Donald Pleasence

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Filmographie 12 films

Biographie

Donald Pleasence, né le 5 octobre 1919 à Worksop, dans le Nottinghamshire (Angleterre), et mort le 2 février 1995 à Saint-Paul-de-Vence, dans le sud de la France, est l’un de ces acteurs qu’on ne confond avec personne. Chauve, regard perçant, voix posée et diction presque hypnotique, Donald Pleasence a marqué le cinéma international dans des rôles souvent inquiétants, ambigus, voire glaçants. Acteur de théâtre, de télévision, de films d’auteur comme de séries B, il incarne à lui seul l’art du second rôle saisissant, celui qu’on n’oublie jamais, même quand il n’a que quelques minutes à l’écran.

Du théâtre shakespearien aux plateaux de guerre

Avant de devenir un visage du cinéma, Donald Pleasence s’est formé sur les planches. Acteur classique, il débute dans le théâtre britannique d’après-guerre, avec une prédilection pour Shakespeare et les rôles à forte densité psychologique. Mais la Seconde Guerre mondiale interrompt son parcours : il s’engage dans la Royal Air Force, est capturé par les Allemands et passe du temps dans un camp de prisonniers. Une expérience marquante, dont il parlera peu, mais qui semble avoir nourri cette profondeur sombre qu’il transporte ensuite dans ses rôles.

À son retour, il reprend sa carrière d’acteur et s’oriente rapidement vers le cinéma et la télévision. Dès les années 1950, il enchaîne les apparitions, souvent dans des rôles de personnages troubles, manipulateurs ou brisés. Ce ne sont pas des héros, ni même des méchants caricaturaux, mais des figures dérangeantes, parfois pathétiques, souvent imprévisibles.

The Great Escape, le rôle qui attire la lumière

Pour le grand public, Donald Pleasence devient vraiment visible avec The Great Escape (La Grande Évasion, 1963), dans lequel il joue Blythe, un prisonnier de guerre britannique devenu aveugle. Un rôle poignant, en contraste total avec la virilité rugissante des autres protagonistes, et qui montre une autre facette du conflit : la vulnérabilité, la perte de contrôle, la dignité malgré tout.

Il y partage l’affiche avec Steve McQueen et James Garner, mais s’impose par sa sobriété et sa fragilité. À ce moment-là, Donald Pleasence entre dans une nouvelle phase de sa carrière : celle de l’acteur que l’on vient chercher pour donner de la gravité à des rôles autrement secondaires.

L’œil froid du docteur dans Halloween

En 1978, Donald Pleasence entre dans une autre légende du cinéma, cette fois du côté de l’horreur : il incarne le Dr. Sam Loomis dans Halloween de John Carpenter. Psychiatre obsessionnel, convaincu que Michael Myers est le mal incarné, il devient l’opposant quasi mystique du tueur masqué. Le film connaît un succès colossal et relance la carrière de Pleasence auprès d’un public plus jeune.

Il reviendra dans cinq films de la franchise, devenant l’un des piliers de cette saga horrifique. Ce personnage, à la fois savant rationnel et prophète apocalyptique, incarne parfaitement le style de Donald Pleasence : une interprétation tendue, théâtrale, mais toujours contrôlée, qui donne de la profondeur à un genre souvent décrié.

L’un des meilleurs méchants de cinéma… sans jamais forcer

Ce n’est pas un hasard si Donald Pleasence est choisi pour jouer Blofeld dans You Only Live Twice (On ne vit que deux fois, 1967), l’un des premiers visages de l’ennemi juré de James Bond. Son interprétation, toute en froideur clinique, crée un archétype de méchant de film d’espionnage — tellement marquant qu’il sera ensuite parodié des dizaines de fois, notamment dans Austin Powers avec le fameux Dr. Evil.

Mais ce n’est jamais un méchant tape-à-l’œil. Il n’a pas besoin de crier ou de grimacer. Son autorité passe par le silence, la précision des mots, l’économie des gestes. Il pourrait jouer un comptable ou un bourreau, et dans les deux cas, il serait aussi fascinant que troublant.

Un artisan infatigable, parfois à la lisière du nanar

Entre les années 1970 et 1990, Donald Pleasence tourne énormément. Des chefs-d’œuvre comme Cul-de-sac de Roman Polanski, des films de genre comme Prince of Darkness, également de John Carpenter, mais aussi une quantité impressionnante de films mineurs, voire franchement oubliables. Ce n’est pas un acteur snob, ni sélectif à outrance : il aime tourner, point.

Résultat : on le retrouve dans des films d’horreur fauchés, des thrillers improbables, des téléfilms aux scénarios tirés par les cheveux… et pourtant, Donald Pleasence y met toujours le même sérieux. Même dans un rôle caricatural, même dans une production modeste, il garde sa concentration, son regard perçant, et cette diction qui rend chaque phrase plus inquiétante qu’elle ne devrait l’être.

Un héritage singulier et durable

Quand Donald Pleasence s’éteint en 1995, c’est une page du cinéma de genre britannique et américain qui se tourne. Il laisse derrière lui une filmographie vertigineuse, avec plus de 200 rôles au compteur, dont beaucoup restent ancrés dans la mémoire collective.

Il n’a jamais été une tête d’affiche à la manière des grandes stars hollywoodiennes, mais il a été un pilier, un point d’ancrage, un contrepoint essentiel dans presque tous les films où il apparaît. Et surtout, il a su créer une figure d’acteur immédiatement reconnaissable, sans jamais tomber dans l’auto-caricature.

À l’heure où les "méchants" de cinéma deviennent de plus en plus bruyants et numériques, Donald Pleasence reste un modèle d’intensité mesurée. L’angoisse, chez lui, vient du calme. Le danger, de l’obsession tranquille. Et le talent, de cette capacité à ne jamais en faire trop… tout en étant inoubliable.

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