Charles Lederer
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Détails
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| Filmographie | 3 films |
Biographie
Charles Lederer, né le 31 décembre 1910 à New York et mort le 5 mars 1976 à Los Angeles, est un scénariste, journaliste et réalisateur américain, surtout connu pour avoir contribué à plusieurs classiques du cinéma hollywoodien des années 1930 à 1960. Homme de plume avant tout, Charles Lederer est l’un de ces esprits vifs qui ont donné au cinéma américain son style rythmé, intelligent, souvent drôle, parfois corrosif. Et, petit détail non négligeable : il était le neveu de Marion Davies, compagne de William Randolph Hearst, ce qui l’a très tôt connecté au cœur de la haute société hollywoodienne.
Un scénariste à la langue bien affûtée
Ce qui distingue immédiatement le style de Charles Lederer, c’est son dialogue rapide, tranchant et mordant. Il fait ses armes à l’époque où les films s’appuient fortement sur des scripts millimétrés, et où les dialogues sont aussi importants que les images. Sa grande percée vient avec His Girl Friday (La Dame du vendredi, 1940), réalisé par Howard Hawks, dont il coécrit l’adaptation. Cette version modernisée et accélérée de la pièce The Front Page transforme un duo de journalistes en ex-époux, et donne naissance à un des dialogues les plus rapides et pétillants de l’histoire du cinéma.
Ce talent pour les répliques percutantes, les sous-entendus et les échanges vifs va devenir la marque de fabrique de Charles Lederer. Il collabore avec des cinéastes majeurs comme Billy Wilder, Orson Welles, George Cukor, Nicholas Ray, et même Howard Hughes, avec qui il entretiendra une longue relation professionnelle, notamment sur The Outlaw (1943).
Hollywood, politique et pressions
En tant que scénariste, Charles Lederer est autant à l’aise dans la comédie que dans le film noir, le drame ou la satire politique. Il participe au scénario du Gentlemen Prefer Blondes (1953) avec Marilyn Monroe, écrit pour Ocean’s 11 (1960), et contribue aussi à Kiss of Death (1947), un classique du film criminel.
Son entourage personnel et politique, très lié à l’élite hollywoodienne, a souvent influencé son travail. Proche de Joseph L. Mankiewicz, Ben Hecht ou Herman J. Mankiewicz, il gravite dans le cercle des scénaristes qui considèrent le cinéma comme un média d’intelligence, voire d’engagement.
Cela dit, malgré ses affinités intellectuelles et politiques, Charles Lederer n’a jamais versé dans le militantisme explicite. Il préférait distiller ses idées dans des dialogues acérés, des situations ambiguës et des personnages à double fond.
Réalisateur… mais avant tout scénariste
Si Charles Lederer a réalisé quelques films, notamment The Big Operator (1959) et Fingerprint 5 (1951), sa carrière de réalisateur reste modeste comparée à sa contribution colossale en tant que scénariste. Derrière la caméra, il s’efface un peu. Son aisance se manifeste davantage dans la création des structures narratives et des personnages, que dans la mise en scène proprement dite.
C’est donc naturellement qu’il reste dans les mémoires comme un maître du script, plutôt que comme un auteur-réalisateur. Il incarne cette époque où le scénariste était un pilier du film, bien avant l’avènement des réalisateurs-auteurs à partir des années 1970.
Une figure discrète mais essentielle de l’âge d’or
Charles Lederer n’a jamais cherché la lumière. Il laisse les réalisateurs porter les films, les acteurs occuper les affiches, mais lui trace sa voie dans l’ombre du scénario. Pourtant, sans lui, plusieurs des grandes œuvres du cinéma classique américain n’auraient pas eu le même éclat.
Il appartient à cette génération de scénaristes brillants mais discrets, qui considéraient leur métier comme un art technique autant qu’un plaisir du verbe. À une époque où les mots comptaient presque autant que les images, Charles Lederer maniait la plume comme un instrument à la fois comique, cynique, tranchant et profondément humain.