David DeCoteau
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Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 9 films |
Biographie
David DeCoteau est né le 5 janvier 1962 à Portland, dans l’Oregon. Réalisateur, producteur et scénariste, il est l’un des noms les plus prolifiques (et les plus singuliers) du cinéma de genre indépendant américain, avec à son actif plus de 150 films. Son style, immédiatement reconnaissable, oscille entre films d’horreur, thrillers érotiques, fictions LGBTQ+, films pour ados, et séries B totalement assumées, le tout réalisé avec un budget minimal et une efficacité redoutable.
Des débuts dans le cinéma d’horreur et l’univers Corman
David DeCoteau commence sa carrière dans les années 1980, formé à la “Roger Corman school” du cinéma indépendant, autrement dit, là où on apprend à faire vite, pas cher et plutôt divertissant. Il débute comme assistant sur des productions de série B avant de passer rapidement derrière la caméra. Dès ses premiers films, comme Creepozoids (1987) ou Sorority Babes in the Slimeball Bowl-O-Rama (oui, c’est un vrai titre), il affiche son goût pour le kitsch assumé, les effets spéciaux artisanaux, et un certain mélange de sexe, horreur et humour.
Il travaille également sous plusieurs pseudonymes (comme Julian Breen ou Victoria Sloan), une pratique courante dans les milieux de production à la chaîne, notamment pour différencier ses œuvres selon leur public ou leur ton.
Un style très personnel et souvent homo-érotique
L’un des aspects les plus caractéristiques du cinéma de David DeCoteau, c’est sa façon de mélanger les codes de l’horreur ou du fantastique avec une esthétique homo-érotique revendiquée, parfois subtile, parfois très frontale. Dans des films comme The Brotherhood, Beastly Boyz ou Voodoo Academy, il met en scène de jeunes hommes souvent torse nu, dans des situations à mi-chemin entre le thriller surnaturel et la tension sexuelle sous-jacente.
Ce choix artistique, parfois moqué, a aussi permis à David DeCoteau de créer une niche fidèle dans le public queer, à une époque où les représentations LGBTQ+ dans le cinéma de genre étaient encore très rares. Il a su exploiter cette tension entre codes masculins classiques (le sportif, le militaire, l’étudiant...) et leur détournement par une mise en scène clairement orientée.
Un champion du film à micro-budget
Au fil des années, David DeCoteau devient une machine de production. Il tourne très vite, parfois en quelques jours seulement, souvent dans des lieux réutilisés d’un film à l’autre, et avec un petit groupe d’acteurs récurrents. Cette méthode lui permet de maintenir une cadence impressionnante, avec plusieurs films par an. Il a travaillé avec de jeunes acteurs parfois peu expérimentés, certains devenant ensuite des noms reconnus dans d’autres contextes.
Il s’aventure aussi dans des formats familiaux (avec des films pour enfants ou des séries animalières), dans des films de Noël, dans des thrillers pour chaînes câblées, et même dans de faux documentaires ou des films à l’esthétique volontairement “cheap” et exagérée.
Une figure culte du cinéma Z (et pas seulement pour rire)
Si David DeCoteau est souvent associé au "so bad it’s good", il est aussi devenu, avec le temps, une figure culte. Son style, reconnaissable entre mille, a influencé ou inspiré une partie du cinéma de genre gay ou alternatif. Il ne cherche pas à faire du cinéma d’auteur au sens noble, mais il construit un univers personnel, marginal, avec un ton bien à lui. Cela lui a permis de rester actif dans l’industrie depuis plus de 40 ans, ce qui est loin d’être un mince exploit.
Malgré les critiques récurrentes sur la qualité de ses scénarios ou le jeu de ses acteurs, David DeCoteau ne s’est jamais positionné comme un faiseur de blockbusters, mais comme un artisan du divertissement de niche, entièrement assumé. Il s’adresse à un public bien précis, sans filtre ni prétention, et ça fonctionne.
Un réalisateur à part, au cœur de la contre-culture pop
Le nom de David DeCoteau n’apparaîtra sans doute jamais dans une sélection officielle à Cannes, mais il a conquis un territoire bien à lui, où les genres se croisent avec audace, et où la liberté de ton prime sur les conventions. À sa manière, il incarne une forme de cinéma underground qui continue d’exister à l’écart des projecteurs, dans les catalogues DVD improbables, les soirées films "culte", et les plateformes de streaming en quête de raretés.
Un peu provocateur, souvent kitsch, parfois involontairement comique, David DeCoteau reste une icône underground de cette culture parallèle où le mauvais goût devient parfois, sans le vouloir, un style en soi.
Filmographie
9 sur 9 films