Costa-Gavras
- Réalisation
- Production
- Écriture
Détails
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Nationalités |
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| Filmographie | 6 films |
| Récompenses | 14 nominations et 7 victoires |
Biographie
Costa-Gavras, de son nom complet Konstantinos Gavras, est né le 12 février 1933 à Loutra Iraias, en Grèce. Réalisateur franco-grec, naturalisé français, il est l’un des cinéastes les plus engagés et influents de la seconde moitié du XXe siècle.
Dès ses débuts, Costa-Gavras fait du cinéma un outil d’investigation, de réflexion et parfois même d'accusation, sans jamais céder aux simplismes ni à la démonstration brutale. Il navigue entre le thriller, le drame et le documentaire fictionnalisé avec une efficacité rare.
Son œuvre est traversée par des questions politiques, sociales et morales, souvent inspirées de faits réels. Mais derrière la rigueur du propos se cache un sens aigu de la mise en scène et un art du récit tendu, presque toujours ancré dans le réel.
Un parcours entre exil et apprentissage du cinéma français
Costa-Gavras quitte la Grèce à l’âge de 19 ans, dans un contexte de forte instabilité politique. Son père, engagé à gauche, est considéré comme suspect par le régime en place, ce qui limite considérablement les possibilités d'études pour son fils dans son propre pays. Il s’installe alors en France et intègre l’IDHEC (aujourd’hui La Fémis), l’école nationale de cinéma.
Il débute comme assistant réalisateur, notamment aux côtés de Yves Allégret, René Clément, ou Henri Verneuil, où il apprend les rouages du métier. Ce passage par l’assistanat marque profondément son rapport à la mise en scène, qu’il envisage dès le départ comme un outil au service d’un propos fort.
Z, L’Aveu et l’émergence d’un cinéma politique populaire
C’est avec le film Z (1969) que Costa-Gavras devient une figure centrale du cinéma international. Inspiré de l’assassinat du député grec Grigoris Lambrakis, Z est un thriller haletant, à la frontière du documentaire et du polar politique. Le film rencontre un succès retentissant, tant critique que public, et obtient le Prix du jury à Cannes ainsi que l’Oscar du meilleur film étranger. Le montage nerveux de Françoise Bonnot, la musique de Mikis Theodorakis et la mise en scène tendue en font un modèle du genre.
Il enchaîne avec L’Aveu (1970), adapté du récit d’Artur London, ancien haut fonctionnaire tchèque victime des procès staliniens. Là encore, Costa-Gavras explore la manipulation idéologique, la déshumanisation politique et les mécanismes du totalitarisme, sans jamais verser dans la didactique.
Le triptyque se poursuit avec État de siège (1972), sur l’ingérence américaine en Amérique latine, toujours avec Yves Montand. Ces films, profondément ancrés dans le contexte géopolitique de l’époque, forment ce qu’on appelle parfois la "trilogie de l’engagement".
Un langage cinématographique accessible mais jamais simpliste
Ce qui caractérise le style de Costa-Gavras, c’est sa capacité à traduire des situations complexes en récits dynamiques, tendus, sans jamais sacrifier la nuance. Son cinéma ne repose pas sur les symboles pesants ou les discours théoriques, mais sur des personnages pris dans des engrenages, confrontés à leurs choix, à leur morale, à leur rôle dans un système.
Même lorsqu’il s’empare de sujets sensibles, comme la collaboration dans Section spéciale (1975), les dictatures sud-américaines dans Missing (1982), ou l’exploitation dans le monde du travail dans Le Couperet (2005), Costa-Gavras choisit toujours l’efficacité narrative pour mieux provoquer la réflexion.
Il assume aussi une certaine porosité entre fiction et réalité. Ses scénarios s’appuient souvent sur des faits réels, qu’il adapte sans en gommer la complexité. Le spectateur n’est jamais réduit au rôle de simple observateur passif, mais invité à questionner ce qu’il voit, ce qu’il comprend, ce qu’il croit.
Une reconnaissance internationale et une œuvre transfrontalière
Grâce à des productions tournées en anglais, Costa-Gavras s’impose aussi à Hollywood, sans renier ses origines ni son style. Missing, avec Jack Lemmon et Sissy Spacek, remporte la Palme d’or à Cannes en 1982, partagée avec Yol de Yılmaz Güney, et décroche l’Oscar du meilleur scénario adapté.
Il continue de naviguer entre les langues et les continents, avec une capacité rare à parler à la fois au public français, européen et international. Sa filmographie, bien qu’intellectuellement ambitieuse, reste profondément accessible. Elle n'exige pas un diplôme en sciences politiques, mais une attention au monde.
Un regard lucide sur la société contemporaine
Même après les grandes heures du thriller politique, Costa-Gavras ne s’est jamais détourné des enjeux contemporains. Dans Le Capital (2012), il s’attaque au monde de la finance et à la logique spéculative, à travers le portrait d’un banquier cynique pris dans les mécanismes d’un pouvoir économique débridé.
Son dernier long-métrage en date, Adults in the Room (2019), revient sur la crise de la dette grecque, vue de l’intérieur, à travers les yeux de l’ancien ministre Yánis Varoufákis. Un film austère mais nécessaire, où il reprend les armes du cinéma pour interroger les limites de la démocratie européenne face aux intérêts économiques.
Filmographie
6 sur 6 films