Enrique Villén
- Casting
Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 8 films |
| Récompense | 1 nomination et 0 victoire |
Biographie
Enrique Villén, né le 1er mai 1960 à Madrid, est un acteur espagnol dont le visage vous dit forcément quelque chose, même si son nom ne vous vient pas toujours immédiatement en tête. Et c’est tout le paradoxe de Enrique Villén : omniprésent, mais rarement sous les projecteurs. Véritable pilier du cinéma ibérique depuis les années 1990, il a joué dans une quantité impressionnante de films et de séries, souvent dans des rôles secondaires mais mémorables, avec ce mélange unique de bonhomie, de gouaille et de mélancolie.
Des débuts modestes dans la comédie… et sur scène
Avant de percer au cinéma, Enrique Villén commence sa carrière dans des petites troupes de théâtre et dans les cafés-théâtres madrilènes, où il peaufine un style bien à lui. Très tôt, il se tourne vers la comédie, un terrain sur lequel il excelle naturellement, grâce à son sens du rythme, sa voix immédiatement identifiable et son physique de “monsieur tout le monde” qui le rend attachant. Mais réduire Enrique Villén à un simple acteur comique serait une erreur.
En réalité, derrière cette apparente facilité à faire rire, il y a un acteur de composition subtile, capable de nuances étonnantes. Et ce n’est pas un hasard s’il a été régulièrement choisi par certains des plus grands réalisateurs espagnols.
Une collaboration fidèle avec Álex de la Iglesia
Comme beaucoup de talents atypiques du cinéma espagnol, Enrique Villén trouve une place de choix dans l’univers d’Álex de la Iglesia, maître du chaos visuel et des personnages à la marge. Il apparaît dans plusieurs de ses films, dont 800 balas, La comunidad, Las brujas de Zugarramurdi ou encore Mi gran noche. Dans chacun, Enrique Villén incarne des personnages secondaires hauts en couleur, souvent comiques mais jamais caricaturaux, qui participent à construire la richesse de l’univers de de la Iglesia.
Cette collaboration repose sans doute sur un goût commun pour l’absurde, pour les figures grotesques mais profondément humaines, et pour un cinéma populaire qui ne méprise pas ses personnages, aussi paumés ou ridicules soient-ils.
Une présence fidèle dans le cinéma populaire espagnol
Au-delà de ses rôles dans le cinéma de genre, Enrique Villén est aussi très actif dans les comédies populaires et les films dramatiques plus classiques. Il a travaillé avec des réalisateurs aussi variés que José Luis Garci, Fernando León de Aranoa, Daniel Monzón ou Álvaro Fernández Armero, dans des registres très différents.
Ce qui le rend si demandé, c’est cette capacité à s’adapter à tous les tons, à toutes les époques, à tous les décors. Il peut jouer un petit escroc madrilène, un employé municipal désabusé, un père dépassé ou un voisin râleur, toujours avec une véracité désarmante. On le croit, tout simplement, et c’est sans doute le plus grand compliment qu’on puisse faire à un comédien.
Reconnaissance critique, mais loin du star system
Bien que rarement tête d’affiche, Enrique Villén a reçu une nomination au Goya du meilleur second rôle masculin en 2005 pour son interprétation dans Ninette de José Luis Garci. Une reconnaissance bien méritée, qui souligne ce que les cinéphiles savent depuis longtemps : que derrière son registre de comédie se cache un acteur solide, rigoureux et généreux.
Mais Enrique Villén ne cherche pas à capitaliser sur cette reconnaissance. Il reste discret, fidèle à son style, toujours prêt à endosser des rôles parfois minuscules, tant qu’ils sont bien écrits. Il n’a pas besoin d’être sous les feux de la rampe : c’est dans les marges qu’il brille le plus.