Éric Naggar

  • Casting
  • Écriture

Détails

Âge
Nationalité
Filmographie 19 films

Biographie

Éric Naggar, né le 3 décembre 1957 à Neuilly-sur-Seine, est un acteur, écrivain et dialoguiste français, dont la trajectoire professionnelle incarne parfaitement ce que le cinéma et le théâtre français savent parfois produire de plus rare : une carrière à plusieurs visages, menée dans la discrétion, mais toujours avec rigueur et curiosité. Peu connu du grand public par son nom seul, Éric Naggar est pourtant un visage familier des écrans, des planches et même des pages de scénario.

Un début de carrière sous le signe de l’écriture dramatique

Avant d’apparaître devant les caméras, Éric Naggar s’illustre comme auteur de théâtre. Il fait ses armes dans l’écriture dramatique dès les années 1980, avec des pièces comme L’Étrangleur s’excite ou La Femme à contre-jour, portées à la scène par des comédiens prestigieux comme Jean-Pierre Marielle et mises en scène par Jean Rochefort. Un démarrage qui, déjà, dit quelque chose de son sens du dialogue et de sa capacité à créer des personnages vivants, porteurs d’une certaine tension dramatique, souvent teintée d’absurde ou de décalage.

En parallèle, il devient dialoguiste pour le cinéma, collaborant notamment à Mon idole (2002), premier film réalisé par Guillaume Canet. Sa plume, fine et précise, trouve sa place dans un cinéma français qui valorise les échanges bien écrits et les dialogues qui résonnent plus qu’ils n’expliquent.

Une reconversion assumée : du stylo à la caméra

À partir des années 2000, Éric Naggar glisse peu à peu de l’ombre des scénarios à la lumière des projecteurs. Il multiplie les petits rôles au cinéma, souvent dans des comédies, des drames sociaux ou des thrillers, où il incarne des figures secondaires mais immédiatement reconnaissables : avocat, maire, médecin, professeur, notable… Tous ces personnages que l’on croit connaître, et qu’il interprète avec cette dose de gravité tranquille qui lui est propre.

Parmi ses apparitions les plus connues, on le retrouve dans Taxi 3 (2003), Les Bronzés 3 (2006), Anthony Zimmer (2005), ou encore dans OSS 117 : Le Caire, nid d’espions (2006). Il y incarne des rôles brefs mais toujours impeccablement tenus, souvent avec une touche d’ironie discrète.

À la télévision aussi, Éric Naggar devient un visage régulier : on le voit dans de nombreuses séries françaises, des unitaires, des téléfilms… Chaque fois, il renforce la crédibilité d’un univers, sans jamais tirer la couverture à lui.

Une filmographie qui reflète un goût pour les seconds rôles bien dessinés

La force de Éric Naggar, c’est de ne jamais chercher à surjouer ou à imposer son style. Il préfère le registre juste, l’économie de moyens, l’écoute. Il est de ces comédiens qui comprennent que le silence peut en dire aussi long qu’une tirade. Ce minimalisme apparent donne à ses rôles une densité inattendue, même lorsqu’ils sont limités à quelques scènes.

Il incarne régulièrement des figures d’autorité, mais sait aussi jouer la fragilité, l’indécision ou le ridicule. Cette plasticité, qui peut sembler évidente, est en réalité le fruit d’une grande maîtrise de son instrument : voix posée, regard fixe, gestuelle sobre. Il apporte à chaque rôle une précision presque littéraire.

Un artisan discret mais essentiel de l’écran français

Éric Naggar ne cherche pas la lumière. Il fait partie de ces artisans de l’image, qui nourrissent la fiction française sans jamais occuper les gros titres. Et pourtant, sa contribution est essentielle : il fait le lien entre le scénario et l’interprétation, entre la structure du récit et son incarnation.

Il représente aussi cette génération d’acteurs et d’auteurs pour qui le travail passe avant la notoriété, et qui préfèrent multiplier les expériences modestes plutôt que d’attendre indéfiniment le rôle d’une vie.

Une double compétence rare dans l’industrie

Ce qui rend la trajectoire de Éric Naggar particulièrement intéressante, c’est cette double casquette d’auteur et de comédien. Il connaît les mots, il sait les écrire, et il sait les dire. Cette maîtrise complète du langage dramatique donne à ses interprétations un poids particulier. Il ne "joue" pas un texte, il le habite, parfois même en le réécrivant de l’intérieur, par sa seule façon de le livrer.

Il incarne ainsi une forme de continuité dans le cinéma français : celle des passeurs de mots, capables d’enrichir une scène, une réplique, ou une présence, sans qu’on ait besoin de tout expliciter.

Filmographie

19 sur 19 films

Film Année Durée Rôles
  • Ajouté le
  • Modifié le