Daniel Waters
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Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 6 films |
Biographie
Daniel Waters, né le 10 novembre 1962 à Cleveland, Ohio (États-Unis), est un scénariste et réalisateur américain principalement connu pour son travail sur Heathers (Fatal Games en français), une comédie noire devenue culte pour toute une génération.
Avec un ton acide, un humour brutal et une vision souvent cynique du monde adolescent ou des super-héros, Daniel Waters s’est taillé une place à part dans l’univers du cinéma américain, entre satire mordante et pop culture déformée. S’il n’a pas eu une carrière aussi prolifique qu’on pourrait s’y attendre après un premier coup d’éclat aussi marquant, il reste l’un des auteurs les plus singuliers des années 80 et 90. À la fois admiré et parfois mal compris, il a toujours préféré bousculer les conventions plutôt que de les flatter.
Heathers : un début fulgurant sous forme de bombe adolescente
Le grand tournant de la carrière de Daniel Waters arrive en 1989 avec Heathers, un film qu’il écrit et qui sera réalisé par Michael Lehmann. Loin des comédies adolescentes classiques, le film met en scène Winona Ryder et Christian Slater dans une histoire de meurtres déguisés en suicides dans un lycée huppé. Oui, Heathers, c’est du meurtre, de l’humour noir, du sarcasme et des blazers à épaulettes, tout ça dans un cocktail aussi dérangeant que jubilatoire.
Le film est un échec commercial à sa sortie, mais devient rapidement un film culte, notamment pour sa capacité à se moquer de la hiérarchie sociale adolescente, à pointer du doigt l’hypocrisie du politiquement correct et à créer des dialogues devenus emblématiques. Il a même inspiré une comédie musicale et une série télé, preuve de sa portée générationnelle persistante.
Avec ce script, Daniel Waters pose immédiatement sa marque : un humour féroce, une lucidité brutale sur la société, et des personnages qui semblent tout droit sortis d’un cauchemar pop et cynique.
Hollywood et les projets contrastés
Après Heathers, Daniel Waters est rapidement repéré par les studios. Il est engagé pour écrire Batman Returns (1992) de Tim Burton, suite au succès du premier opus. Le film, bien plus sombre que le précédent, met en scène Catwoman et le Pingouin dans une atmosphère gothique et politique. Le ton de Waters y est bien présent : ambigu, dérangeant, presque cruel. Certaines critiques reprochent au film son étrangeté et son absence de légèreté, mais pour d’autres, c’est ce qui le rend fascinant.
Il enchaîne avec des projets plus inégaux, comme Hudson Hawk (1991), une comédie d’action absurde avec Bruce Willis, qui devient un flop notoire malgré des ambitions très nettes de pastiche et de délire cinématographique. Le film est aujourd’hui réévalué par certains comme un OVNI assumé, ce qui, à vrai dire, colle parfaitement à la plume de Waters.
Il travaille également sur Demolition Man (1993), mais son script est largement réécrit. C’est là que sa frustration envers les compromis hollywoodiens commence à se faire sentir : sa voix singulière ne s’accorde pas toujours avec les attentes des studios.
Tentatives de réalisation : quand Waters prend la caméra
En 2001, Daniel Waters passe à la réalisation avec Happy Campers, une comédie indépendante sur un camp de vacances où les moniteurs prennent le pouvoir. On y retrouve son style : personnages névrosés, dialogues au vitriol, et une narration éclatée, mais le film reste confidentiel malgré un certain charme.
Il tente à nouveau sa chance en 2007 avec Sex and Death 101, comédie noire futuriste avec Simon Baker et Winona Ryder (qu’il retrouve presque 20 ans après Heathers). Le film, centré sur un homme qui reçoit la liste de toutes les femmes avec qui il va coucher, mêle science-fiction, satire sexuelle et réflexions existentielles, dans une forme très Watersienne. Encore une fois, le succès est modeste, mais le film séduit une niche fidèle.
Une voix à part dans le cinéma américain
Ce qui rend Daniel Waters si intéressant, c’est qu’il n’a jamais cherché à s’adapter. Il écrit comme il pense : de façon radicale, ironique, provocante, voire dérangeante. Il adore les figures adolescentes, les antihéros, les excès moraux, et surtout : il prend un malin plaisir à retourner les conventions des genres.
Sa carrière peut paraître chaotique, mais elle est surtout le reflet d’un auteur plus intéressé par la subversion que par la stabilité. Hollywood n’a jamais su quoi faire de lui à long terme, mais les spectateurs sensibles à son style y ont trouvé un créateur brillant, indomptable, trop original pour les cases classiques.
Filmographie
6 sur 6 films