Dan O'Bannon

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Filmographie 8 films

Biographie

Dan O’Bannon, né le 30 septembre 1946 à Saint-Louis, dans le Missouri (États-Unis), et décédé le 17 décembre 2009 à l’âge de 63 ans, est un scénariste, réalisateur et monteur américain. Il est surtout connu pour avoir co-écrit le scénario d’Alien mais son influence va bien au-delà de cette créature aux dents acérées. Entre paranoïa technologique, humour noir et fascination pour l’horreur métaphysique, Dan O’Bannon a façonné l’un des visages les plus sombres et les plus perturbants de la science-fiction moderne.

Dan O’Bannon : un cinéphile de science-fiction transformé en artisan du genre

Diplômé de la University of Southern California (USC), où il se lie d’amitié avec un certain John Carpenter, Dan O’Bannon fait partie de cette génération d’auteurs geeks avant l’heure, obsédés par les monstres, les machines et les mondes parallèles. Son premier grand coup d’éclat, c’est justement avec Carpenter qu’il le tente : Dark Star (1974), une comédie de science-fiction bricolée, écrite à quatre mains. Dans ce film à petit budget, Dan O’Bannon ne se contente pas d’écrire — il joue aussi un membre d’équipage paumé et fumeux. L’humour est absurde, les effets spéciaux sont faits maison, et pourtant... une graine est plantée.

Et cette graine va muter.

En reprenant certaines idées développées dans Dark Star mais en leur donnant une tournure beaucoup plus sinistre, Dan O’Bannon va co-écrire un scénario qui deviendra l’un des piliers du cinéma de genre : Alien (1979), réalisé par Ridley Scott. Et là, tout change.

Alien : la naissance d’un mythe, et d’une peur viscérale

Dan O’Bannon signe le scénario d’Alien avec un sens du suspense et de la suggestion qui marquera à jamais le genre. L’idée est simple : un équipage isolé dans l’espace, une menace invisible, une montée progressive de la terreur. Mais ce qui fait la force du film, c’est la manière dont il joue avec les codes — du huis clos psychologique à l’horreur corporelle. L’univers qu’il crée est organique, froid, industriel, et profondément inhospitalier.

C’est aussi Dan O’Bannon qui propose de faire appel à H.R. Giger pour créer la créature, choix esthétique qui mariera à la perfection horreur sexuelle et mysticisme biomécanique. Autant dire qu’on est loin des petits hommes verts. Dans les coulisses, l’écriture du scénario n’a rien d’un long fleuve tranquille, mais Dan O’Bannon en sort reconnu comme une voix singulière, capable de mêler horreur et science-fiction avec une précision chirurgicale.

Zombies, démons et paranoïa : Dan O’Bannon au-delà de l’espace

Après le succès d’Alien, on aurait pu penser que Dan O’Bannon allait enchaîner les blockbusters. Mais fidèle à son tempérament rebelle et indépendant, il emprunte des chemins plus sinueux. Il co-écrit Dead & Buried (1981), un film d’horreur étrange et poisseux, avant de signer le scénario de Blue Thunder (1983), un techno-thriller paranoïaque à souhait.

Mais c’est en 1985 qu’il revient avec un projet culte et totalement décalé : The Return of the Living Dead, qu’il écrit et réalise. Détournant les codes du film de zombies avec humour noir et esprit punk, Dan O’Bannon transforme ce qui aurait pu être une série B oubliée en film culte. Les zombies y courent (ce qui était encore rare à l’époque), parlent, et réclament des cerveaux — littéralement. L’hommage à Romero est évident, mais l’approche est tout sauf solennelle. Avec ce film, il montre qu’il peut aussi injecter de l’ironie dans le macabre, sans perdre en efficacité horrifique.

Un auteur hanté par le corps et la machine

Dans tout ce qu’il écrit ou réalise, Dan O’Bannon explore les limites du corps, la peur de l’invasion, et l’angoisse de perdre le contrôle — que ce soit à travers une entité extraterrestre, un gouvernement surveillant depuis le ciel ou des morts qui refusent de rester morts. Il y a dans son œuvre une tension constante entre technologie et biologie, entre rigueur scientifique et dérive grotesque. Son style n’est jamais flamboyant, mais toujours rigoureux, voire obsessionnel.

Dan O’Bannon a aussi participé à l’écriture de Total Recall (1990), l’adaptation librement inspirée d’une nouvelle de Philip K. Dick. On retrouve ici encore sa patte : manipulations mentales, faux souvenirs, corps altérés et monde déshumanisé. Si le film est surtout associé à Paul Verhoeven et Arnold Schwarzenegger, le scénario initial de Dan O’Bannon en est le socle.

Une influence silencieuse mais indéniable

Même s’il n’a jamais été une figure grand public, Dan O’Bannon a influencé toute une génération de scénaristes et de réalisateurs. Son approche de la science-fiction, viscérale, paranoïaque, souvent désespérée, a laissé des traces dans des œuvres comme Event Horizon, The Thing, The X-Files ou plus récemment Annihilation et Under the Skin.

Jusqu’à la fin de sa vie, Dan O’Bannon a continué à écrire et à réfléchir au genre. Il a également enseigné l’écriture de scénario, transmettant son goût pour le récit tendu, la structure millimétrée et le sous-texte dérangeant.

Loin des studios ronflants, il a préféré les marges, les projets audacieux, les collaborations houleuses mais stimulantes. Et surtout, il a prouvé qu’un bon scénario, ce n’est pas juste une bonne histoire : c’est une mécanique de la peur, une tension du réel, une dissection de nos angoisses les plus enfouies.

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