Dabney Coleman
- Casting
Détails
| Âge |
|
Nationalité |
|---|---|
| Filmographie | 6 films |
Biographie
Dabney Coleman, né le 3 janvier 1932 à Austin, Texas et décédé le 16 mai 2024 à l’âge de 92 ans, est un acteur américain dont la carrière s’est étendue sur plus de six décennies.
S’il n’a jamais été la tête d’affiche d’Hollywood, Dabney Coleman en a pourtant été un visage incontournable, incarnant à merveille ces personnages de patrons tyranniques, d’hommes arrogants, parfois ridicules, souvent hilarants, toujours inoubliables. Avec sa moustache bien taillée, son regard moqueur et son impeccable sens du timing comique, Dabney Coleman a su imposer un style immédiatement reconnaissable. Il fait partie de cette génération d’acteurs de caractère qui ont su traverser les époques sans jamais se répéter tout à fait, ni se trahir.
Un parcours classique... jusqu’à l’éclat comique
Diplômé en droit mais rapidement attiré par le métier d’acteur, Dabney Coleman commence sa carrière dans les années 60, dans des séries télé et des films à petit budget. Il multiplie les apparitions, notamment dans des westerns ou des séries judiciaires, dans lesquelles il campe souvent des hommes de loi, sérieux et posés. Mais ce n’est qu’au tournant des années 80 qu’il trouve vraiment sa voix (et son registre comique) en incarnant des figures d’autorité absurdes ou détestables.
C’est à partir de 9 to 5 (1980) qu’il se fait réellement remarquer du grand public. Dans cette comédie féministe devenue culte, Dabney Coleman incarne un patron sexiste et condescendant, caricature parfaite du cadre masculin toxique de l’époque. Et il le fait avec un tel aplomb qu’il en devient presque... attachant dans sa mesquinerie. Ce rôle ouvre une série de personnages similaires, dans des comédies grinçantes où Dabney Coleman excelle à jouer les hommes détestables avec un art consommé de l’ironie.
Une décennie 80 en pleine ascension
Durant les années 80, Dabney Coleman enchaîne les rôles marquants. Il apparaît dans Tootsie (1982), aux côtés de Dustin Hoffman, où il joue encore un personnage hautain, imbu de lui-même. Il est également inoubliable dans WarGames (1983), un thriller technologique où il incarne un militaire tendu, et dans Cloak & Dagger (1984), où il partage l’écran avec un jeune Henry Thomas.
Il devient peu à peu une référence du "type insupportable mais drôle", une sorte de méchant de comédie par excellence. C’est un registre étroit, mais Dabney Coleman parvient à y insuffler suffisamment de nuances pour ne jamais tomber dans la redite. Il a ce don rare de faire rire en étant parfaitement antipathique, un équilibre délicat, maîtrisé comme peu savent le faire.
La télévision, terrain de jeu fertile
Si le cinéma l’a fait connaître, Dabney Coleman a aussi marqué la télévision américaine. Il tient le rôle principal dans Buffalo Bill (1983–1984), série où il joue un animateur radio égocentrique et misogyne, tellement insupportable que la série devient presque un exercice de style autour de l’antihéros. Bien que courte, la série est acclamée par la critique et vaut à Dabney Coleman un Golden Globe en 1984.
Il poursuit dans ce sillon avec des séries comme The Slap Maxwell Story ou Drexell’s Class, toujours sur le fil entre humour acide et satire sociale. Plus tard, il se fait remarquer dans des rôles plus nuancés dans Boardwalk Empire, où il incarne un juge vieillissant, ou encore dans Ray Donovan, confirmant sa capacité à s’adapter sans renier son style.
Une moustache, une voix, une signature
Ce qui rend Dabney Coleman si distinctif, ce n’est pas seulement son jeu ou son humour mordant, mais aussi son apparence immédiatement reconnaissable. Sa moustache, devenue une sorte de marque de fabrique, et sa voix légèrement traînante mais toujours assurée, font de lui un personnage en soi. Dans un paysage hollywoodien souvent lisse, il incarne l’antithèse du héros, le grincheux flamboyant, le collègue qu’on déteste... mais qu’on adore voir à l’écran.
Même lorsqu’il joue dans des rôles plus sérieux, il conserve cette touche d’ironie, ce léger recul qui donne à ses personnages une dimension presque tragique. Derrière les grimaces, il y a toujours un soupçon de mélancolie, comme s’il savait que le ridicule, finalement, était souvent une posture défensive.
L’héritage d’un acteur inclassable
Dabney Coleman n’a pas eu une carrière de star au sens hollywoodien du terme. Pas de blockbusters en tête d’affiche, pas de franchise culte à son nom. Et pourtant, son empreinte dans le cinéma et la télévision américains est profonde. Il est l’un de ces acteurs qu’on ne peut pas imiter, parce qu’il a bâti un style unique, entre satire et sincérité, caricature et finesse.
Jusqu’à ses dernières années, Dabney Coleman est resté actif, apparaissant régulièrement à l’écran, avec la même énergie discrète et ce regard narquois dont il ne s’est jamais départi. À sa manière, il a donné une voix à ceux qu’on ne regarde pas : les râleurs, les cyniques, les losers sympathiques, les puissants ridiculisés.
Et si son nom n’est pas toujours en haut de l’affiche, Dabney Coleman restera longtemps dans les mémoires comme l’un des meilleurs seconds rôles qu’Hollywood ait jamais connus, et peut-être aussi comme le plus drôle des odieux.