Franco Nero
- Casting
Détails
| Autre nom | Francesco Clemente Giuseppe Sparanero |
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Nationalité |
| Filmographie | 6 films |
Biographie
Franco Nero est né le 23 novembre 1941 à Parma, en Émilie-Romagne, dans le nord de l’Italie. Acteur au regard perçant, à la voix grave et au charisme brut, Franco Nero est l’un des piliers du cinéma italien des années 60 à 80, et surtout une figure emblématique du western spaghetti, genre dont il a incarné l’essence avec une intensité inoubliable.
S’il a été adulé pour ses rôles d’hommes taciturnes et impitoyables, Franco Nero a toujours refusé de se laisser enfermer dans une seule image. Il a tourné dans plus de 200 films, dans des genres très variés, alternant productions italiennes, américaines, allemandes, et même russes. Un acteur polyglotte, transgenre cinématographique, et farouchement indépendant, qui n’a jamais hésité à passer de la série B à Shakespeare.
Django (1966) : la naissance d’un mythe
C’est avec Django, réalisé par Sergio Corbucci en 1966, que Franco Nero entre définitivement dans la légende du cinéma. Dans ce western sombre, ultra-violent et visuellement marquant, il incarne un revenant vengeur, traînant un cercueil dans la boue, dans lequel se cache… une mitrailleuse. L’image, culte, suffit à elle seule à inscrire le film dans l’histoire du cinéma de genre.
À 25 ans, Franco Nero y impose une présence magnétique : regard glacial, mâchoire serrée, économie de mots. Django n’est pas seulement un cow-boy, c’est une icône, une figure mythologique. Le film, malgré une sortie discrète aux États-Unis à l’époque, connaît un succès fulgurant en Europe et donne naissance à une multitude de pseudo-suites, souvent sans rapport avec l’original, à tel point que “Django” devient presque un sous-genre à lui seul.
Franco Nero, lui, n’en tourne qu’un seul "véritable" : Django Strikes Again (1987), et fera un clin d’œil réjouissant à son rôle culte en apparaissant dans Django Unchained de Quentin Tarantino, en 2012, en vieil Européen sarcastique face à Jamie Foxx.
Un acteur aux multiples visages, bien au-delà du western
Réduire Franco Nero au poncho et au revolver serait une erreur. Dès les années 70, il multiplie les rôles historiques, politiques, romantiques ou psychologiques, collaborant avec des cinéastes aussi divers que Luis Buñuel, Claude Chabrol, Rainer Werner Fassbinder ou Mauro Bolognini.
Il incarne Nero, l’empereur romain, dans Quo Vadis?, un policier intègre dans Il giorno della civetta, un journaliste radical dans Street Law, et même Jesus dans The Bible: Jesus of Nazareth de Zeffirelli. Une capacité à embrasser des figures symboliques très opposées, toujours avec une intensité et un engagement total.
Sa carrière s'étend aussi à des productions hollywoodiennes comme Die Hard 2, Enter the Ninja, Force 10 from Navarone, ou plus récemment John Wick: Chapter 2, où il incarne un parrain mystérieux du réseau assassin. Franco Nero sait vieillir avec panache, sans chercher à gommer les rides ni le poids de sa propre légende.
Franco Nero, l’homme de théâtre, de voix et d’écriture
On l’ignore parfois, mais Franco Nero est aussi un homme de théâtre, un lecteur de poésie, et un narrateur recherché pour les documentaires. Il possède une voix grave, posée, immédiatement identifiable, qu’il a utilisée aussi bien dans des lectures publiques que dans des doublages prestigieux.
Il a également écrit et réalisé quelques films personnels, dont Forever Blues (2005), adapté d’un roman de Enrico Bernard, qui témoigne de son intérêt pour la musique, la culture et les récits intimes. Moins visible que ses rôles de justicier ou de soldat, ce versant créatif révèle une sensibilité à fleur de peau, un goût pour les trajectoires humaines fragiles.
Marié à l’actrice Vanessa Redgrave, avec qui il a partagé la scène et l’écran à plusieurs reprises, Franco Nero appartient à une génération d’acteurs européens capables de circuler librement entre langues, genres et traditions cinématographiques, un véritable acteur sans frontière.