Cheng Pei-Pei

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Détails

Autre nom 鄭佩佩
Âge
Nationalités
Famille
Filmographie 3 films

Biographie

Cheng Pei-pei, née le 4 janvier 1946 à Shanghai, en Chine et est décédée le 17 juillet 2024, était une actrice sino-hongkongaise emblématique du cinéma d’arts martiaux et une véritable légende du studio Shaw Brothers. Surnommée avec raison la “Reine du wuxia”, elle est surtout connue pour son rôle culte dans Come Drink with Me (L’Hirondelle d’or, 1966), un film qui a redéfini la place des femmes dans le cinéma d’action asiatique.

Des débuts brillants chez Shaw Brothers : l’élégance au service du kung-fu

Après avoir étudié la danse et l’art dramatique à Hong Kong, Cheng Pei-pei entre très jeune dans l’écurie prestigieuse des Shaw Brothers Studios, la machine à rêves du cinéma asiatique des années 60 et 70. Très vite, elle se distingue non seulement par sa grâce physique, héritée de sa formation en danse classique, mais aussi par sa présence magnétique à l’écran.

C’est avec Come Drink with Me (1966), réalisé par King Hu, qu’elle accède au rang de superstar. Elle y incarne Zheng Pei-pei, alias "L’Hirondelle d’or", une guerrière masquée venue sauver son frère des griffes de bandits. Le film casse les codes : pour la première fois dans un film de wuxia traditionnel, une femme tient le rôle principal d’un héros d’action, sans être un simple accessoire romantique ou une victime.

Son interprétation est d’une élégance redoutable, mêlant calme apparent, précision gestuelle et intensité dramatique. Ce rôle ouvre une brèche dans le genre, et Cheng Pei-pei devient la première grande héroïne martiale du cinéma chinois.

Elle enchaîne ensuite avec une série de films d’action à succès : The Lady Hermit (1971), That Fiery Girl, Raw Courage ou encore Brothers Five, consolidant son statut de star. Elle est aussi capable de nuances, jouant parfois des rôles tragiques, des sœurs vengeresses, des espionnes ou des figures d’autorité puissantes.

Une carrière qui traverse les frontières

Dans les années 1970, Cheng Pei-pei quitte le cinéma hongkongais pour s’installer brièvement aux États-Unis, où elle se consacre à sa vie de famille, tout en enseignant la danse et en poursuivant des études. Elle continue néanmoins à faire des apparitions dans des séries télé et des productions locales, toujours marquée par une certaine élégance discrète.

Elle revient progressivement au cinéma dans les années 90, avec des rôles plus mûrs, souvent secondaires, mais toujours mémorables. Et en 2000, elle frappe fort avec un retour international qui la replace instantanément sous les projecteurs.

Tigre et Dragon : le retour d’une légende

Dans Crouching Tiger, Hidden Dragon (Tigre et Dragon, 2000), de Ang Lee, Cheng Pei-pei incarne Jade Fox, une ancienne guerrière rongée par la rancune, et mentor ambigu de la jeune héroïne. Ce rôle, à la fois dure, tragique et glaçante, lui permet d’explorer un registre plus sombre, loin de ses héroïnes lumineuses des années 60.

Le film, salué dans le monde entier et oscarisé, offre à Cheng Pei-pei une nouvelle reconnaissance, auprès d’un public occidental qui découvre son charisme et son intensité. C’est une forme de boucle artistique, qui la replace au cœur du genre qu’elle avait contribué à inventer, le wuxia poétique et chorégraphié, désormais revisité par un regard moderne.

Télévision, cinéma et transmission

Au fil des années 2000 et 2010, Cheng Pei-pei continue de tourner, surtout dans des productions asiatiques et des séries télévisées. Elle joue souvent des matriarches puissantes, des grands-mères intrépides, des maîtres spirituels, des rôles qui lui permettent d’explorer des dynamiques plus intimes, mais toujours avec une certaine autorité naturelle.

Elle est également apparue dans des films comme Lilting (2014), un drame intimiste britannique où elle livre une performance tout en pudeur face à Ben Whishaw, ou encore Lucky Grandma (2019), où elle incarne une veuve de Chinatown prise malgré elle dans une affaire mafieuse. À chaque fois, elle insuffle du panache, de la profondeur et une touche d’ironie à ses rôles.

Une figure majeure du cinéma chinois et de la représentation féminine

Au-delà de sa filmographie, Cheng Pei-pei est une pionnière. Elle a redéfini les rôles féminins dans le cinéma d’arts martiaux, à une époque où les héroïnes étaient rares, et souvent cantonnées à des figures passives. Grâce à son talent, sa discipline et son sens du détail, elle a montré qu’une femme pouvait porter un film d’action sans rien sacrifier à sa complexité émotionnelle.

Elle a aussi su vieillir à l’écran avec grâce, acceptant des rôles de plus en plus profonds, dans des registres très variés. Une longévité rare, nourrie par une constante évolution et une passion intacte pour le jeu.

Et si cela ne suffisait pas à l’inscrire dans l’histoire du cinéma, elle est aussi la mère d’Eugenia Yuan, qui poursuit aujourd’hui sa propre carrière entre cinéma indépendant et productions internationales, une belle forme de transmission artistique, à l’écran comme dans la vie.

Filmographie

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