Djamel Bensalah
- Réalisation
- Écriture
Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 3 films |
Biographie
Djamel Bensalah, né le 7 avril 1976 à Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, est un réalisateur, scénariste, producteur et parfois acteur français. Issu d’une famille d’origine algérienne, il fait partie de cette génération de cinéastes apparue à la fin des années 1990, qui ont voulu dépoussiérer la comédie française, en y injectant une énergie neuve, une tonalité urbaine, et surtout une bonne dose d’autodérision.
Si son nom reste surtout associé à des comédies populaires, souvent ensoleillées et généreuses, Djamel Bensalah a su bâtir, au fil des années, une filmographie cohérente, tournée vers le divertissement accessible, mais jamais dénué de messages ou de sous-texte social. Il incarne cette veine du cinéma français qui, sans renier ses racines de quartier, assume pleinement sa vocation de cinéma grand public.
Une entrée dans le cinéma par l’écriture et le court-métrage
Comme beaucoup d’autodidactes du 7e art, Djamel Bensalah commence par l’écriture de scénarios et la réalisation de courts-métrages. Il se fait remarquer en 1995 avec Le Péril jeune arabe, un court remarqué qui pose déjà les bases de son ton : comique, ancré dans la réalité des banlieues, et souvent inspiré par ses propres observations du quotidien.
C’est surtout en 1999 qu’il passe au long métrage avec Le Ciel, les Oiseaux... et ta mère !, une comédie à petit budget, pleine d’énergie et d’amitié, qui met notamment en lumière un jeune Jamel Debbouze dans un de ses premiers grands rôles. Le film devient culte dans certains cercles, et impose Djamel Bensalah comme un nom à suivre dans la nouvelle vague des comédies urbaines françaises.
La comédie comme outil de rassemblement
Les années 2000 marquent l’entrée de Djamel Bensalah dans la cour des grands de la comédie populaire française. Il réalise Il était une fois dans l’Oued (2005), avec Julien Courbey et Fellag, une comédie culturelle et identitaire sur un jeune Blanc qui se prend pour un "rebeu", dans un mélange de clichés retournés et de bons sentiments. Le film joue avec les stéréotypes pour mieux les désamorcer, avec un humour qui divise, mais qui séduit un large public.
S’ensuivent des films comme Neuilly sa mère ! (2009), qui devient son plus gros succès public. Avec ce film, Djamel Bensalah raconte le choc culturel d’un ado de banlieue envoyé chez ses cousins huppés à Neuilly-sur-Seine. Le contraste social est le ressort comique principal, mais au-delà de la farce, le film dresse un portrait léger mais pertinent des clivages français, à travers une galerie de personnages bien campés.
Il signera d’ailleurs une suite, Neuilly sa mère, sa mère ! en 2018, qui retrouve les personnages plusieurs années plus tard, sur fond de crise politique et de retour aux origines. Moins bien reçu que le premier, le film reste dans la continuité de son travail : faire rire sans perdre de vue les enjeux sociaux.
Un regard populaire, mais pas dépolitisé
Djamel Bensalah fait partie de ces cinéastes qui parlent au plus grand nombre sans renoncer à parler de quelque chose. Son cinéma met en scène la France des mixités, des quartiers, des décalages culturels, tout en essayant de fédérer autour du rire. Il ne cherche pas à faire un cinéma militant, mais son regard reste ancré dans le réel, avec une volonté claire de représenter des personnages rarement mis au centre du récit dans les années 1990-2000.
Ses films abordent souvent l’intégration, les origines, la transmission, ou les tensions sociales, mais toujours dans un cadre accessible, rythmé, où l’humour sert de passerelle. Cette démarche lui vaut une certaine reconnaissance chez le public, même si la critique a souvent regardé son œuvre avec condescendance, en raison de son ancrage populaire.
Un producteur et un découvreur de talents
Au-delà de la réalisation, Djamel Bensalah s’investit aussi en tant que producteur. Il soutient des projets de jeunes auteurs, joue un rôle dans la mise en lumière de nouveaux visages du cinéma, notamment d'origine maghrébine ou issus des quartiers populaires. À travers sa société K.R.A.C. Productions, il cherche à défendre une vision ouverte et inclusive du paysage audiovisuel français.
Il a ainsi contribué à faire émerger ou confirmer des comédiens comme Samy Seghir, Booder, Ramzy Bedia, ou encore Lucien Jean-Baptiste dans certains projets. Ce rôle de passeur est rarement mis en avant, mais il fait de lui une figure respectée dans les coulisses du cinéma populaire.
Une trajectoire fidèle à ses convictions
Malgré les hauts et les bas du box-office, Djamel Bensalah continue d’explorer un territoire qu’il connaît bien : celui des identités plurielles, des différences de classe, et des comédies sociales à hauteur de gens. Il n’a jamais cédé à la tentation de la mode ou des grosses productions aseptisées, préférant des récits simples, accessibles, et souvent portés par des jeunes comédiens ou des acteurs issus de la diversité.
Il reste fidèle à une idée de cinéma chaleureux, énergique, et accessible, sans prétention, mais jamais sans intention. Si son style peut sembler daté à certains, il continue pourtant de remplir les salles, de faire rire, et de tendre un miroir, déformant, certes, mais pas vide.
Filmographie
3 sur 3 films