Gailard Sartain
- Casting
Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 7 films |
Biographie
Gailard Sartain est né le 18 septembre 1946 à Tulsa, dans l’État de l’Oklahoma, aux États-Unis et décédé le 17 juin 2025. Acteur, dessinateur, humoriste et parfois même peintre à ses heures perdues, Gailard Sartain était l’un de ces visages que l’on reconnaît immédiatement, même si on a parfois du mal à retrouver son nom. Doté d’un physique rond, d’un accent du Sud et d’un jeu souvent burlesque, il a été pendant des années l’un des seconds rôles comiques les plus savoureux du cinéma américain, notamment dans les années 70, 80 et 90.
Des débuts à la télévision et un talent pour le non-sens
Avant de faire rire les spectateurs dans les salles obscures, Gailard Sartain commence sa carrière à la télévision locale à Tulsa, où il crée un personnage excentrique nommé Mazeppa Pompazoidi, sorte de magicien farfelu pour une émission de variétés délirante intitulée The Uncanny Film Festival and Camp Meeting. L’émission devient culte dans la région et révèle un goût prononcé pour l’humour absurde, l’improvisation joyeuse, et une bonne dose d’auto-dérision.
Ce style, bien à lui, l’amène naturellement vers Hee Haw, une émission satirique à sketchs très populaire dans le Sud des États-Unis, où il rejoint le casting régulier dans les années 70. C’est là que Gailard Sartain affine son image de bon vivant un peu déjanté, souvent caricature de l’Américain rural, mais jamais méchant. Il joue avec les clichés plutôt qu’il ne les subit.
Le cinéma l’adopte : du comique de situation aux personnages plus doux-amers
Au fil des années, Gailard Sartain devient une valeur sûre pour incarner des personnages secondaires hauts en couleur. Il apparaît dans un nombre impressionnant de films, notamment des comédies, où son exubérance fait souvent mouche. On le retrouve par exemple dans Mississippi Burning (1988), où il joue un shérif complice du racisme ambiant — un rôle beaucoup plus sombre que son registre habituel, preuve qu’il peut aussi jouer la tension dramatique avec sobriété.
Mais c’est surtout dans des films comme Fried Green Tomatoes (1991), The Outsiders (1983), The Buddy Holly Story (1978), ou encore Ernest Goes to Jail (1990), que Gailard Sartain laisse une empreinte mémorable. Parfois tendre, parfois grotesque, toujours sincère, il a cette capacité rare à rendre crédibles les personnages les plus improbables, en injectant toujours une part d’humanité sous la couche de loufoquerie.
Il excelle dans ces rôles où l’absurde côtoie l’émotion, où le rire surgit non pas d’un gag forcé, mais d’un comportement sincèrement étrange. Ce qui aurait pu n’être qu’un simple "comic relief" devient, entre ses mains, une figure à part entière du paysage cinématographique américain.
Une carrière parallèle dans les arts visuels
Ce que beaucoup ignorent, c’est que Gailard Sartain est aussi un artiste visuel accompli. Avant même de devenir acteur, il étudie les beaux-arts et travaille brièvement comme illustrateur. Et tout au long de sa carrière, il continue à dessiner et peindre, avec un style riche en couleurs et en textures, à mi-chemin entre le pop art et l’expressionnisme. Ses œuvres sont exposées, notamment dans sa ville natale, et révèlent un univers aussi fantasque que ses rôles.
Ce lien entre le visuel et le comique ne doit rien au hasard. Chez Gailard Sartain, il y a toujours une attention particulière au détail, à la silhouette, à la posture, comme s’il composait chacun de ses personnages avec la minutie d’un dessinateur de bande dessinée.
Une présence culte, loin des projecteurs hollywoodiens
Malgré une filmographie impressionnante, Gailard Sartain n’a jamais cherché la gloire ou les rôles principaux. Il est resté fidèle à son style, à sa région, à son humour un peu décalé. Il a même progressivement quitté les plateaux à la fin des années 90, se retirant doucement du métier sans faire de bruit, mais en laissant derrière lui une galerie de personnages inoubliables.
Il représente un certain visage de l’Amérique populaire, entre tendresse et satire, entre démesure et simplicité. Dans un univers souvent dominé par le glamour et les effets spéciaux, Gailard Sartain a rappelé qu’un regard, un accent traînant et un bon sens du rythme suffisent parfois à faire rire — ou à toucher.
On pourrait presque dire qu’il est à Hollywood ce que le coleslaw est au barbecue : un accompagnement auquel on ne pense pas toujours en premier, mais qui change tout quand il est bien fait.