Daniel Duval
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Détails
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| Filmographie | 6 films |
Biographie
Daniel Duval est né le 28 novembre 1944 à Vitry-sur-Seine, en région parisienne, et s’est éteint le 10 octobre 2013 à Paris. Comédien, scénariste et réalisateur, il laisse derrière lui l’image d’un homme à la présence rugueuse, magnétique, souvent associé à des personnages taciturnes, tourmentés, ou à la marge. Mais derrière cette façade dure, Daniel Duval cache une réelle sensibilité artistique, forgée par un parcours personnel chaotique et un rapport viscéral à la vérité de ses rôles.
Une entrée dans le cinéma marquée par une vision sociale
C’est dans les années 1970 que Daniel Duval commence à se faire remarquer. Il n’est pas seulement acteur, il passe aussi derrière la caméra, avec des projets qui annoncent une sensibilité à fleur de peau pour les réalités sociales. Son film Le Voyage d’Amélie (1974), qu’il écrit et réalise, obtient le Prix spécial du jury au Festival de San Sebastián, et révèle un cinéaste attaché aux récits humains, sans artifice.
En 1979, il signe La Dérobade, un drame cru et frontal sur la prostitution, avec Miou-Miou dans le rôle principal. Le film frappe fort, autant pour sa mise en scène sans fard que pour la violence psychologique qu’il expose. Ce succès confirme Daniel Duval comme un réalisateur intransigeant, capable d’explorer des zones sombres de la société sans détour ni complaisance.
Une gueule de cinéma : acteur de l’ombre, mais inoubliable
Si Daniel Duval tourne relativement peu de films en tant que réalisateur, il poursuit en parallèle une carrière d’acteur marquante. Sa physionomie dure, son regard pénétrant, sa voix rocailleuse en font un choix naturel pour des rôles de durs, de marginaux, de types au passé trouble. Mais il ne se limite pas à ce registre : il parvient à injecter de l’ambiguïté, du doute, de la tendresse contenue dans chacun de ses personnages.
On le retrouve chez Maurice Pialat, notamment dans L’Enfance nue (1968) et surtout Police (1985), où il donne la réplique à Gérard Depardieu dans un rôle qui lui colle à la peau : un type paumé, violent, pas totalement mauvais mais abîmé jusqu’à l’os. Il travaille aussi avec André Téchiné, Claude Lelouch, Claire Denis, Jean-Jacques Annaud, et toute une génération de réalisateurs pour qui Daniel Duval est un gage de vérité brute à l’écran.
Il passe aussi par des films plus confidentiels, dans lesquels il se glisse avec le même engagement. Il n’est pas du genre à "faire semblant" : chez lui, tout est habité, incarné, souvent au bord de la rupture.
Une reconnaissance tardive, mais réelle
Le public le redécouvre dans les années 2000 grâce à des rôles secondaires marquants, notamment dans la série Engrenages, où il incarne un juge d’instruction à la fois redouté et respecté. Il apparaît également dans 36 Quai des Orfèvres, Un prophète, ou encore De battre mon cœur s’est arrêté. À chaque fois, Daniel Duval impose une intensité sans effet de manche, une présence qui écrase l’écran, même dans le silence.
Il reçoit en 2006 le Prix du Syndicat français de la critique pour l’ensemble de sa carrière, comme un hommage à sa constance, à son intégrité artistique, et à cette fidélité à une vision du cinéma exigeante, très loin des feux de la rampe.
Une personnalité à part, fidèle à elle-même
Daniel Duval n’a jamais cherché à séduire ni à se conformer aux règles du jeu médiatique. Il a vécu à sa manière, parfois dans l’excès, souvent dans la solitude, mais toujours en accord avec ce qu’il défendait à l’écran : des récits vrais, des personnages rugueux, des existences cabossées. Il parlait peu, et quand il parlait, c’était sans détour.
Il ne s’est jamais imposé comme une "star" mais plutôt comme un artisan du jeu, un acteur de composition capable de se fondre dans n’importe quel décor, pourvu qu’on lui propose un rôle sincère. Et cette sincérité, il l’exigeait aussi des autres.
Une empreinte discrète mais indélébile
Même après sa mort, Daniel Duval reste une figure respectée dans le cinéma français. Pas toujours en tête d’affiche, rarement médiatisé, mais souvent cité comme une référence par les réalisateurs et acteurs qui l’ont côtoyé. Il laisse une œuvre fragmentée mais intense, un sillage de rôles puissants qui continuent de marquer les esprits.
Il appartient à cette génération d’acteurs qui n’ont jamais été dans le paraître, qui ne se sont jamais pliés aux règles de l’industrie, mais qui ont construit leur légitimité à la force du jeu, du regard, et du silence. Daniel Duval, c’est un cinéma sans concession, une parole rare, et une intensité qui, même éteinte, continue de brûler doucement.