Emerald Fennell
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Détails
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| Filmographie | 5 films |
Biographie
Emerald Fennell, née le 1er octobre 1985 à Hammersmith, à Londres (Royaume-Uni), est une réalisatrice, scénariste, actrice et romancière britannique. Polyvalente et ambitieuse, elle s’est imposée en quelques années comme l’une des voix les plus singulières du cinéma contemporain, naviguant entre féminisme rageur, humour noir et esthétisme pop soigneusement maîtrisé. Si certains l'ont d'abord connue comme actrice, Emerald Fennell s’est révélée au monde en passant derrière la caméra — et le moins qu'on puisse dire, c’est qu’elle n’est pas venue pour raconter des histoires tièdes.
De l’écriture à l’écran : un début de carrière littéraire et télévisé
Avant de devenir cinéaste, Emerald Fennell s’est illustrée dans plusieurs domaines. Elle commence par étudier la littérature anglaise à Oxford, où elle se fait remarquer pour ses talents d’écriture. Elle publie deux romans — Shiverton Hall (2013) et Monsters (2015) — destinés à un public jeunesse et young adult, dans lesquels on retrouve déjà une fascination pour les ambiances troubles et les personnages ambigus.
En parallèle, elle poursuit une carrière d’actrice, notamment dans des séries télévisées britanniques. Les fans de The Crown la reconnaîtront sans peine dans le rôle de Camilla Parker Bowles, qu’elle incarne durant deux saisons, apportant à ce personnage souvent caricaturé une dose de subtilité et de profondeur. On la retrouve aussi dans Call the Midwife, où elle joue la sage-femme Patsy Mount.
Mais c’est bien en tant que scénariste qu’elle attire pour la première fois l’attention des cercles hollywoodiens, notamment en tant que showrunneuse de la deuxième saison de Killing Eve, où elle prend la relève de Phoebe Waller-Bridge. Elle y impose un ton plus tordu, plus introspectif, mais toujours irrésistiblement stylisé.
Promising Young Woman : le coup d’éclat
En 2020, Emerald Fennell frappe fort avec son premier long-métrage en tant que réalisatrice, Promising Young Woman. Porté par Carey Mulligan, le film suit une femme brisée par un traumatisme passé, qui décide de venger symboliquement son amie victime d’un viol en tendant des pièges aux "gentils garçons". Dit comme ça, on pourrait s’attendre à un simple film de vengeance féministe. Mais ce serait mal connaître Emerald Fennell.
Le film mélange thriller, comédie noire, drame psychologique et esthétique de clip acidulé, dans un cocktail audacieux, grinçant, parfois dérangeant. Le succès est immédiat : Promising Young Woman est nominé à cinq Oscars et remporte celui du meilleur scénario original, un exploit pour une première réalisation.
Ce qui frappe, c’est la capacité de Emerald Fennell à traiter d’un sujet brûlant — la culture du viol et l’impunité masculine — sans didactisme, avec une approche aussi narrative que viscérale. Le film ne donne pas de leçon, mais laisse un goût amer qui pousse à la réflexion, bien après le générique.
Un style visuel affirmé, entre satire et mélodrame
Si Emerald Fennell impressionne par son écriture, elle impose aussi une véritable signature visuelle. Elle aime les couleurs pastel, les cadres soignés, les contrastes entre esthétique sucrée et propos violent. C’est un peu comme si Legally Blonde rencontrait Taxi Driver, avec une pointe de Wes Anderson sous acide.
Cette tension entre forme séduisante et fond perturbant est au cœur de son style. Elle utilise les codes du glamour, du romantisme ou de la comédie romantique, pour mieux en détricoter les illusions. Il ne s’agit jamais de provoquer gratuitement, mais de jouer avec les attentes du spectateur pour le mettre face à ses propres contradictions.
Ses personnages féminins ne sont pas là pour plaire. Ils sont parfois instables, parfois antipathiques, mais toujours complexes. Et dans son univers, les hommes ne sont pas nécessairement des monstres — mais leur banalité, leur confort ou leur lâcheté deviennent des ressorts dramatiques puissants.
Saltburn : démesure, décadence et fascination toxique
Après le succès de Promising Young Woman, Emerald Fennell réalise en 2023 Saltburn, un film visuellement somptueux et narrativement provocateur, centré sur une relation ambiguë entre deux étudiants dans une maison aristocratique anglaise. Esthétisme baroque, obsession de classe, sexualité trouble, humour noir très british… tous les ingrédients de son style sont là, mais poussés à l’extrême.
Le film divise, choque, amuse, irrite parfois, mais ne laisse personne indifférent. Ce qui est, au fond, tout ce que Emerald Fennell semble rechercher : faire du cinéma un espace de friction, où le malaise et le plaisir cohabitent sans jamais s’annuler.
Avec Saltburn, elle confirme aussi qu’elle n’est pas là pour s’autocensurer. Certains la comparent déjà à des cinéastes comme Sofia Coppola, Yorgos Lanthimos ou Todd Solondz, mais la comparaison ne tient qu’un temps. Emerald Fennell construit une voix propre, moins abstraite que l’un, plus politique que l’autre, et surtout résolument personnelle.
Filmographie
5 sur 5 films