David Hess

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Filmographie 3 films

Biographie

David Hess, né le 19 septembre 1936 à New York (États-Unis) et décédé le 7 octobre 2011 à Tiburon, Californie, est une figure à la fois méconnue et culte du paysage artistique américain. Auteur-compositeur à ses débuts, il s’est ensuite imposé comme un acteur marquant du cinéma d’exploitation et de l’horreur des années 1970–1980, notamment grâce à des rôles viscéraux et dérangeants. Avec David Hess, on a affaire à un profil atypique, à la frontière du show-business et de la contre-culture, entre la douceur des ballades rock et la brutalité des personnages violents qu’il a incarnés sur grand écran. Une dualité surprenante… et fascinante.

Un premier acte dans la musique, entre tubes et talents cachés

Avant de faire frissonner les spectateurs dans des films à l’ambiance malsaine, David Hess faisait vibrer les radios. Sous le pseudonyme David Hill, il enregistre dès les années 1950 plusieurs titres, dont une version précoce de All Shook Up avant même qu’Elvis Presley ne s’en empare. Ce n’est pas rien, même si la postérité a surtout retenu la reprise du King.

Mais David Hess ne s’arrête pas à l’interprétation. Il écrit aussi pour des artistes aussi variés que Pat Boone ou Andy Williams. Parmi ses compositions les plus connues figure Speedy Gonzales, qui deviendra un tube aux États-Unis.

Il occupe également un rôle stratégique chez Mercury Records, en tant que directeur artistique (A&R), un poste qui montre qu’il connaît aussi bien les rouages de l’industrie que la scène. Bref, au départ, David Hess était tout sauf destiné à devenir l’un des visages les plus inquiétants du cinéma de genre.

Une bascule brutale avec The Last House on the Left

Le changement de cap arrive en 1972. Wes Craven, jeune réalisateur encore inconnu du grand public, le choisit pour interpréter Krug Stillo, le tortionnaire sadique du film The Last House on the Left. Un rôle extrême, sans fard, qui donne le ton : David Hess devient instantanément une icône de l’horreur underground.

Ce film, réalisé avec peu de moyens mais une ambition formelle radicale, choque, divise, mais finit par s’imposer comme un classique du genre. Et Hess y est pour beaucoup : son jeu, tour à tour glaçant et imprévisible, incarne l’horreur à l’état brut. Fait notable, il signe aussi la bande originale du film, ce qui boucle la boucle entre ses deux univers.

Suite à ce succès sulfureux, David Hess continue dans la même veine. Il joue dans Hitch-Hike (1977) aux côtés de Franco Nero, et dans The House on the Edge of the Park (1980), réalisé par Ruggero Deodato, connu pour Cannibal Holocaust. Là encore, il campe un psychopathe inquiétant, presque trop réel. Un genre de rôle qu’il finira presque par personnifier.

Un acteur au registre sombre mais volontairement assumé

La filmographie de David Hess n’est pas gigantesque, mais elle est marquée par une cohérence saisissante : il incarne presque toujours des personnages perturbants, violents, manipulateurs. Et s’il aurait sans doute pu jouer autre chose, il a fait le choix d’assumer pleinement cette noirceur, devenant une référence dans le cinéma de genre européen et américain.

Il faut dire que son physique, grand, sec, le regard intense, et sa voix grave contribuent largement à l’efficacité de ses rôles. Il dégage une présence animale, souvent imprévisible, ce qui donne à ses personnages une crédibilité presque dérangeante.

Ce style très frontal ne plaît pas à tout le monde, mais c’est précisément ce qui a permis à David Hess de devenir une figure culte auprès des amateurs d’horreur extrême.

Compositeur, réalisateur, mentor : un artiste total

Au-delà de son image d’acteur torturé, David Hess n’a jamais quitté le monde de la musique. Il compose encore, joue de la guitare, chante… Il garde cette double identité : acteur de l’ombre et musicien dans l’âme.

Il réalise également un film, To All a Goodnight (1980), un slasher de Noël un peu oublié mais qui marque sa seule tentative de passer derrière la caméra. Un projet modeste, mais révélateur d’un désir de contrôle artistique.

Plus tard, il se tourne vers la transmission, en enseignant le théâtre à de jeunes artistes, notamment à l’California Film Institute. Une démarche humble, loin des projecteurs, mais cohérente avec sa carrière : former ceux qui, comme lui, préfèrent créer que paraître.

Un héritage culte, à la marge mais durable

David Hess ne figurera sans doute jamais dans les grands classements hollywoodiens, mais son empreinte dans le cinéma de genre est indélébile. Il a su marier la création musicale et la performance dramatique dans des œuvres souvent provocantes, parfois dérangeantes, mais toujours singulières.

Son décès en 2011 a marqué la fin d’un parcours singulier, mais a aussi ravivé l’intérêt pour ses rôles les plus marquants. Pour les amateurs de cinéma d’horreur, David Hess reste une figure incontournable, un de ces visages que l’on n’oublie pas, précisément parce qu’ils ne cherchent pas à se faire aimer.

Entre rock’n’roll vintage et horreur viscérale, David Hess a tracé une trajectoire peu commune, ni tout à fait star, ni tout à fait outsider, mais pleinement lui-même.

Filmographie

3 sur 3 films

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