ses premières apparitions au cinéma, Guillaume Gouix marque les esprits. Il tourne sous la direction de Jacques Audiard dans De battre mon cœur s’est arrêté, et multiplie ensuite les rôles dans un cinéma français à la fois social, sensoriel et souvent sombre. Il est à l’aise dans les marges, dans les failles, dans les silences chargés.
On le retrouve dans Jimmy Rivière (2011), où il incarne un jeune boxeur gitan tiraillé entre sa religion et son besoin de liberté. Ce rôle confirme son goût pour les personnages tiraillés, complexes, à la frontière entre pulsion et renoncement. Sa performance est brute, sans filtre, mais jamais simpliste.
Il enchaîne ensuite avec L’Affaire SK1, Braqueurs, Les Révoltés, Une histoire d’amour et de désir, La Nuit venue… Des films qui explorent la violence contenue, la solitude, les marges sociales et psychologiques, des univers qui semblent lui aller comme un gant, ou plutôt comme une deuxième peau.
Il collabore aussi avec Emmanuelle Bercot, Arnaud des Pallières, Jean-Bernard Marlin, ou encore Alain Guiraudie, preuve d’un ancrage solide dans le cinéma d’auteur français, mais toujours en tension avec des récits charnels, nerveux, souvent brûlants.
Télévision : Les Revenants et reconnaissance grand public
C’est avec Les Revenants (2012–2015), la série de Canal+, que Guillaume Gouix accède à une reconnaissance plus large. Il y interprète Serge, un tueur en série silencieux, hanté par ses pulsions, dans un univers surnaturel traité avec une extrême sobriété. La série est saluée en France comme à l’international, et le jeu de Gouix, tout en intensité rentrée, est l’un des piliers de cette ambiance pesante et fascinante.
Il poursuit ensuite avec des rôles marquants dans d’autres fictions télévisées ambitieuses, telles que Nox, Troubles, Le Bal des folles, L’Opéra, ou plus récemment Bardot, dans laquelle il incarne Roger Vadim. À chaque fois, il choisit des projets à contre-courant des formats convenus, et refuse d’être simplement le "mec intense du moment".
Son travail sur le petit écran confirme son refus de la facilité et sa capacité à nourrir des personnages ambivalents avec la même intensité que sur grand écran.
Réalisation et écriture : un regard personnel sur les marges
En 2011, Guillaume Gouix passe à la réalisation avec Alexis Ivanovitch, vous êtes mon héros, un court-métrage remarqué, suivi de Mademoiselle en 2014. Dans ces deux projets, il explore des figures masculines isolées, souvent en lutte avec elles-mêmes, poursuivant un travail entamé comme acteur, mais cette fois depuis l’autre côté de la caméra.
Son approche de la mise en scène est directe, sensorielle, sans fioritures. Il filme le corps, le souffle, l’inconfort, et semble vouloir prolonger à l’image cette tension qu’il connaît si bien comme interprète. Il ne s’agit pas pour lui de livrer des manifestes ou des thèses, mais de raconter des fragments d’humanité troublée, sans chercher à les résoudre.
Il a évoqué à plusieurs reprises son envie de poursuivre dans cette voie, avec un premier long-métrage en préparation, toujours fidèle à cette esthétique de la tension et de l’ombre.
Guillaume Gouix : acteur d’instinct et artisan d’émotion brute
Guillaume Gouix n’a jamais cherché à devenir une vedette. Il s’inscrit plutôt dans la lignée des acteurs physiques et sensibles, capables de tout porter sur une nuance de regard ou une crispation d’épaule. Son jeu, souvent intense, ne vire pourtant jamais à la démonstration. Il se distingue par une retenue, une densité silencieuse, qui donne à ses personnages une épaisseur troublante.
Il fait partie de ces comédiens que les réalisateurs appellent pour donner du relief à des figures tourmentées, abîmées, mais profondément humaines. Et même lorsqu’il interprète un homme violent, instable ou taiseux, il parvient à y glisser quelque chose de fragile, une étincelle d’humanité qui rend le tout profondément crédible.
À la fois acteur, auteur, réalisateur, Guillaume Gouix construit une œuvre cohérente, au fil de rôles forts, sans jamais céder à l’image ou au confort. Un artiste de chair, d’ombre, et de densité, à suivre toujours là où il choisira d’emmener ses personnages.