Dalpalan
- Sons
Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 15 films |
Biographie
Dalpalan (달파란), de son vrai nom Kang Ki-young (강기영), est un compositeur et musicien sud-coréen né le 16 juillet 1966 à Séoul, en Corée du Sud. Figure incontournable de la musique de film coréenne contemporaine, Dalpalan est reconnu pour ses partitions atmosphériques, hybrides et audacieuses, souvent associées à des œuvres de cinéma de genre, du thriller stylisé au drame social, en passant par le fantastique. Très actif depuis les années 2000, il fait partie de ces artisans discrets mais essentiels à l’ADN du nouveau cinéma coréen.
Un parcours musical à la croisée du rock et de l’expérimental
Avant de devenir compositeur de film, Dalpalan fait ses armes dans le milieu musical alternatif sud-coréen. Dans les années 1980 et 1990, il évolue dans la scène rock industriel et électronique, au sein de formations comme Pippi Band ou Pipi Longstocking, connues pour leur ton irrévérencieux et leur esthétique radicale. À cette époque, il adopte le pseudonyme Dalpalan, qui signifie littéralement "lune bleue".
Sa formation rock et son attrait pour la musique électronique expérimentale vont fortement influencer ses compositions pour le cinéma. À l’opposé des partitions orchestrales classiques, Dalpalan travaille volontiers à partir de textures sonores, de rythmiques brutes, ou de drones électroniques, qu’il adapte aux ambiances sombres, tendues ou introspectives des films auxquels il collabore.
Une filmographie qui épouse les grands noms du cinéma coréen
Dalpalan commence à se faire remarquer à la fin des années 1990, mais c’est dans les années 2000 qu’il devient l’un des compositeurs les plus recherchés du cinéma sud-coréen. Il travaille avec des réalisateurs aussi variés que Kim Jee-woon, Park Chan-wook, Ryoo Seung-wan, Yeon Sang-ho ou Lee Chang-dong.
Parmi ses partitions les plus emblématiques, on peut citer The Wailing (2016) de Na Hong-jin, où sa musique contribue largement à l’atmosphère mystique et oppressante du film. Il signe également des bandes originales marquantes pour The Spy Gone North, Believer, Svaha: The Sixth Finger, Midnight FM ou encore Thirst (co-composée avec Jang Young-gyu). Le plus souvent, sa musique accompagne des récits sombres, tendus, où le son agit comme une présence presque physique.
Il collabore aussi régulièrement avec Jang Young-gyu, autre compositeur influent, avec qui il forme un duo artistique reconnu dans l’univers du cinéma coréen. Ensemble, ils signent des partitions complexes, où l’électronique croise les instruments traditionnels, et où l’expérimentation n’exclut jamais l’efficacité dramatique.
Une écriture musicale au service de l’ambiance
Le style de Dalpalan est difficile à étiqueter, tant il varie selon les projets, mais quelques constantes se dégagent. Il privilégie souvent l’atmosphère à la mélodie, crée des tensions progressives, utilise les silences autant que les sons, et travaille la friction entre organique et synthétique.
Ses compositions ont parfois quelque chose de minimaliste, presque hanté, mais toujours au service de l’image. Elles renforcent les émotions sans les souligner lourdement, et participent à cette identité sonore si singulière du cinéma coréen de genre, qui refuse la neutralité.
Il n’est pas rare que sa musique s’efface presque derrière l’image… jusqu’à ce qu’elle devienne incontournable dans la scène suivante. Dalpalan sait jouer avec la perception du spectateur, insérant des motifs, des pulsations ou des nappes qui semblent surgir de l’inconscient du récit.
Une reconnaissance discrète mais durable
Bien qu’il ne cherche pas la lumière, Dalpalan est aujourd’hui reconnu comme un compositeur de référence dans le paysage coréen. Son nom est associé à une génération de cinéastes qui ont fait exploser les codes du cinéma local et conquis les festivals internationaux. Il a contribué à façonner la dimension sonore de cette vague, sans jamais sacrifier sa singularité artistique.
Son travail est aussi régulièrement salué par la critique coréenne, et il a remporté plusieurs distinctions, notamment aux Korean Film Awards ou Blue Dragon Awards, même si sa contribution reste encore souvent sous-estimée à l’étranger par rapport à celle des réalisateurs ou des acteurs.