Daisuke Tengan
- Écriture
Détails
| Autre nom | 天願 大介 |
|---|---|
| Âge |
|
Nationalité |
| Filmographie | 3 films |
Biographie
Daisuke Tengan est un scénariste, réalisateur et écrivain japonais né le 14 décembre 1961 à Osaka, au Japon. Il est surtout connu pour ses collaborations avec son père, le réalisateur culte Shohei Imamura, ainsi que pour son travail de scénariste aux tonalités sombres, critiques et subversives, souvent en marge du courant dominant du cinéma japonais. Avec une plume aiguisée et un sens du récit tendu, Daisuke Tengan explore des thématiques telles que la violence sociale, les pulsions humaines, la marginalité et la perte de repères moraux, s’inscrivant dans une tradition du cinéma japonais réaliste et dérangeant, tout en y injectant un regard singulier et moderne.
Héritier d’un géant du cinéma japonais
Être le fils de Shohei Imamura, l’un des cinéastes les plus respectés du Japon et double Palme d’Or à Cannes, n’est pas une mince affaire. Pourtant, Daisuke Tengan n’a jamais cherché à marcher sur les traces de son père à l’identique. Leur collaboration reste néanmoins marquante : il écrit le scénario de The Eel (Unagi) (1997), réalisé par Imamura, qui remportera la Palme d'Or cette année-là. Une consécration indirecte pour Tengan, dont l’écriture contribue de manière décisive au succès critique du film.
Il est aussi derrière le scénario du film Warm Water Under a Red Bridge (2001), toujours signé Imamura, dans un registre plus poétique et sexuellement symbolique. Ces projets confirment sa capacité à donner forme à des récits complexes, entre symbolisme et réalisme cru, sans céder à la facilité.
Un scénariste à l’univers sombre et tendu
En dehors de ses collaborations familiales, Daisuke Tengan développe une carrière de scénariste indépendante, souvent dans des œuvres aux atmosphères lourdes, où l’humain est montré dans ses zones les plus troubles. Il est notamment le scénariste de Audition (1999), réalisé par Takashi Miike, un thriller horrifique culte qui a contribué à faire connaître le cinéma japonais extrême à l’international.
Audition est un parfait exemple du style Tengan : une narration apparemment classique, qui glisse peu à peu vers une violence psychologique glaçante, jusqu’à un final brutal. Ce film marque durablement les esprits, et inscrit Daisuke Tengan comme une figure majeure du cinéma de genre japonais, capable d’amener un réalisme clinique dans des récits déviants.
Une incursion dans la réalisation
En plus de son travail de scénariste, Daisuke Tengan passe également derrière la caméra. Il réalise notamment A Man’s Flower Road (1991) et The Most Terrible Time in My Life (1994), deux films qui restent plus confidentiels, mais qui démontrent sa volonté de maîtriser l’ensemble du processus narratif, de l’écriture à l’image.
Ses films en tant que réalisateur sont souvent moins connus du grand public, mais ils permettent de mieux comprendre son rapport au cinéma : une volonté d’explorer l’absurde, la violence du quotidien et la solitude moderne, parfois avec une touche d’humour noir, toujours avec un regard lucide et intransigeant.
Une figure discrète mais respectée du cinéma japonais
Daisuke Tengan n’est pas une célébrité au Japon. Il ne cherche ni la lumière médiatique, ni les grands studios. Il travaille en marge du système, souvent avec des réalisateurs indépendants, et privilégie des sujets difficiles, provocants ou existentiels, loin des formats commerciaux.
Son écriture se distingue par une intensité dramatique constante, un goût du malaise, et une capacité à faire émerger des tensions sous-jacentes dans les situations les plus banales. En cela, il s’inscrit dans la tradition des grands scénaristes japonais, de ceux qui travaillent dans l’ombre, mais dont la voix résonne longtemps à l’écran.