Chloë Sevigny

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Détails

Âge
Nationalité
Filmographie 9 films
Récompense 1 nomination et 0 victoire

Biographie

Chloë Sevigny, née le 18 novembre 1974 à Springfield, dans le Massachusetts (États-Unis), est une actrice et créatrice de mode américaine connue pour son style atypique, son audace artistique et son goût prononcé pour les rôles marginaux.

Issue d’une famille catholique d’origine franco-canadienne et polonaise, Chloë Sevigny grandit à Darien, dans le Connecticut, une banlieue plutôt conservatrice qui contraste avec l’esprit rebelle qu’elle développera très tôt.

C’est à New York, dans les rues de Manhattan au début des années 90, que Chloë Sevigny forge son image. Elle y est repérée par la presse indépendante comme une icône underground avant même d’apparaître à l’écran. Elle travaille un temps dans une boutique de vêtements branchée, traîne avec les skateurs et les artistes du moment, et finit par se faire un prénom dans les cercles alternatifs, loin des sentiers balisés d’Hollywood.

Une entrée fracassante au cinéma avec Kids

La carrière de Chloë Sevigny au cinéma débute de manière aussi brutale que marquante. En 1995, elle est révélée dans le film Kids, réalisé par Larry Clark et écrit par Harmony Korine, son petit ami de l’époque. Le film, cru et sans filtre, choque autant qu’il fascine. Le personnage qu’elle y incarne, Jennie, une adolescente confrontée à la dure réalité du VIH, marque les esprits et propulse Chloë Sevigny dans un univers cinématographique à part, où le réel flirte souvent avec le dérangeant.

Plutôt que de céder aux sirènes des blockbusters, Chloë Sevigny choisit des projets souvent indépendants, parfois provocateurs, mais toujours porteurs d’un certain regard sur la société. Elle construit ainsi une filmographie cohérente, faite de prises de risque artistiques plutôt que de concessions commerciales.

Une nomination aux Oscars et un goût certain pour la provocation

En 1999, Chloë Sevigny se distingue dans Boys Don’t Cry, un drame poignant réalisé par Kimberly Peirce. Elle y incarne Lana Tisdel, la petite amie de Brandon Teena (joué par Hilary Swank), un jeune homme transgenre assassiné dans le Nebraska. Son interprétation est saluée par la critique, et lui vaut une nomination à l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle. Un tournant dans sa carrière, qui confirme son talent à incarner des personnages complexes, souvent en marge.

Mais Chloë Sevigny ne suit toujours pas le chemin attendu. En 2003, elle fait parler d’elle pour une scène non simulée dans The Brown Bunny, un film réalisé par Vincent Gallo. Cette séquence explicite provoque un tollé dans les médias et fait vaciller sa réputation, au point que certains la pensent écartée de l’industrie. Pourtant, fidèle à elle-même, elle assume ce choix artistique, refusant de s’excuser d’avoir franchi une ligne que d’autres auraient soigneusement contournée.

Une actrice caméléon au cinéma comme à la télévision

Au fil des années, Chloë Sevigny alterne entre cinéma d’auteur et productions plus accessibles. Elle tourne pour des réalisateurs comme Olivier Assayas (Demonlover), Jim Jarmusch (Broken Flowers, The Dead Don’t Die) ou Lars von Trier (Dogville). Son visage anguleux, son regard froid et son jeu intérieur en font une actrice à part, que l’on reconnaît instantanément sans pour autant savoir à quoi s’attendre.

À la télévision, Chloë Sevigny confirme sa polyvalence. Elle marque notamment les esprits dans la série Big Love, diffusée de 2006 à 2011 sur HBO, où elle joue Nicolette Grant, une femme polygame prise dans des contradictions morales et religieuses. Ce rôle lui vaut un Golden Globe en 2010. Elle apparaîtra plus tard dans plusieurs saisons de American Horror Story, série à l’univers sombre parfaitement en phase avec son goût pour l’étrangeté et le décalage.

Une icône de mode malgré elle (ou presque)

En parallèle de sa carrière d’actrice, Chloë Sevigny est régulièrement saluée comme une figure majeure de la mode indépendante. Sans jamais forcer le trait, elle impose un style singulier, mélange d’élégance vintage, d’inspirations punk et de vêtements chinés en friperie. Ce mélange d’influences séduit les créateurs, les magazines et les maisons de couture, qui la considèrent comme une muse atypique, capable de redéfinir les codes de la féminité contemporaine.

Elle collabore plusieurs fois avec des marques comme Opening Ceremony ou Miu Miu, mais garde toujours une distance critique avec les diktats de la mode. Là encore, Chloë Sevigny n’aime pas qu’on la range dans une case. Ce qui lui plaît, c’est précisément d’en sortir, et de brouiller les pistes entre le luxe et la subversion, le bon goût et l’irrévérence.

Une carrière libre, entre cinéma indépendant et projets personnels

Avec les années, Chloë Sevigny s’impose comme une figure respectée, parfois discrète mais toujours singulière, du cinéma indépendant américain. Elle passe même derrière la caméra avec un court-métrage, Kitty, présenté à Cannes en 2016, et continue de faire entendre sa voix à travers des projets souvent intimistes, loin des conventions hollywoodiennes.

Son parcours est un exemple rare de longévité sans compromission. Ni starlette, ni actrice maudite, Chloë Sevigny a su créer sa propre trajectoire, fondée sur le goût du risque, une certaine audace esthétique et une fidélité à elle-même que peu peuvent revendiquer. Peut-être que la meilleure façon de la définir, c’est justement de ne pas essayer.

Filmographie

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