Choi Min-sik

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Détails

Autre nom 최민식
Âge
Nationalité
Filmographie 8 films

Biographie

Choi Min-sik, né le 30 mai 1962 à Séoul, en Corée du Sud, est l’un des visages les plus emblématiques du cinéma sud-coréen moderne. Formé à l’art dramatique à la Dongguk University, il débute sa carrière sur les planches avant de s’imposer comme une figure incontournable du grand écran, aussi magnétique que redoutablement intense. Que ce soit dans la rage d’un homme brisé ou dans la froideur d’un gangster en quête de pouvoir, Choi Min-sik excelle à injecter une profondeur brute à chacun de ses personnages.

Des débuts théâtraux à la percée cinématographique

C’est sur la scène qu’il fait ses armes, dans les années 1980, à une époque où le théâtre coréen cherche à retrouver une voix propre, entre héritage traditionnel et modernité. Mais c’est dans les années 1990 que Choi Min-sik s’impose progressivement au cinéma, d’abord avec Our Twisted Hero (1992), puis dans des films comme The Quiet Family ou Shiri (1999). Ce dernier, blockbuster d’action et de politique, devient un immense succès populaire en Corée du Sud et propulse l’acteur dans une autre dimension.

Déjà, son jeu se distingue : nerveux, tendu, mais toujours ancré dans une vérité intérieure. Un équilibre entre force animale et fragilité humaine qui deviendra sa signature.

Oldboy : le rôle culte qui transforme une carrière

Mais c’est évidemment avec Oldboy (2003), réalisé par Park Chan-wook, que Choi Min-sik entre définitivement dans la légende. Il y incarne Oh Dae-su, un homme emprisonné sans explication pendant 15 ans et libéré brutalement, qui part en quête de vérité et de vengeance. Le film, aussi dérangeant que virtuose, connaît un succès critique international et lui vaut une reconnaissance mondiale.

Sa performance est saisissante, traversée de silences lourds, de rages explosives et de fêlures désespérées. Rarement un acteur aura autant "habité" un rôle avec une telle intensité. Grâce à Oldboy, Choi Min-sik devient le visage d’un cinéma coréen audacieux, provocant, et sans filtre.

Une filmographie marquée par la violence, l’âme et le refus du confort

Loin de surfer sur la vague du succès hollywoodien, Choi Min-sik reste fidèle à ses valeurs. En 2006, il met sa carrière entre parenthèses pour protester contre la réduction des quotas de films coréens dans les cinémas du pays. Un choix symbolique, révélateur d’un homme qui place l’intégrité au-dessus de la visibilité.

Quand il revient, c’est avec des films qui, là encore, demandent tout à l’acteur : I Saw the Devil (2010), où il incarne un serial killer glaçant ; Nameless Gangster (2012), fascinant portrait d’un mafieux ambitieux ; ou encore The Admiral: Roaring Currents (2014), fresque historique dans laquelle il joue l’amiral Yi Sun-sin, héros national. Ce dernier film devient le plus grand succès du box-office coréen, confirmant sa capacité à fédérer un large public sans jamais édulcorer ses choix artistiques.

Une rareté précieuse à la télévision et une voix dans l’animation

Contrairement à beaucoup d’acteurs coréens contemporains, Choi Min-sik se fait rare à la télévision. Il n’y fait son retour qu’en 2022, après plus de deux décennies, dans la série Big Bet, où il incarne un parrain de casino. Ce retour tardif n’a rien d’un hasard : il attendait le bon projet, le bon personnage. Fidèle à son exigence.

Il prête aussi sa voix à l’animation, notamment dans Leafie, a Hen into the Wild (2011), qui devient l’un des plus gros succès animés de Corée. Encore une fois, il choisit des projets atypiques, loin des sentiers battus.

Choi Min-sik : une figure unique du cinéma coréen

Choi Min-sik, c’est un acteur à l’ancienne dans le meilleur sens du terme. Il ne séduit pas, il impose. Il ne joue pas des rôles, il les incarne. Son jeu n’a rien de maniéré, rien d’artificiel. Il est viscéral, troublant, souvent inconfortable. Et pourtant, c’est précisément cette capacité à ne pas chercher à plaire qui le rend inoubliable.

Dans un paysage cinématographique de plus en plus lissé, il incarne une forme de radicalité artistique devenue rare. Avec lui, le spectateur ne sait jamais s’il doit trembler, pleurer, ou détourner le regard. Et c’est pour cela qu’on revient toujours à ses films.

Du théâtre à l’écran, de la vengeance au désespoir, Choi Min-sik aura su donner corps à toutes les émotions humaines, sans jamais en atténuer la brutalité. Une icône, non pas façonnée par le marketing, mais sculptée par la force du jeu pur.

Filmographie

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