Colleen Atwood
- Costumes et maquillages
Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 33 films |
| Récompenses | 23 nominations et 7 victoires |
Biographie
Colleen Atwood est née le 25 octobre 1948 à Yakima, dans l’État de Washington, aux États-Unis. Derrière ce nom, qui ne fait pas forcément la une des magazines, se cache pourtant l’une des figures les plus respectées de l’histoire du costume au cinéma.
Colleen Atwood, c’est la main invisible derrière les silhouettes les plus mémorables de Tim Burton, l’âme textile de sagas fantastiques, et une perfectionniste dont le travail traverse les décennies sans jamais perdre en pertinence.
Formée en arts plastiques, Colleen Atwood commence sa carrière dans le monde de la mode avant de bifurquer vers les plateaux de tournage dans les années 1980. Ce virage est peut-être l’un des meilleurs coups du destin pour le cinéma hollywoodien, tant son influence va transformer la manière dont on conçoit l’identité visuelle des personnages à l’écran.
Une muse du cinéma de Tim Burton… et bien plus
Impossible d’évoquer Colleen Atwood sans parler de sa collaboration longue et fructueuse avec Tim Burton. Depuis Edward Scissorhands (1990), leur duo a redéfini le costume de cinéma comme un élément à part entière de la narration. Chez Burton, le costume ne sert pas juste à « habiller » les personnages. Il raconte, il exagère, il structure. Et Colleen Atwood maîtrise cet art à la perfection.
De Sleepy Hollow à Alice in Wonderland, en passant par Sweeney Todd, elle habille les bizarreries de Burton avec une précision chirurgicale et une créativité débordante. Les textures, les couleurs désaturées, les formes extravagantes… tout participe à créer des mondes reconnaissables en un seul regard. Ces univers visuels sont parfois sombres, souvent théâtraux, et toujours cohérents, même dans l’excès.
Mais réduire Colleen Atwood à son travail avec Burton serait une erreur. Elle a aussi collaboré avec de nombreux autres réalisateurs de renom, dont Rob Marshall (Memoirs of a Geisha, Chicago), Jonathan Demme (The Silence of the Lambs), ou encore Francis Lawrence pour The Hunger Games et Fantastic Beasts.
Un palmarès de récompenses qui impose le respect
Colleen Atwood a reçu quatre Oscars pour la meilleure création de costumes, un chiffre qui parle de lui-même. Elle est récompensée pour Chicago (2003), Memoirs of a Geisha (2006), Alice in Wonderland (2011) et Fantastic Beasts and Where to Find Them (2017). Dans chacun de ces films, ses créations sont au cœur de l’expérience visuelle : les robes luxueuses, les tissus soigneusement choisis, les silhouettes expressives...
Elle est également régulièrement nommée, même lorsqu’elle ne gagne pas. À Hollywood, Colleen Atwood est une référence absolue, une figure d’autorité dans un métier qui travaille souvent dans l’ombre des projecteurs, mais dont l’impact est fondamental sur l’atmosphère d’un film.
Son approche est à la fois technique et narrative. Elle commence par comprendre le personnage, son époque, son statut social, son tempérament. Elle fouille dans l’Histoire, dans les tissus anciens, dans la mode contemporaine... puis elle synthétise tout cela pour créer un costume qui devient comme une seconde peau. Et parfois, cette peau raconte plus de choses que les dialogues eux-mêmes.
Les Animaux Fantastiques et la magie du vêtement
Dans Fantastic Beasts, Colleen Atwood revient à un terrain qu’elle maîtrise : l’univers magique, mais ancré dans une période historique précise. Le défi est double : il faut à la fois respecter les codes visuels de la saga Harry Potter et y injecter une nouvelle esthétique, plus adulte, plus années 1920.
Le résultat est un festival de coupes élégantes, de chapeaux bien placés, de manteaux longilignes et de détails vintage savamment modernisés. Colleen Atwood habille Newt Scamander, Tina Goldstein, Credence ou encore Queenie avec une rigueur historique teintée de fantaisie. Les costumes participent pleinement à la construction de cet univers parallèle, crédible et séduisant à la fois.
Son Oscar pour ce film n’est donc pas une surprise. C’est la consécration d’un travail minutieux, où chaque bouton, chaque ourlet, chaque accessoire participe à l’immersion.
Une costumière à l’ancienne dans un monde numérique
Dans une industrie de plus en plus dominée par les effets spéciaux numériques, Colleen Atwood reste fidèle à une approche artisanale. Elle dessine, fait fabriquer sur mesure, expérimente avec de vrais tissus. Cela ne l’empêche pas d’intégrer les technologies modernes à son processus, mais toujours en gardant l’humain au centre de la création.
Elle travaille souvent avec les mêmes équipes, choisit ses matériaux avec soin, supervise chaque détail. Le costume n’est jamais un ajout tardif ou décoratif, mais une composante structurelle de la mise en scène.
Colleen Atwood refuse le clinquant facile. Elle préfère la justesse, même dans le spectaculaire. C’est cette exigence, ce refus du compromis visuel, qui lui vaut le respect autant des cinéastes que des autres créateurs de costumes.