Ellen Burstyn
- Casting
Détails
| Autre nom | Edna Rae Gillooly |
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| Âge |
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Nationalité |
| Filmographie | 10 films |
| Récompenses | 7 nominations et 2 victoires |
Biographie
Ellen Burstyn est née le 7 décembre 1932 à Detroit, dans le Michigan, aux États-Unis. Elle s’est imposée au fil des décennies comme l’une des grandes dames du cinéma, de la télévision et du théâtre américains. Actrice à la fois classique et audacieuse, elle a su faire évoluer sa carrière en restant fidèle à son style : un jeu profondément humain, toujours ancré dans la vérité du personnage, qu’il soit brisé, combatif, mystique ou tout à la fois. Avec plus de soixante ans de métier, Ellen Burstyn est de ces artistes rares qui traversent les époques sans jamais perdre leur pertinence. À une époque où la célébrité va souvent plus vite que le talent, elle reste un exemple discret mais puissant de ce qu’est une carrière construite avec exigence et cohérence.
Ellen Burstyn et les grands rôles du Nouvel Hollywood
C’est dans les années 1970 que Ellen Burstyn connaît ses rôles les plus marquants, à commencer par The Last Picture Show (La Dernière Séance, 1971), de Peter Bogdanovich, où elle impose déjà une présence à la fois élégante et tourmentée. Le film marque le début de sa reconnaissance critique, mais ce n’est qu’un avant-goût de ce qui suivra.
En 1973, elle incarne Chris MacNeil, la mère dépassée de la fillette possédée dans The Exorcist, film culte de William Friedkin qui bouleverse autant les spectateurs que les codes du cinéma d’horreur. Sa performance est empreinte d’un mélange rare de détresse maternelle, de lucidité et de force intérieure, qui tranche avec le ton spectaculaire du film.
L’année suivante, Ellen Burstyn remporte l’Oscar de la meilleure actrice pour Alice Doesn’t Live Here Anymore de Martin Scorsese, où elle incarne une veuve cherchant à reconstruire sa vie. Un rôle féministe avant l’heure, qu’elle a elle-même contribué à façonner en choisissant le réalisateur, encore peu connu à l’époque, et en imposant une vision plus réaliste des femmes de son temps. Ce n’est pas qu’un rôle bien joué : c’est un rôle pensé, vécu, défendu.
Une carrière multiforme, de Broadway à la télévision
Si le cinéma lui offre une place de choix, Ellen Burstyn n’a jamais délaissé les planches. Elle a été une figure active du théâtre américain, remportant un Tony Award et devenant l’une des rares actrices à avoir été récompensée dans les trois grands médias : cinéma, télévision et théâtre.
Elle a également marqué le petit écran, notamment dans des séries comme Big Love, Political Animals, ou encore House of Cards, où elle incarne des personnages secondaires puissants, souvent chargés de mémoire, d’expérience, et de cette sagesse douce-amère qui traverse l’œuvre de Ellen Burstyn.
Et puis il y a Requiem for a Dream (2000), film coup-de-poing de Darren Aronofsky, dans lequel elle joue une vieille femme solitaire, accrochée à l’espoir d’un passage à la télévision, glissant lentement dans la dépendance aux amphétamines. Ce rôle lui vaut une nouvelle nomination aux Oscars, vingt-cinq ans après sa première. Une performance glaçante, profondément humaine, qui a bouleversé toute une génération de spectateurs.
Une figure engagée, discrète mais résolue
Au-delà de ses rôles, Ellen Burstyn est aussi une femme engagée. Elle a été présidente de l’Actors Studio, institution mythique de formation des acteurs aux États-Unis, où elle a œuvré à préserver un certain héritage de jeu basé sur la vérité émotionnelle. Elle a toujours défendu une vision exigeante de son métier, sans jamais céder à la facilité.
Elle a également publié une autobiographie, Lessons in Becoming Myself, dans laquelle elle revient sur une vie marquée par des traumatismes personnels, mais aussi par une quête spirituelle constante. On y découvre une Ellen Burstyn bien plus complexe que son image d’icône hollywoodienne : une femme profondément introspective, qui a exploré plusieurs traditions spirituelles, y compris le soufisme et le bouddhisme, dans une recherche sincère de sens.