Genndy Tartakovsky
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Détails
| Autre nom | Геннадий Тартаковский |
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Nationalités |
| Filmographie | 4 films |
Biographie
Genndy Tartakovsky est né le 17 janvier 1970 à Moscou, alors en URSS, dans une famille d’origine juive russe. Il émigre aux États-Unis avec sa famille à la fin des années 70, fuyant les restrictions soviétiques. Il grandit à Chicago, où il découvre les bandes dessinées, les dessins animés et les films d’action américains, qui forgeront son imaginaire pour les décennies à venir. Si son nom reste parfois difficile à prononcer correctement du premier coup (on le pardonne volontiers), Genndy Tartakovsky est aujourd’hui l’un des créateurs les plus influents du monde de l’animation télévisée. Et ce, sans avoir jamais eu besoin de parler fort… ni d’utiliser trop de mots.
Dexter, les singes et les samouraïs : les débuts d’un style inimitable
Le grand public découvre Genndy Tartakovsky dans les années 90 avec Dexter’s Laboratory (Le Laboratoire de Dexter), diffusé sur Cartoon Network. Il y impose déjà sa patte : graphismes anguleux, animation nerveuse, rythme rapide, humour visuel omniprésent. Ce petit garçon génie entouré de personnages délirants donne un nouveau souffle aux cartoons pour enfants, tout en glissant régulièrement des blagues à double lecture pour les adultes attentifs.
Dans la foulée, il co-crée The Powerpuff Girls avec Craig McCracken et développe sa propre série culte, Samurai Jack. Avec Samurai Jack, Genndy Tartakovsky prend un virage audacieux. Il y mélange action épique, silence contemplatif, narration fragmentée, influences japonaises, musique minimaliste et décors stylisés. Très peu de dialogues, beaucoup d’ambiance. Le résultat est hypnotique, presque méditatif. Et pourtant bourré de bastons.
Samurai Jack devient rapidement une série respectée, voire vénérée. Elle casse les codes de l’animation pour la télévision. Ce n’est plus seulement du "cartoon" : c’est du cinéma découpé en épisodes de 22 minutes. La série s’interrompt brutalement en 2004, mais connaîtra une renaissance en 2017 avec une cinquième et dernière saison beaucoup plus sombre, saluée comme un chef-d’œuvre.
Clone Wars avant Clone Wars : un chapitre essentiel de Star Wars animé
En 2003, Genndy Tartakovsky est choisi pour créer une série animée Star Wars: Clone Wars (à ne pas confondre avec la version 3D qui arrivera plus tard). C’est un pont narratif entre les épisodes II et III de la saga cinématographique. Le résultat, en 2D, est bluffant. La série adopte un ton grave, resserré, presque mythologique. Encore une fois, Genndy Tartakovsky préfère montrer plutôt que dire.
Il transforme le général Grievous en monstre terrifiant, donne à Mace Windu une prestance inédite, et insuffle une esthétique de manga dynamique à l’univers de George Lucas. Même si la série est en grande partie écartée du canon officiel, elle reste une œuvre marquante pour les fans, et un excellent exemple de sa capacité à digérer des influences variées (cinéma japonais, comics, mythologie) pour en faire un cocktail ultra-efficace.
De la télé au cinéma : Hotel Transylvania et la maîtrise du slapstick numérique
Dans les années 2010, Genndy Tartakovsky passe à un tout autre format : le long-métrage d’animation pour le cinéma grand public. Il réalise Hotel Transylvania (2012), une comédie familiale produite par Sony Pictures Animation. C’est un succès immédiat. Le film impose un rythme frénétique, des mouvements exagérés, une physicalité quasi-cartoonesque — bref, tout ce qui distingue son style depuis ses débuts.
Il réalise aussi Hotel Transylvania 2 et 3, avec la même énergie burlesque, même si les contraintes des studios et du box-office se font plus sentir. Il travaille un temps sur un projet de film Popeye (qui malheureusement ne verra pas le jour sous sa direction), et développe aussi un film original, Fixed, qui doit explorer un registre plus adulte, avec une comédie animée classée R. Oui, Genndy Tartakovsky a encore quelques surprises sous le crayon.
Primal : la consécration artistique, brute et sans compromis
En 2019, Genndy Tartakovsky revient à la télévision avec Primal, une série animée pour adultes diffusée sur Adult Swim. C’est peut-être l’œuvre la plus aboutie de sa carrière. Primal suit un homme préhistorique et un dinosaure qui survivent ensemble dans un monde brutal et impitoyable. Il n’y a aucun dialogue, juste des cris, des regards, des gestes. L’animation est sublime, le rythme est tendu, et l’émotion passe par la mise en scène pure.
Primal est saluée par la critique, reçoit plusieurs Emmy Awards, et prouve que l’animation télévisée peut être aussi expressive, profonde et viscérale que n’importe quelle série dramatique. Pas besoin de mots quand les images disent tout. Genndy Tartakovsky, une fois encore, redéfinit ce que l’on peut faire avec un médium trop souvent sous-estimé.
Un style visuel reconnaissable entre mille
L’univers graphique de Genndy Tartakovsky est immédiatement identifiable. Personnages aux formes angulaires, animation stylisée, cadrages cinématographiques, silences éloquents. Il s’inspire autant du cinéma de Kurosawa que des vieux cartoons de Chuck Jones, en passant par Moebius et Jack Kirby. Et pourtant, son style ne ressemble à rien d’autre.
Il ose les pauses, les plans longs, les contrastes de couleurs tranchés, et la narration visuelle pure. Pour lui, l’animation n’est pas une sous-forme de cinéma : c’est une autre forme de langage, qui peut exprimer des émotions et des idées avec une efficacité redoutable… à condition d’oser sortir du bavardage et des conventions.
Filmographie
4 sur 4 films