Eli Roth
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Détails
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| Filmographie | 21 films |
Biographie
Eli Roth, né le 18 avril 1972 à Newton, dans le Massachusetts (États-Unis), est un réalisateur, scénariste, producteur et acteur américain. Connu pour son goût prononcé pour le sang, la provocation et les références au cinéma d’exploitation, Eli Roth s’est imposé comme l’une des figures les plus reconnaissables du renouveau du film d’horreur au début des années 2000.
Cinéphile obsessionnel, fan revendiqué de films gore et de séries B, Eli Roth fait partie de cette génération de réalisateurs nourris à la VHS et aux classiques des années 1970–80, qui ont su transformer leur passion en univers propre. Et si certains le considèrent comme un provocateur gratuit, d’autres y voient un artisan sincère du genre, qui n’a jamais tenté de lisser son style pour plaire au plus grand nombre.
Un premier coup d’éclat avec Cabin Fever
Après plusieurs années de galère, marquées par des petits boulots et des projets avortés, Eli Roth se fait remarquer en 2002 avec Cabin Fever, un film d’horreur indépendant qu’il écrit et réalise avec un budget modeste. Inspiré des classiques du genre (The Evil Dead, The Thing, Deliverance), le film raconte l’histoire d’un groupe de jeunes confrontés à une mystérieuse infection dans une cabane isolée.
Entre gore assumé, humour noir et références appuyées, Cabin Fever divise mais ne passe pas inaperçu. Il devient un succès surprise au box-office, et offre à Eli Roth son ticket d’entrée dans le cercle restreint des réalisateurs d’horreur qui comptent. À partir de là, son nom est solidement associé à un certain goût pour l’excès graphique et une narration brutale, sans fioritures.
Hostel : le film qui fait basculer Eli Roth dans la controverse
C’est avec Hostel (2005) que Eli Roth franchit un cap, et pas des moindres. Produit par Quentin Tarantino, ce film plonge trois touristes américains dans un cauchemar où le tourisme sexuel et la torture deviennent monnaie courante. Le concept est simple, mais redoutablement efficace : montrer, sans détour, la brutalité humaine dans ce qu’elle a de plus crue.
Avec Hostel, Eli Roth s’attire autant de louanges que de critiques virulentes. Le film est accusé de complaisance dans la violence, certains parlent même de "torture porn", un label qu’il rejette tout en assumant totalement son style. Le succès du film donne lieu à une suite, Hostel: Part II (2007), tout aussi radicale, où il inverse les rôles et donne davantage de place à des personnages féminins, sans pour autant réduire le niveau de brutalité graphique.
Que l’on adhère ou pas, Eli Roth est désormais installé comme un réalisateur qui dérange, mais qui vend. Son style devient une marque à part entière : caméra nerveuse, violence frontale, humour grinçant et clin d’œil constant à la culture pop horrifique.
Acteur, producteur, animateur : un Eli Roth multicasquette
En plus de réaliser, Eli Roth s’amuse souvent à apparaître devant la caméra. On le retrouve notamment dans Inglourious Basterds (2009) de Quentin Tarantino, où il incarne Donny Donowitz, surnommé le « Bear Jew », un rôle aussi violent que mémorable. Cette participation scelle encore davantage son lien avec Tarantino, dont il partage un certain goût pour le cinéma décomplexé et les dialogues acides.
Il prête également son image à d’autres films et séries, souvent dans des rôles secondaires ou caméos, parfois tout simplement pour le plaisir de jouer. Mais son implication ne s’arrête pas là : Eli Roth produit plusieurs films (comme The Last Exorcism) et développe des séries documentaires autour de l’histoire de l’horreur, notamment Eli Roth’s History of Horror, diffusée sur AMC, dans laquelle il explore les grandes figures et sous-genres de l’horreur avec un sérieux… presque universitaire.
Des films inégaux mais toujours signés Eli Roth
Après Hostel, Eli Roth varie les expériences, avec plus ou moins de succès. The Green Inferno (2013), tourné en Amazonie, rend hommage aux films de cannibales italiens des années 1980, en particulier Cannibal Holocaust. Le film, tourné dans des conditions extrêmes, est fidèle à l’ADN Roth : provocateur, sanglant, frontal, et volontairement malaisant.
Il enchaîne avec Knock Knock (2015), un thriller psychologique où deux jeunes femmes séduisent un père de famille (interprété par Keanu Reeves) avant de transformer sa vie en enfer. Plus récemment, il s’essaie à un cinéma plus "familial" avec The House with a Clock in Its Walls (2018), une curiosité dans sa filmographie, bien accueillie, qui prouve que Eli Roth peut moduler son style sans le renier totalement.
En 2023, il signe Thanksgiving, un slasher sanglant inspiré d’une fausse bande-annonce diffusée dans Grindhouse (2007). Avec ce projet, Eli Roth boucle la boucle, revenant à un cinéma d’exploitation pur jus, entre second degré assumé et séquences graphiques outrancières.
Un passionné du genre plus qu’un simple provocateur
On pourrait facilement réduire Eli Roth à son goût pour le gore et le choc, mais ce serait passer à côté de sa culture cinématographique impressionnante. Cinéphage vorace, il connaît ses classiques sur le bout des doigts, de Massacre à la tronçonneuse à Suspiria, en passant par les perles les plus obscures de l’horreur italienne ou japonaise.
Cette passion transparaît dans son travail, dans ses interviews et dans ses projets annexes. Il ne cherche pas à révolutionner le genre, mais à lui rendre hommage à sa façon, en assumant pleinement les codes, quitte à les pousser à l’extrême. En cela, Eli Roth est peut-être moins un provocateur qu’un pur produit du genre qu’il affectionne tant.
Filmographie
21 sur 21 films