David Carradine

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Filmographie 8 films

Biographie

Né le 8 décembre 1936 à Hollywood, Californie (États-Unis) sous le nom de John Arthur Carradine, David Carradine était un acteur américain issu d'une dynastie de cinéma. Il est le fils de l’acteur John Carradine, figure prolifique du cinéma classique, et le demi-frère de Keith, Robert et Bruce Carradine, tous également acteurs.

Décédé le 3 juin 2009 à Bangkok (Thaïlande) dans des circonstances aussi troubles que médiatisées, il laisse derrière lui une filmographie aussi riche qu’inattendue, oscillant entre philosophie orientale et western spaghetti de seconde zone.

Personnage énigmatique à l’écran comme dans la vie, David Carradine incarne un paradoxe typiquement hollywoodien : celui d’un acteur étiqueté « série B », mais dont certaines prestations ont marqué durablement la culture populaire.

Le rôle culte de Kwai Chang Caine dans Kung Fu

C’est en 1972 que David Carradine atteint une notoriété internationale avec la série télévisée Kung Fu, créée par Ed Spielman. Il y incarne Kwai Chang Caine, un moine shaolin mi-légendaire mi-cowboy, parcourant l’Ouest américain en prêchant la non-violence avec des gestes très lents et des sourcils toujours froncés. La série repose sur un mélange improbable de sagesse orientale et de bagarres au ralenti. Une fusion qui, étonnamment, fonctionne.

Ce rôle devient emblématique, malgré — ou à cause de — la controverse persistante : selon plusieurs sources, le concept initial de Kung Fu aurait été proposé par Bruce Lee, qui se serait vu écarté au profit d’un acteur blanc grimé en sage asiatique. Ce choix de casting est aujourd’hui largement critiqué, mais à l’époque, David Carradine est propulsé au rang de star télé.

Le personnage de Caine colle à la peau de l’acteur pendant toute sa carrière, au point qu’il reprendra ce rôle dans les suites Kung Fu: The Movie (1986), Kung Fu: The Legend Continues (1993-1997), et divers téléfilms où il est tour à tour vieux maître, vagabond mystique et, parfois, simple figurant dans son propre mythe.

Une filmographie foisonnante, entre expérimentations et errances

Quand il ne marche pas pieds nus dans le désert en récitant des proverbes chinois, David Carradine tourne. Beaucoup. Peut-être même trop. Son nom apparaît au générique de plus de 200 films, de tous genres, souvent produits rapidement, avec des moyens limités et des scripts qui sentent la sueur et le café froid. Il enchaîne les films d’action, les thrillers, les westerns, les films de kung-fu — avec une préférence marquée pour ceux qui mêlent spiritualité, vengeance et budget modeste.

Parmi les titres notables : Bound for Glory (1976), dans lequel il incarne le musicien folk Woody Guthrie — l’un de ses rares rôles salués par la critique — ou encore Death Race 2000 (1975), film culte de science-fiction produit par Roger Corman, dans lequel il partage l’affiche avec un tout jeune Sylvester Stallone.

Mais c’est Quentin Tarantino qui, en 2003, le remet sous les projecteurs avec Kill Bill: Volume 1 puis Kill Bill: Volume 2. David Carradine y incarne Bill, mentor ambigu et glaçant de La Mariée, joué par Uma Thurman. Sa voix douce, presque chuchotée, et son charisme froid donnent une densité nouvelle à ce personnage de tueur romantique, poétique et désabusé. Ce rôle offre à David Carradine une seconde vie artistique — et une revanche tardive sur le mépris qu’on réservait parfois à sa carrière.

Vie personnelle : excès, spiritualité et contradictions

La vie de David Carradine est à l’image de ses rôles : torturée, mystique et parfois incohérente. Il se passionne pour la méditation, le taoïsme, le yoga et la pratique des arts martiaux — même si, selon plusieurs experts, son niveau technique réel restait très modeste. Il revendique une philosophie de vie inspirée des sagesses asiatiques, tout en entretenant une image de rebelle à la dérive.

Il publie plusieurs livres mêlant autobiographie et spiritualité (Spirit of Shaolin, Endless Highway), compose de la musique, tourne des films expérimentaux, et s’essaye même à la réalisation. Mais ses démêlés avec la justice, ses problèmes d’addiction et son comportement parfois erratique émaillent sa carrière.

Sa mort en 2009, retrouvée dans une chambre d’hôtel en Thaïlande, fait l’objet de nombreuses spéculations. Officiellement classée comme un accident lié à une pratique sexuelle à risque, elle laisse une impression dérangeante, renforçant l’image d’un homme aussi insaisissable que les rôles qu’il incarnait.

Héritage de David Carradine : un acteur culte, au-delà des genres

David Carradine, c’est une figure singulière du cinéma américain, incapable de rentrer dans une case, et probablement pas très intéressé par l’idée d’y entrer. Trop atypique pour être une star classique, trop présent pour être oublié, il laisse derrière lui une empreinte paradoxale : à la fois culte et marginale.

Son visage reste associé à une certaine idée du mysticisme pop, à cette époque où l’Orient était fantasmé par l’Occident à coups de proverbes approximatifs et de cascades chorégraphiées. Et même si Kung Fu semble aujourd’hui un peu daté, il n’en reste pas moins une curiosité culturelle fascinante — et un témoignage de la manière dont David Carradine a, à sa manière, marqué l’imaginaire collectif.

Peut-être pas une étoile au firmament d’Hollywood, mais un astre étrange, imprévisible, et finalement inoubliable.

Filmographie

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