David Hemmings

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Filmographie 10 films

Biographie

David Hemmings est né le 18 novembre 1941 à Guildford, en Angleterre, et décédé le 3 décembre 2003 à Bucarest, en Roumanie. Acteur, réalisateur et producteur, David Hemmings a marqué l’histoire du cinéma britannique, notamment grâce à un rôle devenu emblématique : celui du photographe désabusé dans Blow-Up, chef-d’œuvre d’Antonioni. Mais sa carrière, loin de se résumer à une seule performance, traverse plusieurs décennies, genres et continents, entre éclats publics et passages plus discrets.

Son visage anguleux, son regard énigmatique et son allure nonchalante en ont fait, presque malgré lui, un symbole du cinéma des années 60, époque où l’Angleterre devenait soudain le centre du monde culturel. David Hemmings, lui, n’avait rien prémédité : il a simplement suivi un parcours sinueux, qui commence à l’opéra et finit… sur les plateaux de superproductions hollywoodiennes.

De la voix d’enfant à la voix d’acteur : des débuts musicaux étonnants

Contrairement à beaucoup d’acteurs britanniques de sa génération, David Hemmings ne vient pas du théâtre classique mais… du chant lyrique. Enfant, il est reconnu comme soprano prodige, si bien qu’il chante même sous la direction de Benjamin Britten, qui compose pour lui. Cette période le plonge très tôt dans un univers artistique exigeant, mais il abandonne le chant à l’adolescence, à mesure que sa voix change.

Il se tourne alors vers le jeu, avec d’abord quelques petits rôles dans des films britanniques, souvent dans des registres historiques ou de série B. Mais tout bascule en 1966, lorsqu’il est choisi par Michelangelo Antonioni pour interpréter le rôle principal de Blow-Up. Ce choix étonne : David Hemmings n’est pas encore une star, ni même un acteur très connu, mais sa présence énigmatique correspond parfaitement à l’esprit du film.

Blow-Up, ou comment David Hemmings est devenu le visage du doute moderne

Avec Blow-Up, David Hemmings incarne un photographe de mode londonien qui croit avoir assisté, sans le vouloir, à un meurtre. Ce rôle, à la fois détaché et profondément inquiet, fait de lui une icône du Swinging London, cette époque où Londres devient la capitale mondiale du style, de la musique et du cinéma. Son personnage est autant le témoin d’un monde en mutation que le reflet d’une génération qui doute de tout, y compris d’elle-même.

Le succès du film est immense, et David Hemmings devient, presque instantanément, une figure centrale du nouveau cinéma européen. Il enchaîne ensuite plusieurs productions internationales, souvent avec des réalisateurs audacieux ou dans des projets qui flattent cette image de jeune homme énigmatique et anti-conventionnel. Il joue dans Barbarella aux côtés de Jane Fonda, dans The Charge of the Light Brigade, ou encore dans The Walking Stick, des films où l’on sent son envie de ne pas se laisser enfermer dans une case.

Réalisateur, producteur et homme de l’ombre

Dans les années 1970, David Hemmings ralentit sa carrière d’acteur et passe derrière la caméra. Il réalise plusieurs films, dont The 14, qui remporte un prix à Berlin en 1973, mais ses ambitions de réalisateur ne rencontrent qu’un succès modéré. Il se tourne alors vers la télévision, notamment en Australie, où il travaille sur des séries et des téléfilms. Une période moins visible, mais où il reste actif et créatif.

Ce retrait relatif de la scène internationale ne l’empêche pas de revenir régulièrement au cinéma, souvent dans des seconds rôles. Il apparaît par exemple dans Gladiator (2000), Gangs of New York (2002), ou encore dans La Chute du faucon noir de Ridley Scott. Même si ces rôles sont moins marquants, ils rappellent que David Hemmings n’a jamais complètement quitté les écrans.

Il continue d’ailleurs de tourner jusqu’à la fin de sa vie, et meurt subitement en 2003, en plein tournage, à l’âge de 62 ans. Une sortie presque cinématographique, qui clôt un parcours aussi imprévisible qu’authentique.

Une trajectoire singulière dans l’histoire du cinéma britannique

Difficile de cerner en une phrase l’héritage de David Hemmings. Il a été un enfant star de l’opéra, un acteur culte du cinéma moderne, un réalisateur ambitieux, puis un homme de l’ombre revenu à la lumière en fin de carrière. Mais ce qui reste, au-delà des films, c’est ce mélange de détachement élégant et de vulnérabilité subtile qu’il savait incarner à l’écran.

David Hemmings, par son parcours et ses choix, incarne une certaine idée de la liberté artistique. Il n’a jamais cherché à construire un mythe autour de lui. Il l’a juste traversé, un peu par accident, un peu par curiosité, avec le style désinvolte de ceux qui ne se prennent pas trop au sérieux… même quand ils font l’histoire du cinéma.

Filmographie

10 sur 10 films

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