David R. Ellis

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Filmographie 4 films

Biographie

David Richard Ellis est né le 8 septembre 1952 à Santa Monica, en Californie (États-Unis), et est décédé le 7 janvier 2013 à Johannesburg, en Afrique du Sud, à l’âge de 60 ans. S’il n’est pas forcément un nom familier du grand public, David R. Ellis a pourtant laissé sa marque dans le paysage du cinéma américain, d’abord en tant que cascadeur, puis comme réalisateur de films d’action et de suspense au style direct et assumé. Il est notamment connu pour avoir dirigé plusieurs productions cultes ou... mémées sur Internet, à commencer par Snakes on a Plane, devenu phénomène viral malgré lui.

Les débuts dans l’ombre : cascadeur et coordinateur de l’action

Avant de passer derrière la caméra, David R. Ellis s’est illustré dans les coulisses de l’industrie hollywoodienne comme cascadeur professionnel. Et pas n’importe quel cascadeur : dès la fin des années 1970, il participe à des productions majeures, prêtant son corps aux scènes les plus risquées. Grâce à sa polyvalence et à sa connaissance pointue des mécaniques de l’action, il devient rapidement coordinateur des cascades puis réalisateur de seconde équipe sur des films prestigieux comme Harry Potter à l’école des sorciers, L’Arme fatale, Matrix Reloaded, ou encore Waterworld.

Ce bagage technique, particulièrement solide, va profondément influencer sa manière de réaliser ses propres films. Chez David R. Ellis, l’action n’est jamais gratuite. Elle est toujours lisible, rythmée, et souvent conçue pour avoir un impact immédiat sur le spectateur. Autrement dit, il sait exactement où placer sa caméra quand ça commence à exploser.

Final Destination 2 : le virage vers la réalisation

C’est en 2003 que David R. Ellis passe à la réalisation d’un long-métrage à gros budget avec Final Destination 2. Le film, suite directe du premier volet, s’inscrit dans la même logique de suspense macabre orchestrée par une entité invisible (la fameuse « Mort »), mais avec une mise en scène plus dynamique et inventive. La scène d’ouverture, impliquant un accident d’autoroute devenu mythique, est aujourd’hui encore citée comme un modèle du genre.

Le succès du film assoit immédiatement David R. Ellis comme un réalisateur de thrillers efficaces, capable de marier horreur et spectacle avec une certaine virtuosité visuelle. Il reviendra à la franchise quelques années plus tard avec The Final Destination (le quatrième opus), où l’accent est mis sur la 3D, à la mode à l’époque, et sur une surenchère sanglante plutôt assumée.

Snakes on a Plane : entre série B assumée et phénomène culte

En 2006, David R. Ellis réalise ce qui reste sans doute son film le plus connu (ou le plus moqué, selon le point de vue) : Snakes on a Plane. L’idée est simple, presque absurde : des serpents venimeux sont lâchés dans un avion de ligne pour empêcher un témoin protégé par le FBI (incarné par Samuel L. Jackson) d’arriver à bon port. Le concept, aussi improbable que réjouissant, attire rapidement l’attention d’Internet. Avant même sa sortie, le film devient un phénomène viral, notamment grâce à son titre volontairement basique, mais aussi grâce à une ligne de dialogue culte proférée par Jackson, ajoutée à la dernière minute sous la pression des fans en ligne.

La sortie du film, malgré l’engouement sur la Toile, est un demi-échec commercial, mais Snakes on a Plane reste depuis une référence de la série B décomplexée, à mi-chemin entre le pastiche et l’hommage. Et au fond, c’est exactement ce que David R. Ellis savait faire : des films qui ne se prennent pas trop au sérieux, mais qui sont exécutés avec un vrai savoir-faire technique.

Un style direct, sans prétention, au service du spectacle

Ce qui définit la patte de David R. Ellis, ce n’est pas une grande vision d’auteur ni une approche introspective du cinéma. C’est l’efficacité, pure et simple. Son style repose sur un montage nerveux, une attention particulière portée aux cascades (sans surprise), et un sens très clair du rythme narratif. Ses films ne s’embarrassent pas de sous-texte ou de surenchère dramatique inutile. Ils veulent divertir, maintenir la tension, et parfois jouer avec les nerfs du spectateur. Rien de plus, rien de moins.

Cette approche, un peu à contre-courant des films d’horreur psychologiques ou des thrillers torturés, lui a parfois valu d’être classé dans la catégorie des artisans plutôt que des artistes. Mais c’est justement ce statut d’artisan du genre qui lui permettait de livrer des films à la fois accessibles, rythmés et respectueux des attentes du public.

Une disparition prématurée

David R. Ellis est décédé brutalement en 2013, alors qu’il était en Afrique du Sud pour préparer un nouveau projet, Kite, un film d’action inspiré d’un anime japonais. Sa disparition a été ressentie comme un choc dans le milieu du cinéma de genre, où il était respecté pour sa générosité professionnelle et sa maîtrise technique. Il laisse derrière lui une œuvre courte, mais cohérente, marquée par l’envie de faire du cinéma populaire avec sérieux, mais sans se prendre au sérieux.

Au final, David R. Ellis n’a peut-être jamais été une figure centrale d’Hollywood, mais il a contribué à enrichir un pan du cinéma souvent méprisé à tort : celui du divertissement pur, bien fait, bien rythmé, et parfois un peu barré. Et franchement, ça mérite aussi sa place dans l’histoire du 7e art.

Filmographie

4 sur 4 films

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