Félix Moati
- Casting
Détails
| Âge |
|
Nationalité |
|---|---|
| Filmographie | 8 films |
Biographie
Félix Moati est né le 24 mai 1990 à Paris, en France. Fils du journaliste, écrivain et cinéaste Serge Moati, il grandit dans un environnement culturel stimulant, mais n’en fait pas pour autant un passe-droit. Félix Moati trace son propre chemin, entre humour pince-sans-rire, sensibilité à fleur de peau et curiosité artistique tous azimuts. S’il débute comme acteur, il s’affirme aussi très vite comme réalisateur et scénariste, confirmant qu’il n’est pas seulement un visage, mais aussi une voix du cinéma français actuel. Il aurait pu surfer sur un nom, mais il préfère multiplier les expériences, faire ses gammes dans des films exigeants ou décalés, jouer les seconds rôles marquants, avant de passer lui-même derrière la caméra. Résultat : une carrière qui avance sans tapage, mais avec cohérence et singularité.
Des débuts dans la comédie, mais un jeu déjà nuancé
Félix Moati fait ses premiers pas à la télévision dans les années 2000, avant de véritablement se révéler au cinéma dans LOL (2009), aux côtés de Sophie Marceau et Christa Théret. S’il y joue un personnage secondaire, il attire l’attention par son naturel et sa spontanéité. Mais c’est avec Télé Gaucho (2012), où il incarne un jeune passionné de télévision libre et contestataire dans les années 90, qu’il obtient une nomination au César du meilleur espoir masculin.
Le ton est donné : il aime les personnages en décalage, les jeunes idéalistes un peu paumés, les doux rêveurs. Il alterne ensuite entre comédies sociales (Hippocrate, Gaspard va au mariage), drames contemporains (Le Grand Bain), ou films d’époque (L'Ordre des médecins), toujours avec cette capacité à incarner le réel sans jamais surjouer, et une voix légèrement éraillée qui le rend immédiatement reconnaissable.
Son jeu se distingue par une économie expressive : il joue dans les silences, les regards, les maladresses. Il peut être drôle sans faire de blagues, touchant sans pathos. Bref, Félix Moati incarne cette nouvelle génération d’acteurs français à l’opposé du cabotinage.
Une ambition de réalisateur assumée, loin du simple passage derrière la caméra
En 2019, Félix Moati passe à la réalisation avec Deux fils, un film doux-amer porté par Benoît Poelvoorde, Vincent Lacoste et lui-même. L’histoire d’un père et de ses deux fils, tous en crise, entre blessures invisibles et solitude partagée. Le film, modeste dans sa forme mais d’une grande finesse d’écriture, séduit par son ton : entre humour discret et mélancolie constante, à l’image de son auteur.
On y retrouve ce qui fait la patte de Félix Moati : une tendresse pour les perdants magnifiques, une attention aux failles, aux liens familiaux mal recousus, aux conversations suspendues. Deux fils n’est pas un manifeste ni un coup d’éclat — c’est un film à hauteur d’homme, ce qui, en soi, n’est pas si courant.
Depuis, il poursuit cette ambition de réalisation, tout en continuant à jouer dans les films des autres. Ce double regard, acteur et cinéaste, lui permet sans doute d’aborder ses rôles avec une précision plus aiguisée, et ses mises en scène avec un souci accru de l’humain.
Une discrétion médiatique, mais une place affirmée
Peu présent sur les réseaux sociaux, Félix Moati ne fait pas partie de ces acteurs qui envahissent les écrans à la moindre occasion. Il choisit ses projets, alterne cinéma d’auteur et productions plus larges, mais sans jamais renier son style. Il a ce goût des histoires imparfaites, de la tendresse sans mièvrerie, des dialogues un peu décalés qui sonnent juste.
Il se tient aussi à l’écart du star system, avec une certaine pudeur, mais sans froideur. Son humour est souvent second degré, parfois auto-dérisoire, et ça transparait aussi bien dans ses interviews que dans ses rôles. Pas de grandes déclarations tonitruantes ni de postures de génie incompris : juste un type qui travaille, qui écrit, qui doute, et qui essaie de filmer ce qu’il connaît le mieux : l’humain dans ses contradictions.