Fred Astaire
- Casting
Détails
| Autre nom | Frederick Austerlitz |
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| Âge |
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Nationalité |
| Filmographie | 5 films |
| Récompenses | 2 nominations et 1 victoire |
Biographie
Fred Astaire, né Frederick Austerlitz le 10 mai 1899 à Omaha, dans le Nebraska (États-Unis), et mort le 22 juin 1987 à Los Angeles, reste l’un des artistes les plus influents de l’histoire du spectacle. Danseur, acteur, chanteur et chorégraphe, Fred Astaire est bien plus qu’un simple interprète de comédies musicales hollywoodiennes : il est l’incarnation même du mouvement élégant et maîtrisé, un perfectionniste au style inimitable, dont l’héritage dépasse largement le cadre du music-hall.
Une carrière façonnée très tôt, en duo avec sa sœur
L’histoire artistique de Fred Astaire commence très jeune. Avec sa sœur Adele Astaire, il forme un duo de danse qui séduit rapidement les scènes de vaudeville, puis celles de Broadway. Ensemble, ils dominent les années 1910 et 1920, mêlant claquettes, comédie et élégance. Lorsque Adele se retire du spectacle en 1932, Fred Astaire décide de poursuivre seul, ce qui aurait pu être un pari risqué — mais qui devient rapidement une ascension fulgurante.
Il attire l’attention de Hollywood presque immédiatement, même si les débuts ne sont pas sans heurts : l’un de ses premiers tests caméra aurait donné cette évaluation légendaire (et probablement apocryphe) : « Ne sait ni jouer, ni chanter. Un peu chauve. Danse un peu. » — une critique qui, au vu de ce qui suit, fait doucement sourire.
Ginger Rogers et l’âge d’or de la comédie musicale
C’est avec Ginger Rogers que Fred Astaire va former l’un des tandems les plus mythiques du cinéma. Ensemble, ils tournent dix films entre 1933 et 1949, dont Top Hat (1935), Swing Time (1936) ou Shall We Dance (1937). Si les scénarios sont souvent légers, les chorégraphies, elles, sont d’une exigence redoutable, intégrées au récit de manière fluide, presque invisible.
L'alchimie entre les deux partenaires est indéniable, bien que leur relation personnelle soit plus professionnelle qu’intime. Fred Astaire était réputé pour être un perfectionniste obsessionnel, répétant inlassablement chaque pas jusqu’à atteindre la précision qu’il exigeait — de lui-même comme de ses partenaires.
Ce style rigoureux, mais jamais mécanique, donne naissance à une manière de filmer la danse qui fait date : plans longs, peu de coupes, cadrage large — laissant la chorégraphie s’exprimer sans artifices. Un choix esthétique audacieux à une époque où l’on privilégiait souvent les montages rapides et les effets de caméra.
Une élégance technique au service du divertissement
Fred Astaire, c’est cette silhouette longiligne, ce port altier, ce smoking impeccable et ces chaussures qui glissent avec une aisance presque surnaturelle. Il n’était pas le danseur le plus athlétique ni le plus spectaculaire de son époque, mais il a su créer un style personnel, d’une fluidité et d’une musicalité rares. Il dansait avec le rythme, jamais contre lui, et toujours au service de l’émotion — même légère — de la scène.
On pourrait croire que ses talents de danseur auraient éclipsé ses autres aptitudes, mais Fred Astaire est aussi un acteur subtil, capable d’humour, de tendresse et d’une certaine mélancolie discrète. Il chante aussi, dans un registre léger, presque parlé, qui ajoute au charme de ses performances. Il n’en faisait jamais trop — ce qui, à Hollywood, est déjà en soi une performance.
Une carrière longue, marquée par une constante réinvention
Alors que d’autres se seraient contentés de surfer sur un succès passé, Fred Astaire continue d’explorer de nouveaux territoires au fil des décennies. Il tourne avec Judy Garland dans Easter Parade (1948), avec Cyd Charisse dans The Band Wagon (1953), et avec Audrey Hepburn dans Funny Face (1957). Dans ces films, il adapte son style, s’efface parfois devant la fougue de ses partenaires, mais garde intacte sa grâce et son intelligence scénique.
Dans les années 1970, il fait même quelques apparitions plus éloignées de la comédie musicale, notamment dans le film catastrophe The Towering Inferno (1974), qui lui vaut une nomination à l’Oscar du meilleur second rôle — preuve, s’il en fallait, de l’étendue de son talent.
Un perfectionniste humble, respecté de tous
Malgré sa célébrité, Fred Astaire a toujours refusé l’étiquette de "génie". Il se voyait comme un travailleur acharné, toujours insatisfait, toujours à la recherche du mouvement juste. Il disait : « Je ne suis pas un danseur. Je suis un acteur qui danse. » — une façon d’expliquer que la performance, chez lui, était d’abord un art de raconter, pas seulement de briller.
Son influence est immense : de Gene Kelly à Michael Jackson, en passant par Mikhail Baryshnikov et Bob Fosse, tous reconnaissent en Fred Astaire une source d’inspiration majeure. Il a redéfini ce que signifiait "danser devant une caméra", et ouvert la voie à une nouvelle manière de penser la performance filmée.
Une légende toujours vivante, bien après la dernière pirouette
Lorsqu’il s’éteint en 1987, Fred Astaire laisse derrière lui une filmographie d’une élégance rare, un style inégalé, et un souvenir ému chez ceux qui ont grandi en le regardant voler à quelques centimètres du sol. Il avait demandé que personne ne tente de le représenter par des hologrammes ou autres techniques posthumes. Une volonté simple : laisser ses films parler pour lui.
Et c’est ce qu’ils continuent de faire. Car dès qu’il entre dans le cadre, que la musique commence, et que ses pieds s’animent, Fred Astaire semble suspendre le temps. Il ne dansait pas pour impressionner, il dansait parce que le monde en devenait plus léger. Et ça, personne ne l’a jamais fait comme lui.