Éric Neveux
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Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 8 films |
Biographie
Éric Neveux est un compositeur français, né le 8 février 1972 à Saint-Quentin.
Formation, premiers pas et orientiation vers l’image
Très tôt attiré par la musique et le cinéma, Éric Neveux grandit à Saint-Quentin avant de suivre des études de commerce à l’École de management de Lyon (aujourd’hui emlyon business school), dont il sort diplômé au milieu des années 1990. Cette formation académique en gestion va de pair avec une pratique musicale autodidacte, orientée vers les claviers, les synthétiseurs et les premiers outils de production électronique domestiques, qui lui permettent de développer rapidement un langage sonore personnel en marge d’un cursus plus classique.
Dès cette période, Éric Neveux se déclare résolument décidé à travailler pour l’image. Plusieurs portraits de presse et notices de festivals rappellent qu’il se projette très tôt dans la composition pour le cinéma, au point de considérer cette perspective comme son unique horizon professionnel. Cette focalisation précoce sur la musique à l’écran explique en partie la manière dont il associe, dès ses premières expériences, travail en studio et attention particulière au montage, au rythme des plans et à la dramaturgie, plutôt qu’à une carrière de scène ou d’interprète.
Musique électronique, alias Mr Neveux et label Microbe
Avant de se faire un nom comme auteur de bandes originales, Éric Neveux s’affirme dans la sphère de la musique électronique sous le pseudonyme de Mr Neveux. Il publie à la fin des années 1990 et au début des années 2000 plusieurs albums, dont Tuba et Damn It! The Rock Experience, qui s’inscrivent dans un courant downtempo et cinématique souvent rapproché de la « French touch ». Ces disques, caractérisés par des textures électroniques mélodiques et une attention marquée à l’atmosphère, circulent autant dans les milieux électro que chez les amateurs de musiques de film, où ils sont parfois perçus comme des bandes originales imaginaires.
Parallèlement à ces projets personnels, Éric Neveux cofonde le label Microbe Records, actif entre la France et le Royaume-Uni, conçu comme une structure indépendante destinée à publier ses propres productions ainsi que celles d’artistes proches esthétiquement. Cette expérience de label renforce sa maîtrise des aspects techniques et économiques de l’édition musicale, de la fabrication à la diffusion, et installe son nom dans un réseau de scènes électroniques où l’hybridation entre musiques de club, ambient et influences cinématographiques est particulièrement valorisée.
Premiers films et collaborations fondatrices
La bascule de Éric Neveux vers la composition pour le cinéma s’opère au milieu des années 1990, lorsqu’il rencontre le cinéaste François Ozon. À 25 ans, il signe pour lui la musique du moyen métrage Regarde la mer (See the Sea), puis celle de son premier long métrage Sitcom, présenté en 1998 à la Semaine de la Critique du Festival de Cannes. Cette double collaboration, d’emblée remarquée dans le circuit des festivals, donne à entendre une écriture déjà très structurée, qui mêle motifs récurrents et climats sonores discrets, en dialogue étroit avec les ruptures de ton propres au cinéma d’Ozon.
Peu après, Éric Neveux entame une relation de travail durable avec le metteur en scène et cinéaste Patrice Chéreau. Appelé d’abord comme conseiller musical sur Ceux qui m’aiment prendront le train, il se voit finalement confier la composition du thème central, Welcome to Limoges, puis la bande originale de films comme Intimité (Intimacy) et Persécution. Ces collaborations l’installent au cœur d’un cinéma d’auteur européen exigeant, présenté et primé dans les grands festivals internationaux, et affirment sa capacité à accompagner des récits psychologiques denses par une musique à la fois retenue et intensément dramatique.
Carrière au cinéma : d’Ozon à Ziad Doueiri
Au fil des années 2000 et 2010, Éric Neveux signe la musique d’un nombre croissant de longs métrages, français et internationaux. Les notices professionnelles recensent plus d’une cinquantaine de films, parmi lesquels Carnages de Delphine Gleize, Toutes les filles sont folles de Pascal Thomas, La Tête de maman de Carine Tardieu, Cézanne et moi de Danièle Thompson, ou encore le film d’animation Zombillénium et la comédie d’aventure Les Aventures de Spirou et Fantasio. Cette filmographie illustre une grande diversité de genres, du drame intimiste à la comédie, en passant par le film historique ou l’animation grand public.
Éric Neveux tisse également une relation suivie avec le réalisateur libanais Ziad Doueiri. Il compose la musique de L’Attentat (The Attack), puis de L’Insulte (The Insult), drame judiciaire nommé à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère, ainsi que des séries Dérapages et Cœurs noirs. Son travail accompagne également des films d’Emmanuelle Bercot, comme La Tête haute (La Tête haute / Standing Tall), ainsi que plusieurs œuvres de Rachid Bouchareb, dont Just Like a Woman et Two Men in Town, formant un ensemble cohérent de collaborations avec des cinéastes attentifs aux enjeux sociaux et politiques contemporains.
Séries télévisées, fictions historiques et formats longs
En parallèle du cinéma, Éric Neveux développe une activité soutenue pour la télévision. Il compose notamment la musique de la série historique Un village français, diffusée sur plusieurs saisons et située sous l’Occupation, où sa partition accompagne l’évolution des personnages sur une période longue en modulant les thèmes au fil des épisodes. Il signe aussi les musiques de la fresque historique Borgia, de la mini-série La Commune, de la série anthologique Accusé, ainsi que de projets documentaires sériels comme Frères d’armes ou Champions de France.
Les fictions télévisées plus récentes voient Éric Neveux poursuivre cette présence au long cours. Il compose la musique de la série Dérapages, qui associe thriller social et étude de personnage, puis celle de Sentinelles et de Cœurs noirs, centrées sur des opérations militaires contemporaines. Ce travail sériel lui vaut plusieurs récompenses, dont des prix de la meilleure musique au Festival de la fiction TV de La Rochelle pour Adouna, la vie, le monde et, plus tard, pour Sentinelles, confirmant sa reconnaissance dans le champ de la fiction télévisuelle autant que dans celui du cinéma.
Collaborations récurrentes, style et reconnaissance
Les portraits consacrés à Éric Neveux insistent sur la fidélité de ses collaborations. Outre François Ozon et Patrice Chéreau, il travaille à plusieurs reprises avec des réalisateurs comme Rachid Bouchareb, Ziad Doueiri, Nicolas Vanier ou Emmanuelle Bercot, construisant avec eux un langage commun qui se prolonge de film en film. Cette récurrence permet d’affiner une écriture musicale attentive aux nuances du jeu d’acteur, souvent basée sur des motifs mélodiques simples travaillés dans des textures orchestrales et électroniques mêlées.
Sur le plan esthétique, Éric Neveux est fréquemment décrit comme un compositeur « éclectique », capable de passer d’un univers électronique minimaliste à une orchestration plus ample, selon les besoins du récit. Son parcours, qui relie la scène électronique des années 1990, la musique de film d’auteur européen, l’animation et les grandes séries historiques, lui vaut d’être considéré comme l’un des compositeurs français les plus présents dans le paysage de la musique à l’image depuis la fin des années 1990, avec une œuvre qui se déploie autant au cinéma qu’à la télévision et dans le champ, plus discret mais bien réel, de la musique enregistrée sous son propre nom ou sous l’alias Mr Neveux.