Cho Young-wuk
- Production
- Sons
Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 17 films |
Biographie
Cho Young-wuk (parfois orthographié Jo Yeong-wook), né en 1962 en Corée du Sud, est un compositeur de musique de film dont le nom est devenu indissociable de l'essor international du cinéma sud-coréen depuis les années 2000.
À la fois discret et omniprésent, il fait partie de ces artisans de l'ombre dont l'empreinte sonore transforme un bon film en expérience inoubliable. Si vous avez vibré, frissonné ou été déstabilisé devant certains des plus grands thrillers coréens... il y a de fortes chances que Cho Young-wuk en soit une des causes.
Un compositeur fidèle à Park Chan-wook, mais pas seulement
La notoriété de Cho Young-wuk s’est véritablement consolidée à travers sa collaboration emblématique avec le réalisateur Park Chan-wook. Il est le compositeur attitré de la trilogie de la vengeance, avec Sympathy for Mr. Vengeance (2002), Old Boy (2003) et Lady Vengeance (2005). Ces films, acclamés dans le monde entier, doivent une part de leur intensité à une bande originale aussi précise que perturbante. Loin de se contenter d’illustrer les images, Cho Young-wuk construit un paysage sonore émotionnel qui renforce la narration, donne de la densité aux personnages et rend les ruptures de ton encore plus efficaces.
Mais son travail ne se limite pas à Park Chan-wook. Il a également composé pour d'autres réalisateurs majeurs du cinéma coréen comme Ryoo Seung-wan, Choi Dong-hoon ou Kim Jee-woon, et il est régulièrement sollicité pour des productions variées, allant du drame intimiste à l’action survoltée.
Une signature musicale entre tension, élégance et étrangeté
Ce qui distingue le style de Cho Young-wuk, c’est cette capacité à naviguer entre plusieurs registres sans jamais perdre en cohérence. Il peut mêler des cordes classiques avec des sons électroniques, intégrer des silences angoissants ou faire exploser la tension avec des crescendos inattendus. Son travail sur Old Boy, par exemple, mélange des références musicales occidentales avec des motifs très personnels, créant une ambiance à la fois raffinée et profondément troublante.
Autre trait distinctif : sa capacité à créer de la musique qui ne cherche pas à prendre toute la place, mais qui hante littéralement le film. On peut ne pas remarquer immédiatement la musique dans certaines scènes, mais son absence provoquerait un vide saisissant. En cela, Cho Young-wuk incarne un certain art du minimalisme expressif, où chaque note est pensée pour servir le rythme du récit.
Une influence discrète mais durable
Malgré sa place centrale dans de nombreuses œuvres majeures, Cho Young-wuk reste une figure discrète, peu exposée médiatiquement. Pas d’interviews à répétition, pas de mise en avant spectaculaire, simplement un professionnalisme constant et une exigence artistique qui forcent le respect dans l’industrie.
Sa musique, en revanche, circule largement au-delà des frontières sud-coréennes. Elle est étudiée dans les écoles de cinéma, reprise dans des concerts dédiés à la musique de film, et régulièrement citée comme exemple de collaboration réussie entre un compositeur et un réalisateur. Il n’est pas exagéré de dire que Cho Young-wuk a largement contribué à façonner l'identité sonore du cinéma coréen des vingt dernières années.
Une filmographie à explorer avec les oreilles grandes ouvertes
Que ce soit dans The Handmaiden, Joint Security Area, The Berlin File, ou même des œuvres moins connues comme No Mercy ou The President’s Last Bang, Cho Young-wuk réussit à chaque fois à créer une ambiance unique, servie par une musique aussi intelligente qu’émotive. Il fait partie de ces rares compositeurs capables de se réinventer tout en gardant une empreinte reconnaissable.
Et au fond, n’est-ce pas la marque des plus grands ? Ceux qu’on entend, sans avoir besoin de lire leur nom au générique.
Filmographie
17 sur 17 films