Fernando Rey
- Casting
Détails
| Autre nom | Fernando Casado D'Arambillet |
|---|---|
| Âge |
|
Nationalité |
| Filmographie | 5 films |
| Récompenses | 2 nominations et 2 victoires |
Biographie
Fernando Rey, de son vrai nom Fernando Casado D'Arambillet, est né le 20 septembre 1917 à La Corogne, en Espagne, et s’est éteint le 9 mars 1994 à Madrid. Acteur espagnol de renommée internationale, Fernando Rey a traversé plusieurs décennies de cinéma, passant avec aisance des productions espagnoles aux films français et américains. Sa voix grave, son regard pénétrant et son élégance naturelle ont fait de lui l’un des visages les plus marquants du cinéma d’auteur européen.
Les débuts de Fernando Rey dans le cinéma espagnol
C’est dans l’Espagne d’avant-guerre que Fernando Rey commence discrètement sa carrière, d’abord en tant que figurant dans les années 30, alors qu’il étudie l’architecture. Rapidement, sa prestance attire l’attention et il se voit offrir des rôles plus conséquents. Dans un pays marqué par le franquisme, le cinéma reste contrôlé, mais Fernando Rey trouve néanmoins sa place dans de nombreuses productions, souvent dans des rôles de noble, d’intellectuel ou d’homme mystérieux. Il faut dire que sa diction parfaite et son port altier en faisaient un choix évident pour incarner l’autorité ou la sophistication.
La rencontre décisive avec Luis Buñuel
Le tournant majeur dans la carrière de Fernando Rey survient avec sa collaboration avec le réalisateur Luis Buñuel. Ensemble, ils formeront un duo emblématique du cinéma surréaliste et engagé. Le premier film marquant de cette association est Viridiana (1961), Palme d’Or à Cannes, dans lequel Fernando Rey incarne un personnage ambigu et profondément dérangeant. Cette performance marque le début d’une série de rôles marquants sous la direction de Buñuel, parmi lesquels Le Charme discret de la bourgeoisie (1972) et Cet obscur objet du désir (1977).
Dans ces films, Fernando Rey développe un style tout en retenue, capable de faire naître le trouble sans jamais forcer le trait. Il devient l’incarnation même de la bourgeoisie hypocrite, du désir inavoué ou du pouvoir caché derrière les convenances. Le surréalisme de Buñuel trouve en Fernando Rey un interprète idéal, à la fois charismatique et insaisissable.
Une reconnaissance internationale grâce à French Connection
Si Fernando Rey était déjà célèbre en Europe, c’est le film The French Connection (1971), réalisé par William Friedkin, qui lui offre une visibilité mondiale. Il y incarne le baron de la drogue Alain Charnier, face à Gene Hackman dans le rôle de Popeye Doyle. Anecdote intéressante : Friedkin pensait initialement engager un autre acteur espagnol, Francisco Rabal, mais une confusion d’agent a mené à l’embauche de Fernando Rey. Le résultat fut un coup de maître.
Ce rôle en anglais, loin de son registre habituel, confirme la capacité de Fernando Rey à incarner le mal avec subtilité. Dans un polar nerveux et ancré dans un réalisme cru, il apporte une touche de raffinement inquiétant. Il reprendra le même rôle dans French Connection II (1975), cette fois dirigé par John Frankenheimer.
Une filmographie aussi vaste que variée
Avec plus de 150 films à son actif, Fernando Rey a navigué entre de nombreux styles et cinémas. Il tourne en France avec Alain Resnais (Stavisky), en Italie avec des réalisateurs comme Mauro Bolognini ou Pasquale Festa Campanile, et reste fidèle au cinéma espagnol, collaborant avec Carlos Saura ou Vicente Aranda.
Il interprète aussi bien des évêques, des aristocrates, des médecins, des trafiquants ou des figures historiques, toujours avec une classe inaltérable. Son visage est devenu familier sans jamais être figé dans un seul type de rôle. Il reste l’un des rares acteurs espagnols de son époque à avoir eu une carrière vraiment internationale, sans renier ses racines.
Fernando Rey, voix et présence
Outre sa présence physique, Fernando Rey était reconnu pour sa voix exceptionnelle. Grave, posée, hypnotique, elle lui valut de nombreux travaux de doublage, notamment dans les premières années de sa carrière. Cette voix a largement contribué à son image d’homme cultivé, souvent ambivalent, presque toujours difficile à cerner.
Au-delà du jeu, Fernando Rey avait aussi une élégance discrète dans la vie, évitant les scandales et les sorties médiatiques spectaculaires. Il restait avant tout un acteur de composition, amoureux de son métier, curieux de toutes les formes d’expression cinématographique.
Un héritage encore vivant
Le nom de Fernando Rey reste aujourd’hui associé à une époque du cinéma européen où l’art et l’expérimentation pouvaient cohabiter avec un certain succès critique et public. Son travail avec Luis Buñuel est régulièrement cité parmi les plus grandes collaborations entre un cinéaste et son acteur fétiche.
Même si Fernando Rey n’a jamais cherché les projecteurs à tout prix, il a laissé une empreinte durable, que l’on redécouvre régulièrement à travers les rétrospectives, les festivals ou les plateformes de streaming. Un acteur qui a su, par la finesse de son jeu, traverser les frontières et les genres sans jamais trahir son intégrité artistique.