Frank Sinatra
- Casting
- Production
Détails
| Autre nom | Francis Albert Sinatra |
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| Âge |
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Nationalité |
| Filmographie | 6 films |
| Récompenses | 3 nominations et 1 victoire |
Biographie
Frank Sinatra, né le 12 décembre 1915 à Hoboken, dans le New Jersey (États-Unis), et décédé le 14 mai 1998 à Los Angeles, est l’une des figures les plus emblématiques du XXe siècle. Tour à tour chanteur, acteur, producteur, et parfois même personnage politique officieux, Frank Sinatra incarne une certaine idée de l’Amérique : élégante, contradictoire, et marquée par un rapport très personnel à la réussite, au pouvoir, et à la mélancolie.
La voix de Frank Sinatra, fluide, chaude, parfaitement articulée, reste, aujourd’hui encore, l’une des plus reconnaissables de la musique populaire. Mais au-delà de son chant, c’est sa présence scénique, son charisme naturel et sa longévité artistique exceptionnelle qui en font une légende durable. Que ce soit en smoking devant un micro, dans un film en noir et blanc, ou à la table d’un casino avec un verre à la main, Frank Sinatra continue d’incarner quelque chose de profondément cinématographique, quelque chose qui dépasse la simple chanson.
Les débuts d’un enfant du New Jersey à la voix d’or
Né dans une famille d’immigrants italiens, Frank Sinatra grandit à Hoboken, dans un milieu modeste. Il est enfant unique, souvent malade, mais fasciné très tôt par la musique et les grandes voix de la radio. C’est Bing Crosby qui lui donne envie de chanter, et il commence à se produire localement dès la fin des années 1930.
Sa première grande exposition survient lorsqu’il rejoint le groupe de Harry James, puis surtout Tommy Dorsey, dont l’orchestre est alors l’un des plus populaires d’Amérique. Très vite, le jeune crooner se distingue par sa capacité à étirer les phrases, à moduler les silences, à raconter une émotion sans jamais hausser le ton. Il ne chante pas seulement les notes, il les habite.
Dans les années 1940, Frank Sinatra devient une idole des jeunes, en particulier des adolescentes surnommées les bobby soxers, qui hurlent à chaque apparition publique. On pourrait croire à un phénomène passager. Il n’en sera rien.
Une carrière musicale bâtie sur l’émotion maîtrisée
Le cœur de la puissance de Frank Sinatra, c’est sa voix. Une voix qui évolue avec le temps, passant de la légèreté romantique des débuts à une gravité plus rauque, plus intérieure, à mesure qu’il vieillit. Il enregistre plus de 1 000 chansons, dont beaucoup deviennent des standards : Fly Me to the Moon, My Way, New York, New York, Strangers in the Night, I've Got You Under My Skin...
Ce qui distingue Frank Sinatra des autres chanteurs de son époque, c’est ce sens du phrasé, cette manière unique de faire swinguer les mots, de maîtriser le souffle pour raconter une histoire en trois minutes. Il travaille chaque chanson comme un acteur travaille une scène. Il faut que ça sonne juste, que ce soit humain. Et c’est sans doute là sa plus grande force : faire croire qu’il ne fait aucun effort.
Il traverse les décennies en s’adaptant à l’évolution de la musique sans jamais renier son style. Et s’il est un monument dans le registre du jazz vocal et de la pop orchestrale, c’est aussi parce qu’il a su s’entourer des meilleurs : Nelson Riddle, Count Basie, Quincy Jones, pour ne citer qu’eux.
Une carrière cinématographique loin d’être secondaire
Si on se souvient surtout de Frank Sinatra pour sa musique, il ne faut pas oublier qu’il fut aussi un acteur respecté, parfois sous-estimé, mais capable de performances très solides. Il joue dans plus de 60 films, explorant une palette de genres allant de la comédie au film noir, en passant par le drame musical.
En 1954, il reçoit l’Oscar du meilleur second rôle pour From Here to Eternity (Tant qu’il y aura des hommes), prouvant qu’il peut jouer aussi bien qu’il chante. Il impressionne par sa sincérité, sa fragilité, loin de l’image du séducteur impassible.
On le retrouve dans des films comme The Man with the Golden Arm (où il incarne un musicien toxicomane, bien avant que Hollywood ne se risque à ce type de sujet), Pal Joey, Ocean’s 11 (version originale, avec le Rat Pack), ou encore The Manchurian Candidate. Dans chacun, Frank Sinatra imprime une forme de vérité brute, parfois nerveuse, souvent intense, avec cette manière de ne jamais surjouer, mais de toujours exister à l’écran.
Le Rat Pack, le mythe, et les ambiguïtés
Dans les années 1950 et 1960, Frank Sinatra devient le chef de file du célèbre Rat Pack, aux côtés de Dean Martin, Sammy Davis Jr., Peter Lawford et Joey Bishop. Le groupe incarne une version très spécifique du divertissement à l’américaine : sophistiquée, joyeusement décadente, et toujours un brin cynique. Ils se produisent à Las Vegas, tournent ensemble, boivent beaucoup, plaisantent sur scène, et symbolisent une époque dorée du spectacle américain.
Mais derrière le glamour, l’image de Frank Sinatra est aussi teintée de zones d’ombre. Ses liens supposés avec la mafia, son tempérament parfois explosif, son influence politique trouble, notamment son amitié avec John F. Kennedy, nourrissent une mythologie complexe, où l’admiration côtoie parfois l’ambiguïté.
Une fin de carrière en forme d’adieu théâtral
Dans les années 1970, Frank Sinatra annonce sa retraite… avant de revenir quelques années plus tard. Il multiplie les tournées d’adieu (il faut croire que la tentation de chanter est plus forte que celle de disparaître) et continue d’enregistrer jusqu’aux années 1990, avec notamment les albums Duets, où il partage le micro avec Bono, Aretha Franklin, Barbra Streisand ou Luciano Pavarotti.
Son dernier concert a lieu en 1995, peu avant ses 80 ans. Et même si la voix tremble, l’aura reste intacte. Il décède en 1998, à l’âge de 82 ans, laissant derrière lui une œuvre colossale, une empreinte indélébile, et une silhouette éternelle : celle du chanteur en costume sombre, devant un micro, un verre à la main, chantant l’amour, le regret, le passage du temps.
Frank Sinatra, une voix pour l’éternité
Frank Sinatra, c’est plus qu’un crooner. C’est une manière de dire les choses sans les forcer, de ressentir le monde sans grandiloquence. Une voix pleine d’humanité, capable de traduire la joie comme la solitude, avec le même souffle.
Il ne chantait pas pour plaire. Il chantait pour raconter, pour vivre, et parfois juste pour tenir debout. C’est sans doute pour ça que ses chansons traversent le temps. Parce qu’elles parlent à chacun, sans mode ni époque. Parce qu’au fond, il chantait ce que tout le monde ressent un jour ou l’autre.
Et ça, peu d’artistes peuvent en dire autant.
Filmographie
6 sur 6 films