Derek Jacobi

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Détails

Âge
Nationalité
Filmographie 12 films
Récompense 1 nomination et 0 victoire

Biographie

Derek Jacobi est né le 22 octobre 1938 à Leytonstone, un quartier de l’Est de Londres, au Royaume-Uni. Issu d’un milieu modeste, son père était marchand de tabac et sa mère secrétaire, il se découvre très tôt une passion pour le théâtre. Une passion si vive qu’elle le propulse jusqu’à Cambridge, où il décroche une bourse et devient rapidement l’un des jeunes comédiens les plus prometteurs de sa génération.

On ne le sait pas toujours, mais c’est là qu’un certain Trevor Nunn, futur directeur de la Royal Shakespeare Company, repère Derek Jacobi. La suite ? Une vie entière consacrée au jeu, dans toutes ses formes. Ce n’est pas un acteur “bankable” au sens hollywoodien du terme, mais Derek Jacobi est ce qu’on appelle un “acteur de légende” au Royaume-Uni. Et pas seulement là-bas. Il incarne l’école britannique dans ce qu’elle a de plus noble : diction impeccable, formation shakespearienne, présence scénique imposante. S’il est souvent associé au théâtre, il a pourtant traversé les décennies avec une étonnante agilité, du petit écran à la scène, en passant par le cinéma international.

I, Claudius, Hamlet et l’art de faire parler le passé

La première grande reconnaissance publique de Derek Jacobi vient avec I, Claudius (1976), série britannique de la BBC devenue culte. Il y incarne l’empereur Claude, bègue, effacé en apparence, mais redoutablement intelligent. Un rôle complexe, tout en nuances, qui lui vaut un BAFTA et une popularité durable au Royaume-Uni. Ce rôle installe aussi un archétype qu’il incarnera souvent par la suite : celui de l’homme lettré, raffiné, parfois manipulateur, souvent en décalage avec le monde qui l’entoure.

Au théâtre, il enchaîne les grandes tragédies de Shakespeare, avec une aisance qui frôle parfois l’irrévérence tant elle semble naturelle. Son Hamlet est considéré comme l’un des plus marquants de son époque. Il joue aussi Lear, Prospero, Richard II, sans jamais se laisser écraser par le poids des figures classiques. Il les habite avec une précision presque chirurgicale, tout en laissant passer une forme d’humour discret, qui n’appartient qu’à lui.

Une carrière au long cours, entre prestige britannique et incursions internationales

Si Derek Jacobi a toujours été fidèle au théâtre britannique, il ne s’est jamais enfermé dans une tour d’ivoire. Il apparaît dans des films hollywoodiens comme Gladiator, où il incarne Gracchus, sénateur romain à la voix douce mais aux idées tranchantes. On le retrouve également dans des productions plus confidentielles comme The Riddle ou Dead Again, dans lesquelles il peut jouer sur sa voix grave, sa gestuelle précise, et son éternel regard malicieux.

À la télévision, Derek Jacobi revient régulièrement sous des formes très diverses. Il joue notamment dans Cadfael, série médiévale dans laquelle il incarne un moine détective, un Sherlock Holmes avant l’heure, version bénédictine. Plus récemment, on l’a vu dans des séries comme Vicious, où il joue un homme ouvertement gay aux côtés d’Ian McKellen, avec un plaisir évident à casser son image de gentleman classique. Un duo d’acteurs seniors qui n’a rien perdu de sa verve, ni de sa précision comique.

Derek Jacobi, un acteur qui ne joue jamais à moitié

Le jeu de Derek Jacobi repose sur une combinaison rare : une technique redoutable acquise sur les planches les plus exigeantes du monde, et une capacité sincère à se laisser habiter par ses rôles. Il n’en fait jamais trop, mais il ne retient jamais l’émotion non plus. Tout semble millimétré, mais jamais froid. C’est ce mélange qui le rend si captivant, même dans les rôles secondaires ou les apparitions brèves.

En parallèle de son immense carrière, Derek Jacobi a aussi été un défenseur actif des arts, de la culture et de la diversité. Ouvertement gay, en couple de longue date, il a toujours assumé son orientation sans en faire un drapeau, mais sans jamais se cacher non plus. Il incarne une génération d’acteurs pour qui la dignité n’était pas une posture, mais un mode de vie.

Anobli par la Reine en 1994, Sir Derek Jacobi reste à ce jour l’un des plus grands représentants de la tradition dramatique britannique, tout en étant un homme de son temps. Il continue de jouer, de prêter sa voix, d’apparaître là où on ne l’attend pas forcément. Et c’est peut-être ça, sa plus grande force : une longévité construite non sur la répétition, mais sur le renouvellement.

Filmographie

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