Chevy Chase
- Casting
Détails
| Autre nom | Cornelius Crane Chase |
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Nationalité |
| Filmographie | 8 films |
Biographie
Chevy Chase, de son vrai nom Cornelius Crane Chase, est né le 8 octobre 1943 à New York (États-Unis). Acteur, humoriste, scénariste et parfois musicien à ses heures, Chevy Chase s’est imposé dans les années 1970 comme une figure emblématique du Saturday Night Live, avant de devenir l’un des visages les plus reconnaissables de la comédie américaine au cinéma. Sa carrière, marquée par un style d’humour décalé, une physicalité assumée et un certain goût pour l’irrévérence, lui a offert une place à part à Hollywood, entre éclats de rire et relations parfois houleuses avec ses collaborateurs.
Des débuts new-yorkais à l’humour satirique affûté
Issu d’une famille aisée et culturellement cultivée, Chevy Chase grandit dans un environnement propice à la création. Il étudie à Bard College, où il développe déjà un sens du comique à contre-courant, entre sarcasme et absurde. Avant de percer dans le show-business, il exerce plusieurs petits boulots, écrit pour des émissions satiriques, et affine son art dans des cercles marginaux, souvent proches de la contre-culture des années 60.
C’est en 1975 qu’il entre dans la lumière, en intégrant le tout premier casting de Saturday Night Live, l’émission de sketchs humoristiques qui allait devenir une institution. Il en devient rapidement l’un des piliers, notamment grâce à son rôle d’ancre du segment Weekend Update, où il tourne en dérision l’actualité avec un sérieux faussement naïf. Sa phrase d’ouverture, “I’m Chevy Chase and you’re not”, devient une signature. Son humour repose alors sur un mélange de faux détachement, d’élégance cabossée et de chutes aussi maîtrisées que ridicules.
L’irrésistible ascension cinématographique des années 80
À la fin des années 70, Chevy Chase quitte SNL après une seule saison, une décision audacieuse mais qui s’avère payante. Il entame une carrière au cinéma avec Foul Play (1978) et surtout Caddyshack (1980), où il incarne des personnages excentriques, souvent sûrs d’eux, mais toujours un peu déconnectés de la réalité. Son visage allongé, son jeu nonchalant et son timing comique impeccable le rendent instantanément reconnaissable.
Le début des années 80 marque son apogée avec des comédies devenues cultes. Dans National Lampoon’s Vacation (1983), il campe Clark Griswold, père de famille optimiste jusqu’à l’absurde, prêt à tout pour offrir des vacances idéales à sa tribu. Le personnage, récurrent dans plusieurs suites (Christmas Vacation, European Vacation), illustre parfaitement la capacité de Chevy Chase à faire rire sans jamais perdre complètement le fil de l’empathie.
Il enchaîne avec Fletch (1985), où il joue un journaliste déguisé en maître de l’infiltration, combinant intrigue policière et répliques pince-sans-rire. Ce rôle devient l’un de ses préférés, tant pour son potentiel comique que pour son intelligence narrative. Sa performance dans Three Amigos! (1986), aux côtés de Steve Martin et Martin Short, confirme son statut de vedette de la comédie américaine.
Un style reconnaissable entre arrogance feinte et humour physique
Ce qui définit Chevy Chase, c’est ce mélange subtil entre l’élégance froide du WASP new-yorkais et le burlesque le plus assumé. Il peut tomber dans un escalier avec une grâce involontaire, tout en décochant une remarque acerbe à son entourage. Son humour repose souvent sur la contradiction : un homme qui semble tout contrôler, mais qui échoue dans les gestes les plus simples.
Ce style unique lui vaut autant d’admirateurs que de détracteurs. Car derrière la caméra, Chevy Chase a parfois la réputation d’être difficile, voire abrasif. Plusieurs témoignages évoquent un ego affirmé, des tensions sur les plateaux, y compris avec ses anciens camarades du Saturday Night Live. Cela ne l’empêche pas de continuer à tourner, même si sa carrière connaît un ralentissement à partir des années 90, avec des projets moins marquants.
Une renaissance inattendue avec Community
Alors qu’on pensait sa carrière sur le déclin, Chevy Chase revient au premier plan en 2009 avec la série Community, où il incarne Pierce Hawthorne, un vieil homme riche, raciste, inconfortablement drôle et totalement inadapté au monde moderne. Le personnage, volontairement caricatural, permet à Chevy Chase de jouer avec sa propre image : celle d’un comique d’une autre époque, dépassé mais toujours capable de surprendre.
Malgré un certain succès critique, l’expérience tourne court, notamment en raison de tensions notoires avec le créateur de la série, Dan Harmon. L’acteur quitte Community en cours de route, fidèle à sa réputation de franc-tireur difficile à canaliser. Un comportement qui entretient sa légende… pour le meilleur et parfois pour le pire.
Un comédien culte, souvent imité, jamais égalé
Avec une carrière longue de plusieurs décennies, Chevy Chase reste une référence incontournable de la comédie américaine. Il a marqué une génération entière de spectateurs, influencé des humoristes comme Will Ferrell ou Bill Hader, et contribué à définir un certain ton, mêlant autodérision, satire sociale et humour physique. Même s’il s’est éloigné des projecteurs ces dernières années, son héritage continue de se faire sentir, notamment dans la culture pop et les rediffusions inlassables de ses films cultes.
S’il divise parfois par son comportement ou ses prises de position, Chevy Chase n’a jamais été tiède. Il reste une figure aussi agaçante qu’attachante, capable de faire rire d’un simple regard en coin, et toujours un peu en décalage avec son époque. C’est peut-être là, finalement, que réside son vrai talent.