Gaspard Ulliel

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Filmographie 7 films

Biographie

Né le 25 novembre 1984 à Boulogne-Billancourt, en Île-de-France (France), Gaspard Ulliel était un acteur et mannequin français, reconnu pour sa présence magnétique, sa douceur animale et un jeu à la fois introspectif et intense. Il s’est imposé comme l’un des talents les plus prometteurs de sa génération, dans des rôles mêlant élégance trouble, blessures intimes et beauté brute. Sa mort accidentelle, survenue le 19 janvier 2022, à l’âge de 37 ans, a laissé un vide saisissant dans le paysage du cinéma français, tant il incarnait un certain idéal de raffinement et de complexité.

Une enfance dans l’image, une vocation précoce

Fils d’un styliste et d’une costumière pour le cinéma, Gaspard Ulliel baigne très tôt dans l’univers des arts visuels. Une cicatrice sur la joue, souvenir d’un coup de griffure de chien durant l’enfance, devient au fil du temps l’une de ses marques les plus reconnaissables, renforçant ce mélange singulier de fragilité et d’intensité qu’il dégage à l’écran.

Il commence sa carrière dès l’adolescence, apparaissant dans des téléfilms et des courts-métrages. Très vite, son regard bleu, mélancolique et profond, attire les cinéastes. Mais c’est par son travail, et non par son apparence, qu’il conquiert le milieu.

Premiers rôles et reconnaissance rapide

Il se fait remarquer en 2003 dans Les Égarés d’André Téchiné, aux côtés d’Emmanuelle Béart, où il incarne un jeune homme sauvage et sensuel en temps de guerre. Puis en 2004, il reçoit le César du meilleur espoir masculin pour Un long dimanche de fiançailles de Jean-Pierre Jeunet, dans lequel il joue Manech, le fiancé disparu d’Audrey Tautou — rôle tout en absence et douceur poignante.

Le public découvre alors un acteur qui ne surjoue rien, mais qui capte tout par la tension de son regard, la précision de sa diction, la lenteur habitée de son mouvement. Ce style de jeu intériorisé, presque organique, deviendra sa signature.

Hannibal Lecter, Chanel et les rôles d’icône

En 2007, il est propulsé sur la scène internationale en incarnant le jeune Hannibal Lecter dans Hannibal Lecter : Les Origines du mal, préquelle de la saga culte. Si le film divise, sa performance révèle sa capacité à mêler charme glacé et intensité dramatique. Il y confirme un talent rare pour les rôles ambigus, à la fois fascinants et inquiétants.

Cette même ambiguïté fait de lui le visage de Chanel pour le parfum Bleu, dans une campagne réalisée par Martin Scorsese, puis par James Gray. Son silhouette élancée, son regard calme, sa voix grave, en font une incarnation de l’élégance masculine à la française, sans tapage ni arrogance.

Mais loin de se reposer sur cette image, Gaspard Ulliel cherche toujours à surprendre, à s’immerger dans des personnages fuyants, complexes, parfois sombres.

La consécration avec Juste la fin du monde

En 2016, Xavier Dolan lui confie le rôle principal dans Juste la fin du monde, adaptation de la pièce de Jean-Luc Lagarce. Il y incarne Louis, un écrivain qui revient dans sa famille pour annoncer sa mort prochaine. Face à Marion Cotillard, Léa Seydoux, Vincent Cassel et Nathalie Baye, Ulliel est d’une retenue bouleversante, tout en regards fuyants, silences pesants et tensions contenues.

Ce rôle, tout en intériorité tragique, lui vaut le César du meilleur acteur, consacrant une maturité artistique indéniable. Il atteint ici une forme d’accomplissement : la profondeur dans le non-dit, l’émotion dans la retenue, la force dans l'effacement.

Une filmographie entre audace et discrétion

Gaspard Ulliel choisit ses rôles avec soin. Il alterne entre cinéma d’auteur (La Princesse de Montpensier, Saint Laurent de Bertrand Bonello, La Danseuse, Eva), drames historiques (La Mort de Louis XIV), et incursions dans la série (Il était une seconde fois).

Dans Saint Laurent (2014), il incarne le couturier mythique avec une finesse rare, évitant toute caricature. Il ne cherche pas à l’imiter : il l’habite, avec sa gestuelle féline, sa diction détachée, sa douleur feutrée. Le rôle lui vaut une nomination au César du meilleur acteur, et l’installe durablement parmi les acteurs français majeurs de sa génération.

Une disparition brutale, un héritage durable

Le 19 janvier 2022, Gaspard Ulliel décède tragiquement des suites d’un accident de ski à La Rosière, en Savoie. Sa disparition provoque une immense onde de choc dans le monde du cinéma, tant il incarnait encore la promesse d’un futur de rôles puissants, exigeants et lumineux.

Quelques mois plus tard sort Plus que jamais d’Emily Atef, avec Vicky Krieps, où il joue un homme atteint d’une maladie incurable. La symbolique de ce dernier rôle — intime, grave, pudique — résonne avec force.

Son ultime apparition à l’écran a lieu dans la série Moon Knight, production Marvel dans laquelle il joue Anton Mogart. Une façon inattendue de rappeler que même Hollywood s’était laissé séduire par ce charme si singulier.

Gaspard Ulliel : un éclat tranquille, inoubliable

Gaspard Ulliel, c’était le contraire d’une star tapageuse. Il n’était ni distant ni effacé, mais profondément pudique, toujours dans une forme de doute tranquille et de mystère assumé. Il ne forçait jamais le regard : il l’attirait, sans un mot de trop.

Il laisse derrière lui une filmographie dense, cohérente, marquée par l’exigence, mais aussi par l’élégance et la tendresse des êtres blessés qu’il a incarnés.

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