Fabrice Luchini
- Casting
Détails
| Autre nom | Robert Luchini |
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Nationalité |
| Filmographie | 6 films |
Biographie
Fabrice Luchini est né le 1er novembre 1951 à Paris, dans le quartier populaire du 9e arrondissement. Fils de coiffeurs d’origine italienne, Fabrice Luchini s’impose dès les années 1970 comme une figure unique du paysage cinématographique et théâtral français.
Entre amour fou de la langue, diction ciselée, interprétations habitées et monologues improvisés, il est devenu une sorte de monument vivant, autant pour les planches que pour les plateaux. Avec Fabrice Luchini, il y a toujours un peu de théâtre, même au cinéma. Une manière bien à lui de transcender les mots tout en les triturant. Il est aussi capable de jouer un bourgeois en crise, un instituteur fatigué, un président imaginé ou un libraire littéraire… sans jamais cesser d’être résolument lui-même, dans ce mélange de distance amusée, de lucidité philosophique et de verve souvent inimitable.
Des débuts atypiques : du salon de coiffure à Rohmer
L’histoire commence dans les années 1960, quand le jeune Robert Luchini, adolescent rétif à l’école, est envoyé en apprentissage… chez un coiffeur. C’est là qu’il découvre, par hasard, la littérature et le cinéma. Et c’est aussi là qu’il est repéré par Philippe Labro, qui l’engage pour un petit rôle dans Tout peut arriver (1969). Mais c’est Éric Rohmer, cinéaste de la Nouvelle Vague, qui lui offre ses premiers véritables rôles marquants, notamment dans Le Genou de Claire (1970) puis Perceval le Gallois (1978).
Avec Rohmer, Fabrice Luchini développe un style d’acting très particulier : intellectuel mais jamais pédant, un jeu tout en inflexions, où chaque mot est pesé, où chaque intention passe par le rythme de la phrase. Il n’est pas encore célèbre, mais il est déjà unique.
Le cinéma de l’esprit… et des névroses
Les années 80 et 90 installent Fabrice Luchini comme une figure à part. Il se spécialise, volontairement ou non, dans les rôles de parlants compulsifs, de bourgeois cérébraux, de névrosés lucides, souvent plongés dans un quotidien qu’ils analysent à voix haute. Avec La Discrète (1990), il incarne un écrivain manipulateur dans une comédie sentimentale cruelle et brillante, qui le propulse enfin en haut de l’affiche.
Il enchaîne alors les collaborations marquantes : Le Colonel Chabert, Beaumarchais, l’insolent, Riens du tout, Le Bossu, Rien sur Robert… à chaque fois, Fabrice Luchini imprime sa marque : une diction quasi-théâtrale, une ironie constante, une capacité à faire exister les mots comme d’autres font exister les gestes.
Il devient peu à peu le porte-étendard d’un certain cinéma français qui aime les dialogues, les idées, les subtilités, quitte à paraître élitiste aux yeux de certains. Mais l’acteur n’en a cure : pour lui, dire Céline ou Flaubert peut être tout aussi populaire qu’un film à grand spectacle, à condition d’y croire. Et à voir l’affluence à ses lectures publiques, il n’a peut-être pas tout à fait tort.
Luchini et le théâtre : le verbe à l’état pur
Si le cinéma l’a rendu célèbre, c’est sur scène que Fabrice Luchini semble véritablement libre. Il y lit, déclame, interprète des textes d’auteurs qu’il vénère : La Fontaine, Céline, Nietzsche, Baudelaire, Molière. Mais il ne s’agit pas de récitals figés. Ses spectacles sont des performances verbales, où l’humour côtoie la profondeur, où les digressions sur la vie moderne, les taxis ou Instagram croisent des vers du XVIIe siècle.
À sa manière, Fabrice Luchini est un passeur, un vulgarisateur dans le sens noble du terme. Il rend les grands textes vivants, incarnés, et même drôles. Il n’enseigne pas, il partage, avec une bonne dose de narcissisme assumé, certes, mais aussi une sincérité qui touche le public. En blouse ou en complet-veston, il transforme une salle de théâtre en café philosophique.
Un acteur populaire malgré lui
Au fil des années, Fabrice Luchini devient une figure incontournable, même pour ceux qui n’ont jamais lu La Bruyère. Il tourne dans des comédies à succès (Les Femmes du 6e étage, Alceste à bicyclette, Gemma Bovery, Ma Loute, Un homme pressé…), et son nom suffit souvent à attirer un public curieux, séduit autant par l’acteur que par la personnalité.
Toujours un peu en décalage, toujours un peu plus cérébral que le rôle ne l’exige, il parvient malgré tout à rendre populaire ce qui ne l’était pas : le doute, la lecture, la lenteur, le mot rare. Pas étonnant qu’il ait été choisi pour incarner des figures d’autorité ou des excentriques magnifiques.
Il devient aussi un invité régulier des médias, parfois moqué pour ses envolées lyriques ou son besoin de tout commenter, mais jamais ennuyeux. Il peut agacer, mais rarement laisser indifférent.