George A. Romero
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Détails
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| Filmographie | 7 films |
Biographie
George A. Romero, né le 4 février 1940 à New York (États-Unis) et décédé le 16 juillet 2017 à Toronto (Canada), est un réalisateur, scénariste, monteur et producteur américain, reconnu comme l’un des créateurs majeurs du cinéma d’horreur contemporain. Son nom est à jamais associé aux morts-vivants, mais son influence dépasse largement les grognements des zombies : à travers une œuvre souvent militante, sombre et subversive, George A. Romero a su faire du genre une véritable arme critique contre les travers de la société.
Les débuts d’un iconoclaste : une caméra, une idée, et un cimetière
Après des études à la Carnegie Mellon University à Pittsburgh, George A. Romero commence sa carrière dans la publicité et les courts-métrages éducatifs. Mais c’est en 1968, avec un budget minuscule et une équipe de passionnés, qu’il réalise Night of the Living Dead, un film en noir et blanc qui va bouleverser à jamais le paysage du cinéma d’horreur.
Avec ses morts lents, décharnés, inexorables, George A. Romero ne se contente pas de créer un nouveau type de monstre : il invente la figure du zombie moderne, bien différente du zombie vaudou du folklore antérieur. Plus encore, il ancre son film dans une lecture sociale et politique, notamment à travers la représentation du racisme, de la désagrégation familiale et de la peur de l’autre. Et pour couronner le tout, il conclut son histoire sur une note tragique et profondément dérangeante. Oui, le genre venait de changer de ton.
La trilogie originelle : zombies, consumérisme et désespoir
Fort du succès culte de Night of the Living Dead, George A. Romero poursuit sa réflexion apocalyptique avec Dawn of the Dead (1978), se déroulant en grande partie dans un centre commercial. Ce deuxième opus adopte une approche plus large, plus colorée, plus critique encore : le zombie devient le miroir grotesque du consommateur moderne, errant sans but dans un temple de la surconsommation.
Puis vient Day of the Dead (1985), plus pessimiste, plus claustrophobe, où l’humanité survivante est en proie à ses divisions internes. L’armée, la science, le pouvoir… tout y est interrogé, dans une ambiance de fin du monde dénuée d’héroïsme.
À travers cette trilogie, George A. Romero construit une mythologie cohérente, où le fantastique n’est jamais gratuit. Chaque film explore les angoisses sociales et politiques de son époque, avec un ton acide et une forme toujours inventive, même lorsque les moyens sont limités.
Un réalisateur fidèle à ses idées… et à son indépendance
L’une des grandes forces de George A. Romero, c’est son indépendance farouche. Refusant souvent les compromis imposés par les grands studios, il reste fidèle à une production artisanale, préférant le fond au formatage, quitte à rester en marge du système hollywoodien.
Cette fidélité lui permet d’explorer d’autres registres, toujours dans le sillage de l’horreur, avec des films comme Martin (1976), relecture réaliste du mythe vampirique, ou The Crazies (1973), satire paranoïaque sur la contamination et la folie collective. Même Creepshow (1982), son hommage aux comics d’horreur des années 1950, coécrit avec Stephen King, mêle humour macabre et critique sociale.
Le zombie revient… et n’a toujours pas bonne mine
Au début des années 2000, dans un contexte où le zombie revient à la mode (28 Days Later, Resident Evil), George A. Romero revient lui aussi avec une nouvelle trilogie : Land of the Dead (2005), Diary of the Dead (2007) et Survival of the Dead (2009). Ces films, bien que parfois moins aboutis visuellement, continuent d’interroger les mutations de la société, à travers les thématiques du contrôle, des médias, de la mémoire ou de la fragmentation idéologique.
Dans Land of the Dead, les zombies commencent à développer une forme de conscience. Et si c’était nous, les véritables monstres ? La question traverse toute l’œuvre de George A. Romero, où l’humain est souvent bien plus terrifiant que les morts-vivants.
Un héritage colossal, bien au-delà de l’horreur
On ne compte plus les cinéastes, auteurs, créateurs de jeux vidéo ou de séries qui revendiquent l’influence directe de George A. Romero : Robert Kirkman (The Walking Dead), Danny Boyle, Edgar Wright, Zack Snyder (qui réalise un remake de Dawn of the Dead en 2004), ou encore Jordan Peele, tous s’inscrivent d’une manière ou d’une autre dans cette tradition d’un cinéma de genre politique et critique, tel que Romero l’a façonné.
Il laisse également une marque dans le rapport entre horreur et société : chez lui, la peur n’est jamais gratuite, elle interroge, elle met mal à l’aise, elle révèle. Et dans un monde toujours hanté par les peurs collectives (sanitaires, économiques, idéologiques), ses films restent d'une actualité glaçante, même plusieurs décennies plus tard.
George A. Romero, c’est donc bien plus qu’un cinéaste d’horreur : c’est un auteur engagé, un artisan du chaos, un sociologue déguisé en faiseur de cauchemars, dont l’œuvre continue de murmurer, grogner, et parfois hurler, à l’oreille de notre époque.
Filmographie
7 sur 7 films