Édouard Baer
- Casting
- Réalisation
Détails
| Âge |
|
Nationalité |
|---|---|
| Filmographie | 8 films |
Biographie
Édouard Baer, né le 1er décembre 1966 à Paris, est un acteur, réalisateur, auteur, metteur en scène, mais aussi animateur radio. En somme, un touche-à-tout insaisissable du paysage culturel français, à mi-chemin entre le poète urbain et le comédien lunaire.
Avec sa voix traînante, son débit torrentiel et son élégance bohème, Édouard Baer a inventé une forme d’art bien à lui : celui du monologue divaguant, de la pensée qui saute du coq à l’âne avec classe et ironie. Mais sous ses airs d’éternel improvisateur se cache une carrière solide, un homme de lettres habité par le théâtre, et un artiste pour qui l’humour n’est jamais un but mais un moyen. De divertir, certes, mais surtout de raconter l’époque avec légèreté… et un brin de mélancolie.
Des débuts radiophoniques à l’explosion théâtrale
Édouard Baer suit une formation au Cours Florent, où il rencontre Isabelle Nanty, Agnès Jaoui ou encore Jean-Pierre Bacri. Très vite, il impose un style inimitable : nonchalant, bavard, fluide, entre Diderot et Devos. C’est à la radio qu’il fait ses premières armes, notamment sur Radio Nova, où il co-anime La Grosse Boule dans les années 90, une émission où l’improvisation est reine, et où naît déjà ce ton si particulier, entre absurde maîtrisé et digressions savoureuses.
Le théâtre n’est jamais bien loin. Édouard Baer écrit, met en scène et joue, souvent avec des amis proches comme Atmen Kelif. Ses spectacles sont des objets hybrides, entre cabaret, journal intime et laboratoire d’idées. Il ne joue pas, il partage une pensée en mouvement. Le public suit, ou pas, mais lui avance. Lentement, parfois à reculons, mais toujours avec panache.
Le cinéma et l’art de briller sans effort (ou presque)
Si Édouard Baer n’a jamais été une « star de cinéma » au sens strict, il est pourtant l’un des visages les plus singuliers du grand écran français depuis la fin des années 90. Il est révélé au grand public dans La Bostella de Édouard Baer (eh oui, il s’auto-met en scène très tôt), puis surtout dans Mensonges et trahisons de Laurent Tirard, et bien sûr, en Otis dans Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre. Ce rôle de scribe inspiré et en roue libre devient culte. « Il est 7h02, Otis, j’ai pas sommeil », cette simple réplique suffit à réveiller la mémoire collective.
Au cinéma, Édouard Baer incarne souvent des personnages bavards, désabusés, charmeurs à contre-emploi, un peu paumés mais lucides. Son jeu est tout en décalage contrôlé. Il ne force rien, il laisse venir. Il a tourné avec Alain Chabat, Michel Gondry, Jean-Paul Rappeneau, mais aussi porté des films plus personnels, comme Miam Miam ou Ouvert la nuit, où il réalise, écrit et joue avec une liberté qui n’appartient qu’à lui.
Il est de ceux qui ne cherchent pas le rôle principal à tout prix, mais dont la seule présence peut donner une âme à un film. Un second rôle qui capte toute la lumière, souvent sans le vouloir. Ou alors en le faisant croire.
L’homme de théâtre, fidèle à la scène et au verbe
Le théâtre reste le lieu où Édouard Baer s’exprime le plus librement. Il y joue souvent ses propres textes, mêlant autobiographie, méditation existentielle et humour absurde. Des spectacles comme À la française ou Les Élucubrations d’un homme soudain frappé par la grâce sont pensés comme des invitations au voyage, mais sans destination précise. On y entend du Baer pur jus : ironique, sensible, toujours un peu à côté de ses pompes, mais jamais à côté de son époque.
Il y parle de liberté, de beauté, de l’envie d’échapper aux rôles tout faits, aux certitudes qui anesthésient. Il cite des poètes, il digresse, il charme. On ressort avec des questions, rarement des réponses. Et c’est sans doute pour ça qu’on y revient.
Filmographie
8 sur 8 films