David Morrell
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Détails
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| Filmographie | 5 films |
Biographie
David Morrell est né le 24 avril 1943 à Kitchener, dans l’Ontario, au Canada. Écrivain naturalisé américain, professeur de littérature devenu maître du suspense, David Morrell est surtout connu comme le créateur du personnage de Rambo, figure mythique du cinéma d’action… mais née d’un roman beaucoup plus sombre que sa version hollywoodienne. Derrière ce nom associé à la brutalité et à la guerre, il y a un auteur lettré, passionné par la narration, le rythme et les tourments de l’âme humaine.
First Blood : un roman brut, un héros brisé
Le premier roman de David Morrell, First Blood (Rambo en version française), est publié en 1972. Il y raconte l’histoire d’un vétéran du Vietnam, John Rambo, traqué dans une petite ville américaine par un shérif borné et une société incapable de comprendre les séquelles de la guerre. À l’opposé de la figure héroïque et invincible du cinéma, le Rambo du roman est un homme ravagé, marginalisé, instable, dont la violence est autant subie qu’exercée.
Le livre rencontre un succès critique immédiat. Il est salué pour son style tendu, ses dialogues percutants et sa capacité à explorer des thèmes alors très sensibles : le traitement des anciens combattants, la brutalité de l’autorité, la mémoire du Vietnam encore vive. Le personnage de Rambo, conçu à l’origine comme une figure tragique, est destiné à ne pas survivre à la fin du roman. Un choix narratif fort, qui sera évidemment modifié par Hollywood lors de l’adaptation.
De la littérature à l’écran : un succès mondial… mais pas sans malentendus
C’est en 1982 que First Blood est adapté au cinéma, avec Sylvester Stallone dans le rôle principal. Le film connaît un énorme succès commercial et lance une franchise de films d’action ultra-populaires. Mais pour David Morrell, cette adaptation est à double tranchant : elle propulse son œuvre dans la culture populaire mondiale, mais en transforme aussi radicalement le sens.
Dans les romans suivants (notamment Rambo II et Rambo III), David Morrell revient à la plume pour écrire des novélisations des suites cinématographiques, intégrant les nouvelles dimensions du personnage tout en essayant de lui rendre un peu plus de profondeur. Un exercice d’équilibriste entre fidélité artistique et réalités commerciales.
Il assume ce virage, sans jamais renier les films, mais il continue d’affirmer que le Rambo originel était une figure tragique, et non une machine de guerre triomphante. Il a d’ailleurs souvent souligné, avec une pointe d’ironie, que nombre de lecteurs découvrent encore aujourd’hui First Blood en pensant retrouver Stallone… et tombent sur un roman beaucoup plus sombre et ambigu.
Un maître du thriller littéraire, au-delà de Rambo
Si First Blood reste son œuvre la plus célèbre, David Morrell a publié plus d’une trentaine de romans, souvent classés dans le thriller, le suspense ou l’action psychologique. Il explore dans ses livres les thèmes de l’identité, du deuil, de la mémoire, et parfois même du mysticisme. Son style est fluide, tendu, accessible mais riche — typique d’un écrivain qui connaît les ressorts du suspense sur le bout des doigts.
Parmi ses œuvres les plus notables, on peut citer The Brotherhood of the Rose (adapté en mini-série), Assumed Identity, Creepers (qui a remporté le prix Bram Stoker), ou encore la trilogie Victoriana inspirée de l’époque de Dickens et Conan Doyle, notamment Murder as a Fine Art.
À chaque fois, David Morrell met un point d’honneur à effectuer des recherches poussées. Pour écrire sur les opérations secrètes, il a étudié les techniques du renseignement. Pour décrire la guerre, il s’est plongé dans les témoignages de soldats. Sa rigueur documentaire est l’un des piliers de son succès.
Une vie marquée par la littérature, mais aussi par le deuil
Outre ses romans, David Morrell a également eu une carrière universitaire : il a été professeur de littérature anglaise à l’université du Nouveau-Mexique pendant de nombreuses années. Il connaît donc aussi bien Shakespeare que Stephen King, et cela se sent dans sa manière d’écrire : efficace, mais toujours élégante.
Il a aussi été marqué par la perte de son fils, tué à l'âge de 15 ans par un cancer des os. Ce drame personnel a influencé plusieurs de ses livres, notamment Desperate Measures, où la douleur du deuil est explorée en toile de fond d’un récit tendu. Une manière pour David Morrell de transformer une épreuve intime en moteur de création.