Denden
- Casting
Détails
| Autres noms | でんでん Yoshihiro Ogata 緒方 義博 |
|---|---|
| Âge |
|
Nationalité |
| Filmographie | 7 films |
Biographie
Denden est un acteur japonais né le 23 janvier 1950 à Chikushino, dans la préfecture de Fukuoka. Longtemps resté dans les marges du star-system nippon, Denden est pourtant une figure familière du cinéma et de la télévision au Japon, où il s’est forgé une réputation d’acteur polyvalent, capable d’endosser aussi bien les rôles comiques que les personnages les plus sombres.
Il commence sa carrière dans les années 1980, souvent cantonné à des rôles de soutien, mais c’est avec la maturité que Denden se révèle pleinement, notamment grâce à une collaboration décisive avec le réalisateur Sion Sono, qui lui offre un personnage glaçant dans Cold Fish. Depuis, il est salué pour sa capacité à incarner la banalité inquiétante, les figures troubles et les pères en perdition, tout en gardant une sincérité désarmante.
Des débuts marqués par la comédie et la télévision
Avant de devenir acteur, Denden débute dans le monde du divertissement comme comique et personnalité télévisée. Il participe à des programmes humoristiques, une entrée en matière qui façonne son sens du rythme et son naturel devant la caméra. Ce n’est qu’un peu plus tard qu’il se tourne vers le jeu dramatique, d’abord à la télévision, puis au cinéma, dans des petits rôles où il fait souvent office de voisin maladroit, de collègue fatigué ou de fonctionnaire lunaire.
Son physique ordinaire, sa diction douce, son regard parfois fuyant en font un comédien de l'anti-spectaculaire, ce qui au Japon est souvent un atout : il peut jouer n’importe qui, sans jamais forcer l’identification. C’est dans cette sobriété que Denden installe sa puissance, une présence discrète mais crédible, immédiate, presque familière.
Cold Fish : la révélation au-delà des frontières
La carrière de Denden prend un tournant brutal et radical en 2010 lorsqu’il interprète le rôle d’un serial killer manipulateur dans Cold Fish, film de Sion Sono inspiré d’un fait divers sordide. Le contraste entre son allure bonhomme et la cruauté de son personnage frappe les spectateurs et les critiques, au Japon comme à l’international.
Dans ce rôle terrifiant, Denden montre une palette de jeu insoupçonnée. Il réussit à insuffler à son personnage une banalité qui rend l’horreur encore plus dérangeante. La performance est saluée dans de nombreux festivals, et pour beaucoup, elle redéfinit l’image de l’acteur, longtemps perçu comme un habitué des seconds rôles légers.
Ce n’est plus seulement un acteur "confortable", c’est désormais un interprète capable d’emmener le public au bord du malaise, sans jamais tomber dans l’excès. Il prouve que sous un visage anodin peut se cacher toute une gamme de contradictions humaines, un talent rare dans un cinéma souvent friand d’archétypes très marqués.
Une filmographie variée et une présence constante
Après Cold Fish, Denden devient un acteur encore plus demandé. Il tourne pour des cinéastes de renom comme Kiyoshi Kurosawa, Takeshi Kitano ou Hirokazu Kore-eda, s’illustrant aussi bien dans des drames familiaux que dans des thrillers psychologiques. Il navigue sans effort entre le cinéma indépendant et les grosses productions, la comédie douce-amère et la tragédie sociale.
Ce qui caractérise sa filmographie, c’est sans doute une certaine constance dans l’exigence. Il ne cherche pas la lumière à tout prix, mais se fond dans chaque projet avec la même rigueur. Il fait partie de ces acteurs japonais qui considèrent le métier avant tout comme un travail collectif, une manière de servir une histoire plutôt que de se mettre en avant.
À la télévision, Denden continue d’apparaître dans des dramas très populaires, jouant des pères désabusés, des chefs de service dépassés, ou des hommes ordinaires confrontés à des situations absurdes. Dans ces rôles, il excelle dans l’art de l’ambiguïté émotionnelle : un soupçon de tristesse derrière une blague, un silence lourd après un sourire poli.
Un acteur qui incarne l’humain, dans ses forces comme ses failles
Ce qui rend Denden si singulier, c’est sa capacité à incarner des personnages profondément humains, souvent imparfaits, rarement héroïques. Il donne chair aux failles, aux lâchetés, aux silences coupables, mais aussi aux élans de tendresse ou de dignité inattendue. Il n’a pas besoin de longs monologues ni de grandes scènes pour marquer un film : un regard, un geste ou une réplique suffit.
Il incarne ainsi une forme d’acteur "à l’ancienne", au service du récit, mais avec une acuité très contemporaine dans son interprétation des contradictions humaines. Pas besoin d’en faire trop, ni de surjouer l’intensité : chez Denden, la vérité passe souvent par ce qui n’est pas dit.
Sa longévité dans un métier exigeant, son évolution vers des rôles plus sombres, son absence totale de prétention en font un acteur respecté, souvent sollicité, et toujours apprécié, même lorsqu’il passe brièvement à l’écran.
Dans un cinéma japonais qui aime les figures atypiques, Denden occupe une place à part : celle de l’acteur caméléon, capable de transformer une scène banale en moment suspendu. Pas une star, mais un pilier.