Charlie Kaufman
- Production
- Écriture
Détails
| Autre nom | Charles Stuart Kaufman |
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| Âge |
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Nationalité |
| Filmographie | 3 films |
| Récompenses | 7 nominations et 4 victoires |
Biographie
Charlie Kaufman est né le 19 novembre 1958 à New York (États-Unis). Scénariste, réalisateur, producteur et romancier, il est considéré comme l’un des esprits les plus singuliers du cinéma contemporain.
Depuis les années 1990, Charlie Kaufman bâtit une œuvre fascinante et déroutante, où la frontière entre fiction et réalité se brouille, où l'identité s’effrite, et où les personnages passent plus de temps à penser qu’à agir. Et pourtant, dans cette introspection permanente, il parvient à créer des histoires d'une humanité désarmante. Il n’a rien d’un scénariste hollywoodien classique : peu prolifique, franchement réfractaire aux conventions narratives, et absolument incapable d’écrire quelque chose de linéaire. Et pourtant, à chaque apparition, Charlie Kaufman réinvente ce qu’un scénario peut être.
Les débuts de Charlie Kaufman : d’aspirant humoriste à scénariste singulier
Avant d’entrer dans le monde du cinéma, Charlie Kaufman se frotte à l’écriture comique. Il écrit pour la radio, puis pour la télévision, notamment sur des émissions à sketchs ou des séries mineures. Mais ce n’est qu’à la fin des années 1990 qu’il signe un scénario qui va changer sa vie, et pas mal bousculer celle des spectateurs : Being John Malkovich, réalisé par Spike Jonze.
Sorti en 1999, le film raconte l’histoire d’un marionnettiste déprimé qui découvre un tunnel menant… dans la tête de John Malkovich. Le pitch est absurde, improbable, mais le résultat est brillant. Pour son tout premier long-métrage au cinéma, Charlie Kaufman reçoit une nomination aux Oscars et une salve de critiques enthousiastes. Il est instantanément classé dans la catégorie "génie bizarre à suivre de près".
L’art du scénario-miroir : quand Charlie Kaufman écrit sur Charlie Kaufman
Après Being John Malkovich, Charlie Kaufman poursuit sa collaboration avec Spike Jonze avec Adaptation. (2002), un film où le scénariste devient… le personnage principal. Il y raconte ses propres difficultés à adapter un livre au cinéma, tout en inventant une version fictive de lui-même, ainsi qu’un frère jumeau imaginaire. Oui, le film est aussi méta qu’il en a l’air.
Avec ce film, Charlie Kaufman pousse encore plus loin le jeu de miroirs et de mise en abyme qui deviendra sa marque de fabrique. On n’est plus tout à fait dans une fiction, mais pas vraiment dans la réalité non plus. Adaptation. est une œuvre sur la création elle-même, avec ses impasses, ses lâchetés, ses ruses et ses fulgurances. Le film reçoit plusieurs nominations aux Oscars, et confirme que Charlie Kaufman est un scénariste... disons, pas comme les autres.
Eternal Sunshine of the Spotless Mind : le coup de génie romantique
En 2004, Charlie Kaufman collabore avec Michel Gondry pour Eternal Sunshine of the Spotless Mind, une histoire d’amour et d’effacement de la mémoire. Derrière cette idée de science-fiction douce se cache une exploration profonde de la douleur amoureuse, du souvenir, et du refus de l’oubli. Le film est aussi poétique qu’intellectuel, et sans doute son œuvre la plus accessible, autant que peut l’être un récit non linéaire, désordonné et mélancolique.
Le succès est critique et public. Le film remporte l’Oscar du meilleur scénario original, un rare moment de reconnaissance hollywoodienne pour un auteur aussi peu consensuel. Depuis, Eternal Sunshine est régulièrement cité comme l’un des meilleurs films des années 2000.
La réalisation selon Charlie Kaufman : plongée dans l’inconscient
Après avoir écrit pour d’autres, Charlie Kaufman passe lui-même derrière la caméra. Son premier film en tant que réalisateur est Synecdoche, New York (2008). Le film suit un metteur en scène qui tente de recréer sa vie entière à l’intérieur d’un immense entrepôt, avec des acteurs qui jouent les gens de son entourage. Peu à peu, les niveaux de réalité se superposent, jusqu’à l’effondrement complet. Oui, c’est compliqué. Oui, c’est déroutant. Mais aussi déchirant, profond et, par instants, terriblement lucide.
Synecdoche, New York est encensé par certains critiques, incompris par beaucoup, et adoré par une petite communauté de spectateurs prêts à s’y perdre. Il devient rapidement un film culte, malgré son échec au box-office. Ce qui n’empêche pas Charlie Kaufman de persévérer dans cette voie résolument peu rentable.
Il réalise ensuite Anomalisa (2015), un film d’animation en stop-motion coécrit avec Duke Johnson, où chaque personnage a exactement la même voix, sauf un. Le film, sous ses dehors minimalistes, est une méditation cruelle sur la solitude, l’ennui et le désir. Une nomination aux Oscars du meilleur film d’animation vient récompenser ce petit ovni cinématographique.
Un artiste inclassable, toujours en tension
Le cinéma de Charlie Kaufman n’est pas aimable. Il demande de l’attention, de la patience, parfois une relecture complète. Mais il offre, en retour, une intensité rare. Ses personnages sont souvent perdus, englués dans leurs pensées, obsédés par le temps, la mort, la mémoire. Ce n’est pas un hasard si certains le comparent à des auteurs comme Kafka ou Beckett. D’ailleurs, lui-même a cité Philip K. Dick, Woody Allen ou Bergman parmi ses influences, ce qui en dit long sur l’univers dans lequel il navigue.
En parallèle de sa carrière au cinéma, Charlie Kaufman a également publié un roman, Antkind (2020), une satire aussi dense que délirante de l’industrie culturelle et de l’ego créatif. Plus de 700 pages de pensées digressives, de méta-réflexions et de pure folie littéraire. Bref, du Charlie Kaufman pur jus.
Filmographie
3 sur 3 films