Franck Khalfoun
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Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 6 films |
Biographie
Franck Khalfoun est né le 9 novembre 1968 à Paris, en France, d’un père algérien et d’une mère américaine. Il est réalisateur, scénariste et acteur, installé depuis plusieurs années aux États-Unis, où il s’est spécialisé dans le cinéma de genre, notamment l’horreur, le thriller psychologique et le survival.
Sa carrière s’est construite entre remakes audacieux, projets originaux à petit budget, et collaborations avec Alexandre Aja, autre figure française du genre, également exilé à Hollywood. Avec une approche souvent viscérale, urbaine et stylisée, Franck Khalfoun propose un regard européen sur les codes du film d’horreur américain, en y injectant une certaine froideur esthétique, un sens de la violence frontale, et une mise en scène tendue, où la caméra devient parfois elle-même un outil narratif.
Des débuts avec Alexandre Aja et Grégory Levasseur
La carrière de Franck Khalfoun débute dans les années 2000 à Los Angeles, où il rejoint le cercle de cinéastes francophones qui s’illustrent dans le renouveau du cinéma d’horreur américain, comme Alexandre Aja et Grégory Levasseur, avec qui il collabore régulièrement. Il apparaît d’ailleurs comme acteur dans High Tension (2003), réalisé par Aja, avant de passer derrière la caméra lui-même.
Ce petit groupe développe un style commun : violence stylisée, caméra nerveuse, environnements claustrophobes et personnages en sursis. Franck Khalfoun s’inscrit dans cette veine tout en affirmant peu à peu ses propres codes, notamment un goût pour les récits centrés sur des figures de solitude et de déviance.
P2 : premier film, première claustrophobie
En 2007, Franck Khalfoun réalise son premier long-métrage, P2, un huis clos oppressant situé dans un parking souterrain vide la nuit de Noël. Produit et coécrit avec Aja et Levasseur, le film suit une jeune femme coincée avec un gardien obsédé par elle. Ce thriller à l’ambiance glaciale, bien que relativement classique dans son déroulé, montre déjà une maîtrise du suspense, un sens du cadre et une tension constante.
S’il ne connaît pas un grand succès commercial, P2 marque le ton visuel et narratif que Khalfoun va continuer à développer : celui d’un cinéma resserré, basé sur l’isolement, la confrontation physique, et les pulsions déviantes.
Maniac : un remake audacieux en caméra subjective
Le film qui le fait réellement remarquer est le remake de Maniac, sorti en 2012. Relecture radicale du slasher culte de William Lustig (1980), ce nouveau Maniac est interprété par Elijah Wood, à contre-emploi dans le rôle d’un tueur en série obsédé par les mannequins et les femmes seules. Tourné quasiment entièrement en caméra subjective, le film place le spectateur dans la tête du tueur, une expérience dérangeante et immersive, saluée pour sa prise de risque formelle.
Le film est bien accueilli dans les festivals de genre (notamment à Sitges et à Gérardmer) et assoit la réputation de Franck Khalfoun comme un réalisateur audacieux, capable de renouveler les codes tout en rendant hommage aux classiques du genre.
Une trajectoire entre projets originaux et commandes
Après Maniac, Franck Khalfoun alterne entre projets plus personnels et films de commande. Il réalise i-Lived (2015), un thriller techno autour d’un testeur d’applis dont la vie se dérègle peu à peu, et surtout Amityville: The Awakening (2017), tentative de relancer la franchise Amityville avec Bella Thorne dans le rôle principal. Le film, bien que très attendu, connaît une sortie compliquée et passe presque inaperçu en salles. Les critiques sont mitigées, reprochant au film un certain manque de renouvellement, malgré quelques idées visuelles intéressantes.
Il revient ensuite en 2019 avec Prey, thriller de survie produit par Blumhouse, dans lequel un jeune homme se retrouve seul sur une île qui cache un lourd secret. Là encore, le dispositif est minimal, presque théâtral, avec une tension croissante et une approche très directe de la peur.
Un artisan du genre, entre radicalité formelle et efficacité narrative
Franck Khalfoun ne cherche pas à faire du bruit médiatique, ni à signer des franchises à grand spectacle. Il appartient plutôt à cette catégorie de réalisateurs discrets mais techniques, qui creusent leur sillon dans le cinéma de genre, avec un soin particulier pour l’ambiance, la tension psychologique et la mise en scène immersive.
Même quand les scénarios restent dans des cadres classiques (survival, slasher, huis clos), il essaie d’y insuffler une empreinte visuelle forte, souvent marquée par l’isolement urbain, les néons froids, et la violence psychologique plus que spectaculaire.
Filmographie
6 sur 6 films