Ernest Borgnine
- Casting
Détails
| Autre nom | Ermes Effron Borgnino |
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| Âge |
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Nationalité |
| Filmographie | 8 films |
| Récompense | 1 nomination et 1 victoire |
Biographie
Ernest Borgnine, né le 24 janvier 1917 à Hamden, dans le Connecticut (États-Unis), et décédé le 8 juillet 2012 à l’âge de 95 ans, fait partie de ces acteurs dont la carrière épouse l’évolution du cinéma américain, du studio system classique à la télévision moderne.
Fils d’immigrants italiens, il grandit entre la rigueur du travail ouvrier et le rêve américain, une dualité qu’on retrouvera dans bon nombre de ses rôles : des hommes simples, rugueux parfois, mais toujours portés par une forme d’humanité sincère. Sa carrière est marquée par une longévité exceptionnelle, une capacité à passer du drame à la comédie, et un physique atypique, loin des canons hollywoodiens, qui deviendra rapidement son meilleur atout.
De la marine au métier d’acteur : un détour inattendu
Avant de se lancer dans le métier, Ernest Borgnine sert pendant dix ans dans la marine américaine, y compris pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce n’est qu’à son retour à la vie civile, à la fin des années 1940, qu’il envisage sérieusement une carrière dans le théâtre, encouragé par sa mère, qui lui voit un talent naturel pour la scène. Il s’inscrit alors à l’Actors Studio et commence par jouer dans des productions locales, puis à Broadway.
C’est à l’écran qu’il se fait remarquer rapidement, dans des seconds rôles musclés. Son physique trapu, son visage expressif, sa diction sans fioritures en font un acteur idéal pour incarner des figures d’autorité, des soldats, des ouvriers, mais aussi des hommes en marge.
Un Oscar inattendu pour Marty
C’est en 1955 que Ernest Borgnine accède à la reconnaissance critique avec Marty, réalisé par Delbert Mann. Il y incarne un boucher timide et mal dans sa peau, qui cherche désespérément l’amour dans un monde qui ne lui fait pas de cadeau. Loin de ses rôles de durs, ce personnage vulnérable, à l’opposé du glamour hollywoodien, séduit les critiques et le public. Ernest Borgnine reçoit pour ce rôle l’Oscar du meilleur acteur, ainsi qu’un Golden Globe, ce qui constitue une vraie surprise dans le paysage cinématographique de l’époque.
Ce succès installe durablement Ernest Borgnine comme un acteur capable de sensibilité, malgré (ou grâce à) son apparente rudesse. Marty reste à ce jour l’un des plus beaux exemples de film modeste devenu emblématique grâce à l’interprétation de son acteur principal.
Une filmographie abondante et éclectique
Après son Oscar, Ernest Borgnine enchaîne les rôles, aussi bien dans les films de guerre (The Dirty Dozen, The Wild Bunch) que dans les drames sociaux ou les westerns. Il tourne avec des réalisateurs comme Robert Aldrich, Sam Peckinpah ou Richard Fleischer, et côtoie des acteurs emblématiques comme Lee Marvin, William Holden ou Charles Bronson.
Sa filmographie est immense, avec plus de 200 apparitions au cinéma et à la télévision. Il faut dire que Ernest Borgnine n’a jamais rechigné à travailler, y compris dans des productions de série B, pour peu que le rôle lui plaise. Sa devise semblait être de "jouer pour vivre" plus que de "vivre pour jouer".
Dans les années 60 et 70, il devient aussi une figure familière de la télévision, notamment grâce à la série McHale’s Navy, dans laquelle il incarne un commandant de patrouille navale peu conventionnel. Il y montre un vrai sens de la comédie, souvent sous-estimé chez lui.
Un acteur populaire jusqu’au bout
L’un des aspects les plus frappants de la carrière de Ernest Borgnine est sa longévité. Même dans les années 2000, il continue de tourner, apparaissant dans des films, des séries et même en tant que voix dans des dessins animés (SpongeBob SquarePants, où il double un super-héros retraité, avec un plaisir communicatif).
Avec l’âge, il gagne en popularité auprès d’un nouveau public, toujours grâce à cette combinaison rare de robustesse bonhomme et de générosité d’interprétation. Il ne s’est jamais départi de son enthousiasme pour le métier d’acteur, apparaissant en public avec le sourire, loin du cynisme ambiant.
Il reçoit en 2011 un SAG Life Achievement Award, saluant l’ensemble de sa carrière. Il tourne encore peu avant sa mort, survenue en 2012, à l’âge vénérable de 95 ans.
Un héritage de modestie et de constance
Ernest Borgnine n’a jamais été une idole de magazine ou une star de studio. Il était l’un de ces acteurs de caractère, qui bâtissent une carrière sur la fiabilité, l’humilité et une présence qui ne s’impose pas, mais qui s’imprime. Son Oscar n’a jamais été un point final, mais un point de départ vers une carrière étonnamment diversifiée, portée par une curiosité intacte et une joie de jouer manifeste.
Dans un Hollywood souvent préoccupé par l’image, Ernest Borgnine a su rester fidèle à ce qu’il était : un acteur entier, parfois rugueux, mais profondément humain. Une gueule, oui, mais surtout une voix et une vérité qui ont traversé le temps.