Chiara Mastroianni
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Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 3 films |
| Récompense | 1 nomination et 1 victoire |
Biographie
Chiara Mastroianni est née le 28 mai 1972 à Paris, en France. Fille des légendes du cinéma Marcello Mastroianni et Catherine Deneuve, elle porte un nom lourd de symboles, entre l’Italie et la France, entre classicisme et modernité. Mais plutôt que de se laisser écraser par cet héritage, Chiara Mastroianni a choisi de tracer son propre chemin. Elle s’est imposée comme une actrice singulière, à la croisée du cinéma d’auteur, du théâtre, de la chanson... et toujours à distance prudente des projecteurs tapageurs. Ce mélange d’intellectualisme discret, d’humour doux-amer et de mélancolie joyeuse fait d’elle une figure à part dans le paysage culturel français et européen.
Premiers pas : grandir dans l’ombre de deux icônes
Née d’un couple mythique, Chiara Mastroianni n’a jamais nié l’influence de ses parents, mais elle a su très tôt éviter le piège de l’imitation. Après une adolescence discrète, elle débute au cinéma en 1993 dans Ma saison préférée d’André Téchiné, aux côtés de Catherine Deneuve, dans un jeu de reflets générationnels à la fois troublant et assumé.
L’année suivante, elle est déjà nommée au César du Meilleur espoir féminin pour Le Journal du séducteur. Loin de surfer sur la notoriété familiale, Chiara Mastroianni enchaîne des rôles dans un cinéma exigeant, souvent introspectif, où les personnages féminins sont fragiles, ambigus, et rarement idéalisés.
Une fidélité constante au cinéma d’auteur
Le parcours de Chiara Mastroianni est étroitement lié à des cinéastes qui ont façonné le cinéma indépendant français : Arnaud Desplechin, Christophe Honoré, Raúl Ruiz, Noémie Lvovsky, ou encore Olivier Assayas. Elle apparaît dans Les Chansons d’amour, Non ma fille, tu n’iras pas danser, Les Bien-aimés, ou plus récemment Chambre 212, des films où la musique, le désir, le deuil et la mémoire se mêlent dans une même texture narrative.
Sa collaboration avec Christophe Honoré est particulièrement marquante : entre jeu frontal et autofiction poétique, il lui offre régulièrement des rôles à la hauteur de sa sensibilité. Le film Marcello Mio (2024), dans lequel Chiara Mastroianni joue son propre rôle — ou plutôt une version d’elle-même qui se met à incarner son père — illustre bien cette liberté artistique qui traverse son œuvre. Un jeu troublant entre identité, héritage et fiction.
Une actrice qui chante... mais pas pour séduire
En parallèle de sa carrière au cinéma, Chiara Mastroianni cultive un lien étroit avec la musique. Elle collabore notamment avec Benjamin Biolay, avec qui elle a eu un fils et enregistré un album, Home (2004), où leurs deux voix se répondent dans une ambiance feutrée et mélancolique. Plus récemment, elle apparaît sur scène dans des concerts narratifs ou des spectacles musicaux hybrides, où l’intime et le jeu se confondent.
Mais comme toujours avec Chiara Mastroianni, il ne s’agit pas de se réinventer en star de la chanson. Elle explore, elle joue, elle raconte. Le chant devient prolongement du personnage, et non performance. Elle chante comme elle joue : avec nuance, sans éclat forcé, mais avec une émotion retenue qui touche juste.
Une élégance discrète, loin des rôles convenus
Ce qui caractérise Chiara Mastroianni, c’est peut-être ce refus des cases : ni actrice glamour, ni égérie à succès, ni rebelle de façade. Elle navigue entre cinéma français, projets internationaux, théâtre et musique, sans jamais chercher à capitaliser sur un rôle ou une image.
Elle incarne souvent des femmes qui doutent, qui observent plus qu’elles n’agissent, qui aiment sans toujours comprendre pourquoi. Et c’est précisément ce trouble, cette part de non-dit, qui rend son jeu si attachant. Elle maîtrise l’art de l’ellipse émotionnelle, cette manière de faire passer une tension, un souvenir ou une peur, en une seule inflexion de voix ou un regard fuyant.
Son élégance est là : dans le flou, dans l’ambigu, dans l’absence d’effort visible.