Charlotte Lewis
- Casting
Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 2 films |
Biographie
Charlotte Lewis est née le 7 août 1967 à Kensington, à Londres, au Royaume-Uni. Actrice britannique d’origine mixte (anglaise, chilienne, irlandaise et irakienne selon ses déclarations) elle a très tôt été perçue comme une figure « exotique » par le cinéma anglo-saxon, ce qui a largement influencé les rôles qu’on lui a proposés. Révélée à l’adolescence, elle entame sa carrière avec un certain éclat, avant de suivre un parcours plus discret, fait de hauts, de bas, et de tentatives de réinvention.
Un début fulgurant dans Pirates de Roman Polanski
Charlotte Lewis débute au cinéma à seulement 19 ans, dans Pirates (1986) de Roman Polanski, aux côtés de Walter Matthau. Elle y interprète Maria-Dolores, personnage central dans ce film d’aventure aux accents comiques et baroques. Pour une première apparition à l’écran, le cadre est prestigieux, et la jeune actrice attire aussitôt l’attention.
Mais le film est un échec commercial, et ce départ pourtant prometteur se transforme en opportunité inaboutie. Charlotte Lewis, malgré sa beauté remarquée et son indéniable présence à l’écran, se retrouve très vite associée à des rôles de femme fatale ou d’objet de désir — un type de casting qui la poursuivra longtemps.
The Golden Child : face à Eddie Murphy, entre humour et mysticisme
La même année, Charlotte Lewis obtient un rôle important dans The Golden Child (Le Flic de Shanghaï) aux côtés d’Eddie Murphy, alors au sommet de sa carrière. Elle y incarne Kee Nang, mystérieuse protectrice d’un enfant aux pouvoirs surnaturels.
Ce film d’action teinté de fantastique permet à Charlotte Lewis de gagner une visibilité mondiale, notamment aux États-Unis. Si le scénario ne lui laisse pas énormément d’espace pour nuancer son jeu, elle y confirme néanmoins son charme visuel et sa capacité à jouer dans des univers hybrides, entre action, comédie et mythe orientalisant.
Une carrière placée sous le signe de la sensualité... parfois au détriment de la diversité
Dans les années qui suivent, Charlotte Lewis enchaîne les rôles dans des films souvent marqués par une tonalité érotique ou exotique, parfois dans des productions mineures ou à budget réduit. Elle apparaît dans Dial: Help (1988), Tripwire, Storyville avec James Spader, ou encore Embrace of the Vampire (1995).
Cette orientation de carrière, guidée en partie par les attentes du marché hollywoodien de l’époque, limite ses possibilités d’évolution. Si elle tourne régulièrement, ce sont rarement des premiers rôles, et encore plus rarement dans des projets majeurs.
Il faut noter que Charlotte Lewis est l’une des nombreuses actrices de cette période à avoir été cantonnée à des rôles de femme mystérieuse ou sulfureuse, souvent définie par leur apparence plus que par leur profondeur narrative.
Une trajectoire ralentie, mais une présence continue
À partir des années 2000, la carrière de Charlotte Lewis ralentit. Elle continue à apparaître dans quelques films indépendants ou séries à diffusion limitée, parfois dans des rôles plus secondaires. Elle semble également s’éloigner du système hollywoodien, préférant sans doute une certaine discrétion à une exposition qui n’a pas toujours joué en sa faveur.
Elle reste cependant présente dans l’esprit des cinéphiles des années 80, notamment pour ses rôles dans The Golden Child et Pirates, qui ont marqué leur époque, même si leur réception critique fut contrastée.
Une figure associée à un certain imaginaire cinématographique des années 80-90
Aujourd’hui, Charlotte Lewis est souvent vue comme un symbole du cinéma d’aventure fantastique des années 80, mais aussi comme l’illustration d’une époque où les actrices métisses étaient trop souvent réduites à des archétypes. Sa filmographie reflète à la fois son talent, son potentiel, mais aussi les limites du système dans lequel elle a évolué.
Sa présence continue à susciter de l’intérêt, notamment auprès des amateurs de cinéma de genre ou de productions cultes oubliées, qui redécouvrent son travail avec un regard plus critique sur l’époque et sur la manière dont le cinéma traitait (ou exploitait) certains profils.