Charles Bronson
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Détails
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| Filmographie | 3 films |
Biographie
Né le 3 novembre 1921 à Ehrenfeld, en Pennsylvanie (États-Unis), sous le nom de Charles Dennis Buchinsky, Charles Bronson est l’un des acteurs les plus marquants du cinéma américain des années 60 à 80. Avec son visage taillé à la serpe, sa moustache mythique et son regard d’acier, il s’impose comme une icône du film d’action et du western, mais toujours dans la peau d’un homme mutique, déterminé, souvent porté par la douleur et la justice personnelle.
Connu pour ses rôles dans Il était une fois dans l’Ouest, Les Sept Mercenaires, La Grande Évasion, ou encore la saga Un justicier dans la ville, Charles Bronson a bâti une carrière sur la retenue, la tension, la présence, plus que sur les grandes tirades. Il est de ceux qui parlent peu, mais marquent durablement, aussi bien dans le western que dans les polars urbains.
Une enfance rude et un parcours improbable vers Hollywood
Charles Bronson naît dans une famille d’immigrés lituaniens, dans une fratrie de quinze enfants. Son père meurt alors qu’il est encore adolescent, et il commence à travailler très jeune dans les mines de charbon. Il ne parle pas anglais avant l’adolescence, grandit dans la pauvreté, et découvre le poids du labeur physique bien avant celui des projecteurs.
Durant la Seconde Guerre mondiale, il s’engage dans l’armée de l’air américaine et sert comme mitrailleur à bord d’un bombardier. Cette expérience le marquera durablement. À son retour, il suit des cours d’art dramatique, un choix presque inattendu pour un homme de sa trempe, mais qui témoigne d’un désir de transformation profonde.
Il débute au cinéma dans les années 1950, souvent dans des seconds rôles de durs à cuire, sous son nom de naissance. En pleine période de chasse aux sorcières, il le change pour Charles Bronson, un nom jugé plus "acceptable" à Hollywood. Le visage, lui, reste inaltérable.
Des seconds rôles solides aux icônes du western
Pendant une dizaine d’années, Charles Bronson s’impose lentement, mais sûrement, dans des rôles de soldats, de bandits, de cow-boys. Il participe à plusieurs films devenus cultes sans en être la vedette : Les Sept Mercenaires (1960), La Grande Évasion (1963), Les Douze Salopards (1967). Dans chacun, il incarne des personnages rugueux, taciturnes, mais d’une loyauté indéfectible.
Son physique atypique, loin des standards hollywoodiens de l’époque, devient sa force. Il est le visage du travail, de la souffrance, du passé qu’on ne raconte pas mais qui pèse. Pas besoin de dialogues fleuris : son jeu repose sur la présence, la posture, la capacité à dire beaucoup avec très peu.
C’est en Europe que viendra le tournant de sa carrière, avec le western crépusculaire de Sergio Leone, Il était une fois dans l’Ouest (1968), où il incarne "Harmonica", un homme traqué par le passé, décidé à obtenir justice. Ce rôle, mythique, le consacre icône du western spaghetti, et fait de lui une légende du cinéma sans avoir besoin d’un mot de trop.
Le justicier urbain : succès et controverse
Dans les années 1970, Charles Bronson devient une véritable star du cinéma d’action, notamment avec Death Wish (Un justicier dans la ville, 1974), réalisé par Michael Winner. Il y incarne Paul Kersey, un architecte devenu vigilante, qui se fait justice lui-même après le meurtre de sa femme et le viol de sa fille.
Le film rencontre un immense succès commercial et donne naissance à une saga de cinq volets, tous centrés sur la vengeance individuelle, la justice en marge du système, et la solitude d’un homme devenu une légende urbaine.
Mais cette série est aussi fortement critiquée pour son message ambivalent, flirtant parfois avec une certaine glorification de la violence punitive. Bronson, fidèle à son style, ne s’en explique jamais publiquement. Il incarne la colère froide de l’homme seul face à une société en déliquescence, un archétype récurrent dans les années 70 et 80, où la défiance envers les institutions grandit.
Une carrière longue, marquée par la constance
Jusqu’à la fin des années 1980, Charles Bronson continue de tourner régulièrement, notamment dans des productions signées la Cannon, maison connue pour ses films d’action musclés. Il collabore souvent avec sa seconde épouse, l’actrice Jill Ireland, qui partage avec lui plusieurs projets. Leur duo à l’écran, parfois rugueux, parfois tendre, donne lieu à des films où la violence côtoie un certain romantisme discret, rare dans son univers habituel.
Avec le temps, Bronson vieillit à l’écran sans jamais changer de posture : il reste l’homme d’action silencieux, lointain, presque anachronique, dans un monde de plus en plus cynique. Il tourne jusqu’au milieu des années 90, principalement pour la télévision, puis se retire peu à peu, rattrapé par la maladie.
Il meurt le 30 août 2003, à Los Angeles, à l’âge de 81 ans, laissant derrière lui une filmographie dense, cohérente, traversée par les thèmes de la vengeance, de l’honneur, du deuil et du silence.
Charles Bronson, ou la force tranquille du cinéma viril
Charles Bronson, c’est l’anti-héros par excellence. Ni séducteur ni bavard, jamais tout à fait du côté de la loi, mais toujours du côté d’une certaine idée de la justice, il incarne une virilité austère, marquée par la douleur plus que par l’égo. Il ne cherche pas la sympathie, encore moins l’admiration : il agit, c’est tout.
Il a influencé plusieurs générations d’acteurs, de Clint Eastwood à Mel Gibson, et son style minimaliste reste un modèle d'efficacité narrative. En quelques gestes, il construit un personnage. En un regard, il résume une scène.
Au fond, Charles Bronson est devenu le visage d’un cinéma qui n’existe plus vraiment : celui où le silence disait tout, où la vengeance n'était pas spectaculaire mais inévitable, et où les héros étaient fatigués d’être seuls, mais l’étaient quand même.
Son nom, aujourd’hui encore, évoque le mélange d’une mâchoire serrée, d’un flingue dans la poche, et d’un passé qu’on ne raconte pas… mais qu’on sent à chaque instant.